La plaisance, ce n’est pas que la grande croisière et le yachting

Le monde la plaisance, au sens large, est en pleine mutation. Cette mutation est sociétale mais aussi liée aux usages de la mer. Loin d’être un conservateur, je trouve pourtant que ces évolutions ne sont pas favorables à la voile populaire et la vie de notre littoral.

Aujourd’hui, quand on feuillette les magazines de voiles, ou plus souvent, avouons-le, quand on se balade les chaînes YouTube, on ne parle plus que de grande croisière, de grands catamarans, de grand large et de location aux Antilles, voire de yachting. On nous explique comment équiper son bateau pour partir 1 an. On nous présente des nouveautés qui n’équiperont jamais nos bateaux. On nous présente les nouveaux voiliers de 15 mètres pour une location en Grèce ou en Croatie.

Mais voilà, ces sujets sont-ils des sujets qui s’adressent à tout le monde ? Pour la location, sans doute oui, en partie. Mais pour le yachting ou la grande croisière ? Non, je ne le pense pas. Une grande partie d’entre nous fait du cabotage. Et nous étions beaucoup plus nombreux avant.

En fait, je l’avoue, j’ai une certaine nostalgie. Cette nostalgie est celle de ses rencontres, sur les pontons visiteurs, de mai à septembre. On se croise, on discute et on boit un verre. C’est aussi celle de ces fins de journée, quand on termine la sortie par une bière au bistrot de la cale. Et là, en croise les pêcheurs du coin et les retraités venus habiter sur la côte, et qui vont pêcher tous les jours. C’est tout ce beau monde qui se regarde du coin de l’œil, avant de rire ensemble. Et tous ensemble, nous étions une véritable source d’animation et de revenus pour les bourgs de la côte et les marinas.

Aujourd’hui, les pêcheurs professionnels sont de moins en moins nombreux. Les plaisanciers de plus en plus rares, et parfois plus discrets.

Pourtant, ce va-et-vient de bateaux dans le chenal du port, ces plaisanciers, sur les pontons, qui travaillent sur leurs bateaux et ces personnes qui viennent louer un bateau pour la journée, sont une véritable source d’animation et de revenus. Ces voileux qui viennent découvrir nos côtes, le temps d’une croisière de 15 jours participent à la vie de la cité. Ces plaisanciers du dimanche, ces plaisanciers populaires font vivre une économie et des acteurs locaux.

Mais tout cela est en train de disparaître. Et la principale raison de cette disparition est une course en avant. Les revenus des plaisanciers baissent ? Allons voir les plus gros. Mais les plus gros ne remplaceront pas les plus petits, surtout sur la côte atlantique. Les propriétaires de vieux voiliers, ou plus récents, sont de plus en plus exclus des ports et marinas. En cause : des tarifs de plus en plus élevés des ports et de certains professionnels.

A ce rythme-là, la vache à lait va bientôt être vide.

Alors, si certains élus s’inquiètent des résidences secondaires ou du AirBandB (problème réel), ils y a d’autres sujets aussi. On ne peut pas vouloir faire vivre des communes du littoral en taxant au maximum les usagers quitte à les faire fuir. Alors, oui, nous devons soutenir la plaisance populaire, du voile-aviron au croiseur côtier en passant par le pêche-promenade et le semi-rigide. Et oui, c’est fait, j’inclue tout le monde dans le même bateau, maintenant

2 réflexions au sujet de “La plaisance, ce n’est pas que la grande croisière et le yachting”

  1. Article salutaire. Je prends un exemple que je connais bien, celui du Muscadet qui fut mon premier voilier, voilier populaire s’il en est. En 72-73 il fallait 28-29 mois de Smig pour l’acheter neuf, aujourd’hui il faut 47 mois de Smic pour acheter le même chez Brava. Autrement dit il faut travailler 1.68 fois plus (avec la réserve que nous sommes aux 35h au lieu des 39 ou 40 en 72)

  2. Entièrement d’accord, seul bémol il y a une différence entre les ports.
    En Bretagne nord certains ports sont épargnés par ce phénomène (marée, météo…)
    Quant aux magazines de voiles ça fait bien longtemps que j’ai laissé tomber.
    Le dernier essai du pogo,RM …je m’en fiche.ils continuent quand même ,c’est que ça doit se vendre.

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