120 bateaux au départ de La Route du Rhum

voiliers route du rhum à saint malo
© A.COURCOUX

La Route du Rhum accueillera 123 bateaux, sur la ligne de départ, le 4 novembre prochain. Un véritable succès pour ses 40 ans. Petits tour d’horizon sur ces différents voiliers de course au large.

Les organisateurs de la Route du Rhum avaient fixé le nombre de participants, à cette transaltlantique mythique, à 100. Mais l’édition 2018 a attiré un nombre croissant de candidats. Une situation inédite qui a poussé OC Sport Pen Duick, l’organisateur,  à « ouvrir les rangs » des Class40 et des Rhum Multi, entre autres. Ces deux classes accueilleront dix bateaux supplémentaires. 50 class40 et 20 Rhum Multi seront donc au départ.

Un succès de plus en plus important

La Route du Rhum est considérée comme la reine des transatlantiques en solitaire. Et en cette édition 2018, qui permettra de fêter ses 40 ans, La Route du Rhum – Destination Guadeloupe est victime de son succès. En effet, à deux mois de la clôture des inscriptions, fixée au 31 mars, les skippers jouent déjà des coudes pour décrocher leur place.  Un plébiscite qui voit certaines des 6 catégories ouvertes jouer à guichet fermé de longue date.

Succès des class40 et Rhum Multi

Si la problématique ne se posait pas chez les Ultimes, Imoca, Multi50 ou en Rhum Mono, pour les Class40 et les Rhum Multi la demande dépassait largement l’offre. Un cas de figure qui a conduit OC Sport Pen Duick, organisateur de l’épreuve, la direction de course, mais également les équipes de Saint-Malo et de la Guadeloupe à prendre une décision exceptionnelle. Ainsi, après une étude menée sur la capacité logistique à accueillir des bateaux supplémentaires au départ et à l’arrivée, et la garantie de pouvoir assurer le suivi d’une flotte plus importante, les deux catégories les plus « chargées » voient-elles leurs rangs grossir.

Avec 10 places supplémentaires chacune, les Class40 et les Rhum Multi, passent donc respectivement à 50 et 20 concurrents. Une bonne nouvelle pour des marins qui n’auraient manqué pour rien au monde ce rendez-vous décidément très attendu.

Class40, la plus grosse flotte

A l’exception de la Mini-Transat, aucune course océanique en solitaire ne peut annoncer autant de bateaux de mêmeMaxime Sorel skipper du Class40 V and B à l'entrainement avant le départ de la Route du Rhum Destination Guadeloupe 2018, au large de Lorient, le 24 septembre 2018, Photo : Jean-Marie LIOT / V and B taille que cette onzième édition de la Route du Rhum-Destination Guadeloupe ! Cinquante-trois prétendants sur une même ligne de départ parmi lesquels se nichent pas moins de trois anciens vainqueurs de La Solitaire du Figaro (Kito de Pavant, Nicolas Troussel, Yoann Richomme) sans compter tous ceux qui y ont déjà participé (Sam Goodchild, Nicolas Jossier, Claire Pruvot, Halvard Mabire) ou ceux qui ont effectué la Transat Jacques Vabre ou The Transat (Maxime Sorel, Antoine Carpentier, Louis Duc, Arthur Le Vaillant, Aymeric Chapellier, Bertrand Delesne, Loïc Fequet, Arthur Hubert, Hiroshi Kitada, Robin Marais, Miranda Merron, Olivier Roussey, Phil Sharp).

es bateaux sont devenus de plus en plus exigeants malgré une surface de voilure limitée à 115 m2 maximum au près, un déplacement minimum de 4 500 kg et un tirant d’eau de 3 mètres. Les architectes ne s’y sont pas trompés puisqu’ils seront dix-sept représentés à Saint-Malo avec des conceptions de plus en plus puissantes : les carènes sont de plus en plus tendues, les étraves de plus en plus rondes, les cockpits de plus en plus protégés, les aménagements de plus en plus sobres… Certaines unités sont désormais plus véloces que des monocoques IMOCA des années 2000.

Des Multi50 de plus en plus puissants

Skippeur Thibaut Vauchel-Camus
photo: Pierrick Contin

La classe Multi50 réunit des trimarans de 15 m de long pour 15 m de large, soumis à une jauge restrictive mais laissant quelques libertés architecturales propices à attirer différents designers. Dans sa volonté de se structurer et d’épouser les dernières évolutions technologiques, la classe s’est séparée de sa partie « vintage » et a autorisé en 2017 l’ajout de foils. Cinq des six multicoques en lice (tous sauf celui de Gilles Lamiré) sont donc équipés de plans porteurs. Trois d’entre eux ont ajouté des kits monotypes à des plateformes anciennes, tandis que les deux trimarans les plus récents, Ciela Village et Solidaires en Peloton Arsep, ont été totalement conçus autour de cette nouvelle donne « volante ».

