Pourquoi apprendre la voile, c’est apprendre la vie?

De nombreux parallèles permettent de démontrer qu’apprendre la voile, c’est apprendre la vie. De la pratique à l’état d’esprit, faire de la voile est une bonne école de la vie.

La voile n’est ni un sport, ni une passion comme les autres. Appendre la voile, c’est apprendre la vie. Cette remarque trouve tout son sens à l’aube d’une nouvelle ère dans nos sociétés.

La voile a changé la vie de nombreux marins….ou pas. Les bibliothèques et nos imaginaires regorgent d’aventures. De Joshua Slocum à Moitessier en passant par les aventuriers des temps modernes. Les sportifs comme François Gabart en passant par les ceux qui veulent changer le monde comme les aventure de Corentin et son nomade des Mers et les rêveurs comme Guirec Soude et sa poule nous font tous rêver. Mais au-delà de cette image sympathique d’aventures et de rêves, la voile nous apprend beaucoup plus de choses sur notre quotidien. Elle nous apprend des choses factuelles, des bons réflexes. Et ceux-ci peuvent s’appliquer à tout le monde, rêveurs, aventuriers ou citadins du quotidien…

Apprendre à apprendre

Apprendre à apprendre est sans doute une des choses les plus importantes dans la vie. A l’heure ou tout arrive de suite, ou les ordinateurs et tablettes apportent les solutions immédiatement, il est bon de comprendre que la vie s’apprend. Si grandir, dans la vie, c’est apprendre à se tromper, à tomber et à se relever, à persévérer, Alors oui, la voile, c’est apprendre la vie. Sur un bateau, les manœuvres s’apprennent petit à petit, avec la pratique. Et après les bases, le perfectionnement est pour ainsi dire continu. On apprend à toutes les sorties.

Apprendre à patienter

Apprendre la voile, c’est apprendre à patienter, surtout en croisière. En effet, un voilier avance avec le vent. Et si le vent faibli, la vitesse du voilier en fera autant. Dans un monde ou on veut tout, tout de suite, ou on ne sait plus attendre, voilà un bel exemple que la voile. Ici, il ne sert plus à rien de courir après le temps, J’ai envie de dire que le plus intéressant n’est pas la destination mais le chemin pour y arriver (c’est de quelqu’un d’autre…mais je ne sais plus qui…).

Comprendre son environnement

Voilà une belle école que la voile, pour appréhender son environnement. Et voilà un sujet définitivement rentré danstortue de mer les consciences, globalement. Dans une période d’urgence écologique, quoi de mieux que d’être au plus près de la mer pour comprendre son écosystème, vivre avec et le subir.

Naviguer et apprendre la voile, c’est tout d’abord apprendre à négocier avec les éléments, le vent, la mer, la météo. En fait, c’est apprendre que malgré la technologie, on ne maîtrise pas tout et qu’il faut s’adapter.

Dans le même temps, apprendre la voile et naviguer permet de se rendre compte, au plus près de la pollution, de notre impact sur la nature. Mais cela nous permet aussi de se rendre compte qu’on a la main, qu’on peut gérer ses déchets. En effet, sur un bateau, la gestion des poubelles est indispensable.

Apprendre à économiser

Naviguer, surtout en croisière, c’est apprendre à ne pas gaspiller. En effet, naviguer en bateau, même un week-end, une semaine, c’est la nécessité d’économiser. Il est indispensable de gérer la consommation d’eau, de gazole pour le moteur. Mais il faut aussi savoir rationaliser la nourriture du bord, l’électricité. Là encore, un rapprochement avec notre quotidien est évident. Apprendre à gérer, son budget, et donc sa consommation, est important, surtout pour des enfants.

Pour résumer, la voile nous apprend tout ce que nos sociétés ont du mal à nous faire voir et comprendre. Mais il est évident que cela va changer, la prise de conscience est en marche. On devrait même rendre la pratique de la voile obligatoire à l’école…D’ici là on ne peut qu’encourager tout le monde à apprendre la voile.

14 réflexions au sujet de “Pourquoi apprendre la voile, c’est apprendre la vie?”

  1. Apprendre a Apprendre. Le sujet du Savoir Faire Faire dans la formation pour adulte par une immersion en Voilier. En d’autre terme, l’Andragogie de la Voile, Pierre-Paul Arend. Et La voile déVoile, Robert Routhier.

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  2. Bonjour,
    bel article, ayant navigué sur un beau voyage 12M50 à 6 personnes, je rajouterai apprendre à vivre en collectivité, partager les tâches ménagères, faire le repas, le ménage, les quarts, etc…
    Merci pour votre joli blog.
    Enki

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  3. Voilà un article qui pourrait être affiché dans les écoles de “terre”…et du mariage. Nous avons vécu 7 mois sur un 6 m, sans un mot au dessus de l’autre. une leçon de vie où chacun dépend de l’autre, et pourtant sur terre cela devrait être comme çà. Bon! comme partout il y a des brebis galeuses.

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  4. Eric Tabarly disait “sur un voilier on sait ou on ne sait pas”. En apprenant à naviguer à la voile en équipage on apprend à obéir avant d’apprendre à “skipper”; ce cheminement naturel facilite les choses lorsqu’on décide d’embrasser une carrière de marin, à la pêche, au commerce ou dans la “Royale”. C’est pourquoi la Marine Nationale a remis la voile au centre de la formation des officiers il y a une trentaine d’année, rectifiant le tir après des années de fabrique d’officiers ingénieurs ou techniciens. Et nul ne s’en plaint. Très bon article Ronan.

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  5. Bonjour,
    Que rajouter à ce qui a été écrit sinon que cette vérité de la pratique de la voile comme école de la vie est encore plus vraie dans la pratique collective ou les valeurs du “vivre ensemble” avec ses différences “loin de nous rendre méfiant de l’autre, nous rapproche de lui, de sa différence” et nous apprend la tolérance. Mais pas seulement. La solidarité n’est pas un vain mot. Sur un bateau en équipage, chacun des membres est un maillon important interdépendant et nécessaire à la chaîne de solidarité pour entretenir un mental fort et une confiance réciproque.
    Enfin, apprendre et encore apprendre sur l’autre est une chose mais apprendre sur soi nous ramène à ce que nous devons entretenir : savoir rester humble à tout moment et surtout face à cette “grande nature”…
    C’est vrai. Je souhaitais apporter un petit élément de réflexion complémentaire à ce grand sujet apporté par Ronan que je salue pour les questions intéressantes soulevées.

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