Enda O’Coineenne attendu fin mars aux Sables d’Olonne

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L’Irlandais Enda O’Coineen entame aujourd’hui son 42ème jour de mer. 42 jours passés en solitaire à bord de son voilier Imoca 60’ « Le Souffle du Nord Kilcullen Team Ireland » depuis son départ de Nouvelle-Zélande.

Un périple, un voyage, une aventure que le natif de Galway âgé de 63 ans assume et encaisse comme un cadeau de la vie. Revendiquant son statut d’amateur pur, il poursuit au large du Brésil, à quelques 400 milles de Salvador de Bahia, son rêve de boucler un tour du monde à la voile en solitaire.

Son Vendée Globe à lui n’a plus la saveur de la compétition face aux meilleurs marins de la planète, il se vit au jour le jour, une difficulté technique à la fois, entre météo compliquée à souhait dans les petits airs de la baie de Rio, et l’alizé de sud-est qui décide de souffler dans l’axe de sa route. Enda, tout à sa solitude, à son quotidien de labeur, à la complexité technique de gérer un voilier de course au large, absorbe toutes les embûches jetées sur son chemin avec une désarmante philosophie. « Je suis bien, je vais bien. Je pense beaucoup et me dis avoir beaucoup de chance de pouvoir faire ce que je fais… ».

Pendant ce temps, à terre, les nordistes s’engagent. La plateforme internet du (re)Tour du Monde (www.leretourdumonde.com), imaginée par l’association Le Souffle du Nord, comptabilise plus de 60 initiatives solidaires et utiles.

Prochaine étape: L’équateur

L’équateur est son prochain Graal, à quelques 1 000 milles de son étrave. « Je dois faire de l’est pour l’instant, avant de pouvoir mettre plus radicalement cap au nord dans quelques jours. J’ai pas mal de petites réparations à effectuer et je profite des températures estivales pour me pencher sur mes soucis, l’un après l’autre. La production d’énergie à bord est ma priorité. Je ne pense pas encore à la terre, sauf pour remercier tous ceux, du côté du Souffle du Nord notamment, qui partagent avec moi cette aventure extraordinaire et qui – en s’engageant au jour le jour – lui donnent un sens concret sur leur territoire. La solitude me pèse un peu. J’ai cherché hier à entrer en contact avec les marins des plateformes pétrolières brésiliennes. Ils sont venus en masse à la VHF me parler en Portugais. Je n’y comprenais pas grand chose, mais c’était bon d’échanger…»

Alex Thomson, 2ème du Vendée Globe 2016-2017 sur Hugo Boss

« Enda est un personnage ! Une figure comme seul le Vendée Globe en révèle au grand public. Il n’est pas pro, et pourtant, il tente ce qu’il y a de plus difficile au monde, accomplir seul un demi-tour du monde, à bord d’un voilier Imoca de course au large. J’ai une grande admiration pour ce qu’il fait, car cela constitue une entreprise immense dans la vie d’un homme. Reprendre son Vendée Globe là où il avait dû l’abandonner en Nouvelle-Zélande est un exploit qui dit beaucoup sur le genre d’homme qu’est Enda. On ne parle pas ici de performance, on est dans l’aventure humaine pure, dans le voyage intérieur d’un homme qui va à la découverte du confins de ses propres limites. Il est aussi quelque part un peu un pionnier pour la voile Irlandaise. Je suis certain qu’il inspire en ce moment même de nombreux jeunes tentés par le sport de voile, par la course au large et la navigation au long cours… J’aimerais être présent à son arrivée aux Sables d’Olonne ! »

Thomas Ruyant, Skipper durant le Vendée Globe 2016-2017 de l’Imoca Le Souffle du Nord

« Je suis ravi de voir qu’Enda vit son aventure à fond et qu’il se rapproche du but en ayant affronté des conditions difficiles dans le Pacifique. Son aventure est très valeureuse. Je trouve que le mariage du Souffle du Nord et de Team Ireland est un beau succès. Les deux écuries vont boucler leur boucle en continuant à porter des messages d’entraide puissants. Je regarde souvent sur le site leretourdumonde.com les engagements solidaires et utiles mis en place au fur et à mesure de l’avancée d’Enda. C’est génial puisque l’on trouve à la fois de grandes initiatives et d’autres plus anodines, mais tout autant porteuses de sens. »



2 Commentaires

  1. Le terme de meilleurs marins de la planète m’interpelle. Qu’appelez-vous meilleurs marins de la planète ?
    Est-ce sont qui bouclent le tour en moins de 50 jours sur des bêtes de course avec des budgets faramineux, routés et super assistés ?
    Certes, ce sont des sportifs de haut niveau, mais en juin va partir, en l’hommage de B Moitessier une longue route qui durera environ dix mois pour les marins engagés sur des bateaux de parfois 30 pieds.
    Ce qu’ils vont faire, je doute fort que les bêtes de compétitions des moins de 50 jours (que je respecte soit dit en passant), soient capables de le faire. Plus on passe de temps dans ces mers (et je sais de quoi je parle) plus on prend de risques.
    Alors qui sont les meilleurs marins de la planète ???
    Personnellement j’ai fait mon choix. Seulement eux ne rapporteront pas de fric aux sponsors et aux médias.

    • Bonjour Eric,
      Tu as raison sur le fait que les marins de La Longue Route 2018 sont aussi, voir plus méritant que les skippers du vendée Globe. Quand on parle, ici, des meilleurs marins de la planète, c’est purement sportif. Mais il aurait sans doute été plus juste de parler de “skippers pros”. Ensuite, si on parle de tous les inconnus, des Jean Lacombe, Bernard Moitessier ou Eric Beauvilain ;),dont je termine le livre et en parlerai bientôt. Là, on parle d’aventuriers. Et effectivement de marins exceptionnels.

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