Si la météo est favorable, les Multi50 pourraient donc déflorer la ligne d’arrivée à Pointe à Pitre dans le sillage des Ultime, après 8 à 10 jours de course. Soit un gain d’une journée au moins par rapport au temps de référence (11 jours 5 heures et 13 minutes).

 

Les Imoca, une course dans la course.

Avec 20 skippers au départ dont dix s’alignent sur des foilers*, cette édition de la Route du Rhum-Destination

Fabrice Amédéo, skipper de l'IMOCA Newrest-Brioches Pasquier, à l'entrainement au large de Belle-Ile avant le départ de la Route du Rhum Destination Guadeloupe 2018, le 7 octobre 2018,
Photo : Jean-Marie LIOT – www.jmliot.com

Guadeloupe en IMOCA s’annonce disputée, indécise et passionnante.  En l’espace de quatre ans, la classe IMOCA a opéré sa mue. Toujours plus complexes, spectaculaires et exigeants, ces monocoques de 60 pieds  sont devenus des engins « afoilants »… Mais derrière les avions de chasse, les bateaux d’ancienne génération n’ont rien de vieux coucous. Les plus performants de ce match des « vintage » peuvent même espérer briguer les places d’honneur à Pointe-à-Pitre.

Les projecteurs seront tournés vers un triple vainqueur de la Solitaire du Figaro, Jérémie Beyou qui s’aligne sur Charal. Très démonstratif avec ses immenses foils au profil anguleux, le dernier plan VPLP mis à l’eau cet été, dessine la nouvelle génération des IMOCA. Autre inconnue : on ne sait rien des évolutions engagées sur Hugo Boss que le britannique Alex Thomson a brillamment conduit à la deuxième place sur le dernier Vendée Globe et gardé au chaud depuis …

Ultim, les nouveaux geants

« Aujourd’hui, personne n’a jamais traversé l’Atlantique en espérant voler en solo sur un multicoque. Clairement, on va faire quelque chose que personne ne maîtrise. On va se lancer dans le vide. Et c’est merveilleux ».  En quelques phrases, Sébastien Josse parvient à donner le frisson. Celui qui parcourt peut-être l’échine de ces pilotes quand leur bateau de 15 tonnes s’élève hors de l’eau et commence à accélérer.

trimaran ultim banque populaire
photo: jeremielecaudey

Pour la première fois, donc, cinq trimarans de 100 pieds armés d’appendices élévateurs (foils, plans porteurs sur les trois safrans et sur la dérive) vont s’affronter sur l’Atlantique. Des multicoques de 32 mètres de long pour 23 de large, capables, pour les plus aériens, de voler dès 13/14 nœuds de vent, d’avancer deux fois plus vite que ce dernier et de dépasser les 45 nœuds en vitesse de pointe.

On leur prédit une traversée en six jours. Peut-être moins, si la météo est très favorable ! Que ce soit à bord des anciens maxi reconfigurés (Sodebo Ultim’, Idec Sport, MACIF) ou des deux trimarans génération 2017 conçus pour voler (Maxi Edmond de Rothschild, Maxi Solo Banque Populaire IV), les marins ont dû réapprendre à naviguer, à régler tous les paramètres qui conditionnent le vol et à se connecter à de nouvelles sensations. « On vit une période de rupture technologique confie, » Thomas Coville. « C’est magique. C’est un univers que tout le monde découvre. »

Rhum Multi et Rhum Mono, pour tous les budgets

Pour la première fois depuis la création de la Route du Rhum, tous les monocoques qui ne s’intègrent pas dans la série des IMOCA ou des Class40 sont regroupés dans une même classe : les Rhum Mono rassemblent dix-sept solitaires à Saint-Malo qui vont revenir sur les traces de Kriter V, le cigare noir de Michel Malinovski qui se fit doubler quasiment sur la ligne d’arrivée lors de la première édition en 1978…

Mais la Route du Rhum, c’est avant tout cette image incroyable d’un petit trimaran jaune qui déborde un immense monocoque noir dans les derniers mètres avant l’arrivée en Guadeloupe : 98 secondes d’écart après 23 jours 6 heures 59 minutes et 35 secondes ! La première édition de cette nouvelle transatlantique en solitaire marque les esprits au point que quarante ans plus tard, Charlie Capelle (Acapella-Soreal) et François Corre (Friends & Lovers) reviennent en découdre sur des sisterships du trimaran de Mike Birch face à Bob Escoffier (Kriter V-Socomore-Quéguiner) qui défend les couleurs de Michel Malinovski à bord de son monocoque ! 98 secondes pour l’éternité…

Et Loïck Peyron (Happy) tenant du titre avec le temps de référence de 7 jours 15 heures 8 minutes et 32 secondes établi en 2014, vient pour la huitième fois (!) au départ de Saint-Malo sans aucune prétention à la victoire. Sa démarche s’inspire de celle qui l’avait incité à participer à l’OSTAR-The Transat 2016 à bord de Pen Duick II

 



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