Face à la multiplication des fermetures de delphinariums en Europe et à l’urgence de reloger les dauphins concernés, la France se positionne en leader avec l’annonce d’un projet inédit : la création d’un centre d’accueil et de protection dédié. Porté par le ZooParc de Beauval et soutenu par le ministère de la Transition écologique, ce futur site vise à offrir une solution durable pour près de 65 dauphins menacés de se retrouver sans abri. Une avancée majeure pour le bien-être animal, saluée par les associations et les experts.
À retenir
- Un projet pionnier : Premier centre d’accueil pour dauphins issus de delphinariums en France, complémentaire aux sanctuaires marins en Italie et en Grèce.
- Une réponse à l’urgence européenne : Près de 65 dauphins pourraient avoir besoin d’un lieu d’accueil dans les prochaines années.
- Un modèle innovant : Alliant bien-être animal, recherche scientifique et pédagogie, en phase avec la loi française de 2021 interdisant la reproduction et la détention de cétacés pour des spectacles.
- Un engagement collectif : Associations (C’est Assez, One Voice, Sea Shepherd, Tilikum’s Spirit), experts et ZooParc de Beauval unissent leurs forces sous l’impulsion d’Agnès Pannier-Runacher.
- Prochaine étape : Finalisation du modèle économique et opérationnel, avec mobilisation des financements publics et privés.
Un enjeu européen pressant
Des delphinariums en voie de disparition
Plusieurs pays européens ont récemment annoncé la fermeture progressive de leurs delphinariums, sous la pression des attentes sociétales et des réglementations renforcées. En France, la loi de 2021 interdit déjà la reproduction et la détention de cétacés à des fins de spectacles commerciaux. Résultat : des dizaines de dauphins se retrouvent sans solution d’accueil adaptée.
Chiffres clés :
- 65 dauphins pourraient être concernés par des fermetures en Europe.
- 2 sanctuaires marins déjà en projet en Italie (Tarente) et en Grèce (Lipsi), mais leur ouverture reste incertaine et insuffisante pour absorber tous les animaux.
Une réunion décisive
Ce mercredi, une table ronde présidée par Barbara Pompili, ambassadrice chargée de l’Environnement, a réuni les principaux acteurs :
- Associations : C’est Assez, One Voice, Sea Shepherd, Tilikum’s Spirit.
- Expertise scientifique : Un membre de l’Association Française des Parcs Zoologiques (AFdPZ).
- Acteur clé : Le ZooParc de Beauval, prêt à porter le projet sous réserve des financements nécessaires.
L’objectif ? Créer un centre d’accueil en France, premier maillon d’un futur réseau européen.
Un centre d’accueil nouvelle génération
Bien-être animal et recherche scientifique
Le futur centre se distinguera des delphinariums traditionnels par :
- Un environnement adapté : Conçu pour répondre aux besoins physiologiques et comportementaux des dauphins.
- Des programmes scientifiques : Études sur le comportement, la santé et la conservation des espèces.
- Une approche pédagogique : Sensibilisation du public à la protection des cétacés, sans spectacle commercial.
Complémentarité avec les sanctuaires marins
Contrairement aux sanctuaires en mer (comme ceux prévus en Italie et en Grèce), ce centre offrirait une solution transitoire ou permanente pour les dauphins ne pouvant être relâchés en milieu naturel. Il permettrait aussi de :
- Éviter les transferts à l’étranger, souvent source de stress pour les animaux.
- Renforcer l’autonomie française en matière de protection animale.
La France en pointe sur la protection des cétacés
La France a interdit en 2021 la reproduction et la détention de dauphins et d’orques pour des spectacles, une première en Europe. Ce projet s’inscrit dans la continuité de cette dynamique, en offrant une alternative concrète aux établissements contraints de fermer.
Une déclaration engagée
Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition écologique, a souligné : « Ce projet incarne notre volonté de concilier protection des espèces, innovation scientifique et éducation environnementale, tout en garantissant le bien-être des animaux. »
Un financement à boucler
La concrétisation du projet dépend désormais de :
- La mobilisation des fonds publics et privés.
- La définition d’un modèle économique viable, associant acteurs institutionnels, scientifiques et associatifs.
Prochaines étapes
| Étape | Objectif | Acteurs impliqués |
|---|---|---|
| Court terme | Finalisation du modèle économique et opérationnel | Ministère, ZooParc de Beauval, associations |
| Moyen terme | Recherche de financements et choix du site | Partenaires publics et privés |
| Long terme | Ouverture du centre et accueil des premiers dauphins | Ensemble des parties prenantes |