Comment amarrer son bateau? Techniques et conseils pour les manoeuvres en solitaire ou équipage réduit

Arriver au port et amarrer son bateau, quand on est seul à bord, ou que le conjoint s’occupe des enfants est toujours un petit moment de stress lors des premières navigations…voire encore plus tard.

Lorsqu’on arrive au port, avec des équipiers, les manoeuvres d’amarrage sont parfois folkloriques. Alors amarrer son bateau le long d’un quai ou d’un catway, quand les seules mains dont nous disposons sont les nôtres, est une opération qui peut vite devenir physique et stressante.

Naviguer en solitaire demande de l’anticipation et de la préparation. Quand vous souhaitiez amarrer votre bateau au ponton, sur corps mort ou le long d’un quai, certaines règles seront toujours les mêmes.

Combien d’amarres?

Quand on rentre d’une journée en mer, même un peu fatigué, s’amarrer à un quai demande une certaine discipline. L’objectif est de bien maintenir le bateau le long du quai ou du ponton. Ce dernier ne doit ni avancer, ni reculer, ni s’écarter du quai, ceci afin d’éviter qu’il soit abîmé par les frottements contre le quai ou contre le rail de fargue du voilier voisin.

L’amarrage idéal nécessite 6 amarres, les pointes, les gardes et les traversières. L’idée est que les amarres travaillent deux par deux pour empêcher le voilier de bouger, le long du quai. Cependant, très souvent, surtout sur des petits voiliers, 4 amarres seront largement suffisantes. En effet, le long d’un catway, par exemples,  les taquets de ces derniers sont souvent placés de façon que l’amarre arrière aura deux fonctions. Le long d’un quai, là aussi, quatre amarres suffiront.

Bien amarrer son bateau

Comme nous l’avons vu plus haut,  s’amarrer à un quai nécessite 6 amarres. Les pointes, les gardes et les traversières. Ces amarres devront être passées en évitant bien les chandeliers et balcons, pour ne pas les abîmer. Afin que le bateau ne subisse pas trop les efforts, elles ne devront pas être trop souquées.

amarres bateau quai

Les pointes: les pointes sont les amarres qui partent vers l’extérieur. La pointe avant part de la proue vers l’avant et la pointe arrière part de la poupe vers l’arrière du voilier. Ces dernières ne se croisent donc pas. Leur fonction est de régler la distance entre le bateau et le quai.

Les gardes: ces deux gardes sont indispensables. Ces deux amarres se croisent de l’avant vers l’arrière et inversement. On parle de garde arrière, ou montante, pour empêcher le bateau de culer et de garde avant ou descendante pour empêcher le bateau d’avancer.

Les traversières: Les traversières avant et arrière sont deux amarres qui sont perpendiculaires au voilier. Sur les plus petites unités, ce sont celles ci qui ne seront pas indispensables. Les traversières permettent de garder le bateau parallèle au quai ou au ponton.

Certaines zones de navigation et certains ports demanderont des techniques un peu différentes. C’est le cas, notamment, des zones à marées. Dans ce cas, il faudra sans doute laisser plus de mou, voir passer une amarre par les haubans pour qu’il puisse coulisser.

Préparer la manoeuvre d’amarrage

Les pare-battages

Les manœuvres en solitaire, ou quand l’équipage ne peut participer aux tâches (enfants à bord, équipage non amariné,…), nécessitent d’être bien voilier arrivant au portpréparées. La première chose est se mettre dans les meilleures conditions et de préparer le bateau, en amont, afin de prendre connaissance de son environnement sereinement.

Avant d’arriver au port, voire même avant d’arriver dans le chenal, préparez vos pare-battages et vos amarres. En effet, préparer son accostage avant d’être entré dans le chenal permet de laisser la barre à l’équipier non amariné sans risque ou de mettre le bateau sur pilote automatique. Et tant pis si le bateau navigue avec ses pare-battages pendant quelque temps.

Quand vous arrivez dans un port que vous ne connaissez pas, vous ne savez pas tout le temps comment vous serez amarrés, ni à quel endroit. Vous devez donc préparer vos pare-battages pour faire face à toute éventualité. Notamment dans un port à marée. Pour cela, installez deux pare-battages (voir trois suivant la taille du bateau) sur chaque bord, et à hauteurs différentes.

Dans le même temps, conservez en un supplémentaire que vous gardez avec vous dans le cockpit, à portée de main. Ce dernier, dans l’idéal, sera équipé d’une attache rapide pour éviter de perdre du temps pendant la manœuvre. Les pare-battages plats sont pratiques pour les catways.

Les amarres

Les amarres devront, elles aussi, être préparées avant d’arriver dans le chenal. Les deux amarres avant seront mises à poste en les passant par-dessus le balcon, vous pourrez ainsi arriver contre le quai ou sur la catway sans précipitation. Pensez à sécuriser ces dernières afin qu’elles ne tombent pas à l’eau, ou ne se prennent dans l’hélice du moteur. Un bon conseil, que je pratique régulièrement, est de ramener les deux amarres au cockpit. Cela permet d’avoir les amarres sous la main en arrivant à quai et de mettre pied à terre avec l’amarre avant et l’amarre arrière et de stabiliser le bateau rapidement. En effet, ce qui est bon pour les amarres avant, l’est aussi pour les deux amarres arrière qui seront préparées aussi, une à tribord et une à bâbord.

