Les skippers du Pôle Finistère en haut de l’affiche

imoca au pole finistere
photo. C. Chardon

Les grands favoris du Vendée Globe 2016, se livrent actuellement une belle bagarre sur la New York Vendée. Sept coureurs du centre finistérien, sans Armel le Cléac’h, contraint à l’abandon après 48 heures de course sont actuellement sur l’Atlantique Nord . Avant cette transat retour, la Transat Anglaise a déjà offert un bilan très positif aux coureurs du Pôle. Christian Le Pape et son staff sont très satisfait et confortés dans l’idée que les entraînements collectifs font recette. Une manière de fonctionner transmise dès le circuit Figaro.

Une Transat entre New-York et la Vendée en guise de galop d’essai.
«C’est la première fois que les prétendants à la victoire pour le prochain Vendée Globe s’affrontent tous en solitaire. Cette course sera donc révélatrice. Il y a un plateau intéressant,et les bateaux semblent plus fiables même s’ils ne sont pas à l’abri de chocs avec des objets indétectables, comme ce début de course vient de le montrer» note Christian Le Pape, à propos de la New-York – Vendée, qui s’est élancée de la «Grosse Pomme» dimanche dernier. Une Transat, sur laquelle le Directeur du Pôle Finistère Course au Large déplore l’abandon prématuré d’Armel Le Cléac’h, victime d’une collision avec un OFNI (objet flottant non identifié), et suit de près, les sept skippers du centre d’excellence toujours engagés. Des marins, qui se sont préparés ensemble dans les eaux de Port-la-Forêt, entre confrontations au large, et stages météo sous la houlette de Jean-Yves Bernot. «Nos coureurs ont eu une préparation ciblée en amont, et ils ont reçu nos derniers routages avant de s’élancer. Ils devraient mettre un peu moins de dix jours à rallier les Sables d’Olonne, et naviguer au portant, dans un vent médium, 25% du temps» indique Christian. Des conditions qui, comme il le souligne, n’avantageront pas forcément les foilers, mais au-delà du débat autour de ces appendices, c’est l’humain, qui, pour le directeur du Pôle, reste prépondérant. «Le facteur technologique, même s’il est important, n’est pas totalement déterminant. C’est une traversée de l’Atlantique en solitaire, avec tous les aléas que cela comporte, et c’est avant tout la capacité à être en harmonie avec son bateau, et à tirer tout son potentiel, qui fera la différence.»

Carton plein sur la Transat Anglaise
Hors-jeu, Armel Le Cléac’h lui, ne pourra pas tirer toute la quintessence de sa machine, lui qui venait de remporter la Transat Anglaise devant Vincent Riou, le skipper de PRB, qui n’a jamais lâché, malgré la perte de deux voiles cruciales au Cap Finisterre, en début de course. Moins entraîné à la barre de son nouveau StMichel-Virbac, Jean-Pierre Dick n’a pas attaqué comme il l’aurait souhaité, mais il complète un podium 100% Pôle chez les IMOCA. «Le plateau était faible, nous devons donc relativiser et faire preuve d’humilité. Mais une fois encore, les marins les mieux préparés en IMOCA, ont été les plus performants» note Christian le Pape à propos de ce résultat. Il ajoute : «Cela confirme l’importance des stages. Ils permettent d’aller chercher les limites du bonhomme et de la machine, et il vaut mieux le faire entre Port-la-Forêt et les Glénan, qu’au large de Terre Neuve !» Une remarque valable pour les ULTIM, où la rapidité avec laquelle François Gabart a pris son multicoque en main pour s’imposer, a créé la surprise : «François a montré qu’il était capable de s’adapter rapidement. Il y a encore peu de concurrents en ULTIM, mais le plateau devrait s’étoffer l’an prochain, et nous espérons pouvoir faire des stages, comme celui organisé au mois d’avril. Nous avons prouvé que c’était constructif, et hyper intéressant !» s’enthousiasme Christian, ravi de la dynamique sportive, collective et humaine, qui prend forme autour de ces multicoques géants.

Coaching renforcé sur le Circuit Figaro
Cette dynamique qui fait recette au plus haut niveau, le Pôle Finistère l’inculque aux jeunes coureurs qui font leurs gammes sur le circuit Figaro. Dans ce cadre, Jeanne Grégoire les suit sur les épreuves importantes du calendrier, comme la Le Havre Allmer Cup, qui se courait la semaine dernière. Son coaching a été plébiscité par les bizuths, comme les skippers plus expérimentés. «On avait prévu un stage de deux jours pour prendre des repères et apprivoiser le plan d’eau, mais à leur demande, il a été prolongé d’une journée. Les skippers avaient des voiles neuves, et ils ont pu affiner leurs réglages et trouver des sensations. On a vraiment bien travaillé !» se réjouit Jeanne. «Pour avoir une bonne vitesse, prendre de bons départs, et être fluide dans les manoeuvres, il faut s’entraîner. Tout le monde l’a bien compris et s’est donné à fond. C’était super agréable de voir cette dynamique au sein des coureurs. Ils ont bossé ensemble, dans un bel état d’esprit ! » ajoute-t-elle, à propos de cette épreuve remportée par Charlie Dalin, devant Yoann Richomme et Gildas Morvan. Un nouveau podium pour le Pôle qui sera à nouveau présent auprès de ses coureurs, sur la Solitaire Bompard- Le Figaro, épreuve reine de la saison dont le départ sera donné le 19 juin prochain à Deauville.



Soyez le premier à commenter

laissez votre commentaire, donnez votre avis sur le sujet