Technique d’amarrage du bateau

port de plaisanceLe bateau arrivant à la place prévue, la manoeuvre va pouvoir commencer. Deux possibilités s’offrent à vous. Soit vous avez une place sur catway, soit vous serez placé le long d’un mole. Si la manoeuvre n’est pas la même, les grands principes sont identiques. Nous allons mettre de côté le cas d’un quai qui demande des précautions supplémentaires avec les marées. Cela fera l’objet d’un futur article.

Connaitre le comportement de son bateau

Pour commencer, chaque bateau a des réactions différentes. Lors de vos premières navigations, n’hésitez pas à faire des manœuvres au moteur, autour d’une bouée par exemple. Oui on se demandera sans doute ce qui vous arrive, mais les vieux loups de mer l’auront bien compris, eux. Ceci vous permettra de connaître le comportement du bateau, maîtriser sa marche arrière,…

Etre autonome

En navigation en équipage familiale et/ou non amariné, demandez le minimum à l’équipage, soyez autonome. Ce qui n’empêche pas d’apprendre aux autres les manœuvres. Mais cela peut éviter les mots un peu forts sur le catway….et de se faire remarquer. Un skipper se fera plus remarquer en criant qu’en ratant sa manœuvre…

En arrivant au port, retenez deux choses. Sachez absolument d’ou vient le vent et comment est le courant. Si vous n’observez pas un de ces deux éléments, vous ne maîtriserez pas votre bateau et louperez la manoeuvre d’amarrage.

La manoeuvre d’amarrage

En arrivant sur un catway, arrivez doucement et prenez assez large. Cela permettra au bateau de bien virer et vous laissera le temps de refaire votre manoeuvre, si besoin. Avant de vous engager entre les pontons, regardez bien comment sont le vent et le courant. Je me répète mais vous devez absolument les prendre en considération. Si le vent pousse le bateau, engagez, légèrement la marche arrière pour ne pas venir embrasser le ponton… Si le vent est de travers, et risque de vous pousser vers le voisin, pensez à passer de suite les amarres avant et arrière au catway et passer la garde sera une priorité.

Infographie: Les 5 Anticipations avant d’amarrer son bateau

infographie amarrer bateau

Voilà mon petit retour d’expérience sur la façon d’amarrer son bateau, quand on est seul. Et vous, quels sont vos habitudes et vos astuces quand vous êtes seul?

15 réflexions au sujet de “Comment amarrer son bateau? Techniques et conseils pour les manoeuvres en solitaire ou équipage réduit”

    • Ne jamais rater sur le quai ou sur le ponton tant que l’amarre d’embelle n’est pas passée et le moteur embrayé. J’en ai vu qui sont restés un moment comme des ânes à regarder leur bateau qui s’était écarté du quai à cause du vent ou du remous du ferry.
      Attention quand on poste une manière de faire il faut que ce soit valable partout et non seulement dans son port .

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  1. L’amarre d’embelle c’est à dire prise au maître bau sur un taquet ou même sur les haubans c’est le meilleur moyen en solo. Le bateau fait le compas autour du point d’amarrage sur le quai ou au ponton. Quand on arrive au ponton on s’amarre au premier taquet en double ou avec une grosse boucle. Prévoir la gaffe surtout quand il y a du vent traversier.
    Autre chose très importante il faut bien connaître les réactions au moteur de votre navire.
    Par exemple si vous avez un pas à droite il est plus facile surtout en solo par vent de travers de s’amarrer à tribord. Évidemment avec pas à gauche c’est l’inverse.
    Il faut aussi s’entraîner à faire demi tour sur place ça sert beaucoup en solo surtout que la place est de plus en plus restreinte dans les marinas.
    Marquer sa drisse de grand voile avec un feutre pour chaque ris facilite la manoeuvre de prise de ris.

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    • merci Pierre,
      Très bonne précision sur les manoeuvres au moteur. Concernant ta remarque sur l’amarre d’embelle (je ne connaissais par le nom), j’ai vu quelque part une gaffe avec un systeme pour envoyer l’amarre. je vais essayer de retrouver cela…

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      • Je suis équipé d’une gaffe automatique handy dock, mais elle est surtout pratique pour les prise de bouées ou de Tonne. pour les arrivées au quai l’amarre d’embelle est la plus efficace, il m’est arrivé aussi de préparer une amare avec un noeud de chaise et de la passer au winch, une solution rapide mais à ne pas laisser à poste.

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    • Oupss erreur de ma part quand on a un pas à droite on s’amarre à babord puisque le bateau pivote à gauche quand on donne un petit coup de marché arrière pour stopper et qu’on a toujours la barre à droite.

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  2. Merci pour ces éléments fort intéressant. Je vais avoir un place en bout de ponton et à l’entrée du port. Navigant seul, je vais devoir utiliser votre technique pour amarrer mon bateau. Le fait de me trouver à l’entrée du port, est-ce préférable de mettre mon étrave face au flux de courant entrant dans le port?
    Ou puis-je trouver des information sur les manœuvres de port en solitaire

    Merci de votre aide

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  3. Connaître la direction du courant et sa force n’est pas toujours facile sans courantomètre. En arrivant au port on peut regarder la position des autres bateaux et s’ils s’appuient sur les parbattages à bâbord ou à tribord. Et en larguant les amarres je retrouve le même problème parfois je ne sais pas dans quelle direction le bateau va s’écarter par rapport au quai. C’est là que l’aventure commence.

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