Geoffroy vient de terminer sa deuxième course de la saison, en classe Mini 6.50. Il a franchi, ce vendredi, la ligne d’arrivée de la Mini en Mai, à La Trinité Sur Mer, à la neuvième position, en prototype. Une course qui confirme sa régularité et le sérieux du skipper.
Se lancer dans un programme de 2 ans avec une mini-transat comme objectif final, ne se fait pas sans organisation et rigueur. C’est avant tout le résultat d’une préparation minutieuse, où chaque détail compte. Geoffroy Dardonville nous livre son organisation et son quotidien pour aborder la saison avec sérénité : préparer le marin, préparer le bateau, et ne rien laisser au hasard.
Pour lui, la clé réside dans l’anticipation et l’organisation. Entre les longues heures passées à bricoler en hiver, les entraînements ciblés, et la gestion du matériel, chaque étape a son importance. Voici comment il structure sa saison, de la to-do list prioritaire aux derniers préparatifs avant le top départ.
À retenir : Les piliers de la préparation selon Geoffroy Dardonville
- L’hiver, c’est le temps des travaux : Pas de navigation, mais des tâches chronophages qui s’accumulent (feux de balcon de secours, réglages du gréement, électronique, etc.).
- Une to-do list par priorité : Classer les actions pour ne rien oublier, surtout ce qui est toléré en croisière mais interdit en course.
- L’entraînement, un équilibre entre théorie et pratique : 2 soirs par semaine et 1 week-end sur 2 consacrés au bricolage, 1 week-end sur 2 à naviguer.
- La météo et le routage : Une analyse poussée à J-3, puis des décisions à J-1 et J-0 avec impression des documents essentiels.
- La logistique et la navigation : Préparer les waypoints à l’avance, plastifier les documents, et rendre le roadbook ultra-lisible, même en cas de fatigue extrême.
- La sécurité : Radeau de survie, balise, bouée fer à cheval, bloc marine et cartes papier – le strict minimum, mais sans compromis.
- Le matériel voile : Limité à 6 voiles + une voile de cap et un spi lourd pour éviter la surcharge.
Préparer l’objectif annuel : Une saison structurée
Le premier sujet sur lequel je voulais revenir avec Geoffroy, c’était celui de la préparation, tout au long de la saison. car, je vous rappelle, qu’il faut bien manger aussi. Donc Geoffroy travaille, à Lorient. Et c’est sur son temps libre qu’il se prépare et prépare son bateau.
1. L’hiver, la période des travaux invisibles
En hiver, pas question de naviguer : c’est le moment de cocher les cases de la to-do list. Geoffroy Dardonville commence par les tâches qui prennent du temps et qui, une fois en course, seraient impossibles à réaliser. Ces travaux passent par l’optimisation du bateau, les éléments de sécurité et autres. par exemple:
- Feu de balcon de secours, modification du gréement courant, évolution de l’électronique : tout ce qui peut attendre en croisière, mais pas en compétition.
- Partenariats et communication : Trouver des soutiens et organiser la visibilité du projet, un volet souvent sous-estimé mais très important si on veut aller jusqu’au bout.
« En course, on n’a pas le temps de bricoler. Tout doit être prêt avant. »
2. L’entraînement : Entre bricolage et navigation
Dès la fin de l’hivers et le début du printemps, c’est le début des entrainements. Geoffroy Dardonville suit un rythme immuable :
- 2 soirs par semaine : Bricolage, réglages, optimisation du bateau.
- 1 week-end sur 2 : Navigation pour tester les évolutions et s’entraîner en conditions réelles.
- 1 week-end sur 2 : Bricolage intensif.
L’objectif ? Prendre le départ dans les meilleures conditions, avec un bateau fiable et un skipper prêt physiquement et mentalement.
3. Le rôle clé du centre d’entraînement
Geoffroy a décidé d’intégré un centre d’entrainement. Il en existe plusieurs maintenant, sur toute la côté. Basé à Lorient Grand Large, Geoffroy bénéficie de formations complètes :
- Nutrition : Savoir gérer son énergie sur la durée.
- Navigation : Affiner ses compétences techniques.
- Briefings et debriefings : Les debriefs collectifs sont pour lui « les plus formateurs ». Analyser chaque navigation, en tirer des enseignements, et ajuster sa stratégie.
Préparer le marin et le bateau : La check-list avant le départ
Ensuite, nous avons échangé sur la préparation de la navigation. car, je vous rappelle que sur le circuit Mini 6.50, vous ne pouvez pas embarquer de routeurs, PC ou de traceur, par exemple. Vous devez donc tout anticiper.
1. La météo et le routage : Une science exacte
- J-3 : Analyse approfondie de la météo et des modèles.
- J-1 : Routage finalisé, impression des documents essentiels (cartes, prévisions, courants, marées). Ces documents sont ensuite intégrés dans un book.
- J-0 : Décision définitive et préparation des waypoints (via Squidisk sur PC en amont). « Pas de carte à bord, juste un GPS avec des waypoints préparés. »
2. La logistique : Rien ne doit être oublié
- Plastification des documents : Le roadbook (une dizaine de pages) doit être ultra-lisible, même en cas de fatigue.
- Préparation des temps de sommeil : Anticiper les phases de repos pour éviter l’épuisement.
- Gestion des courants et marées : Intégrer ces données dans la stratégie de course.
« Il faut rendre le roadbook le plus simple possible. Quand tu es crevé, tu dois comprendre en un clin d’œil. »
3. Le matériel de sécurité : Le minimum vital
Pour Geoffroy, pas de surcharge inutile, mais il faut respecter la réglementation et l’essentiel doit être irréprochable :
- Radeau de survie
- Balise de détresse
- Bouée fer à cheval
- Bloc marine et cartes papier (même à l’ère du tout numérique)
- 6 voiles maximum + une voile de cap et un spi lourd.
4. La gestion de la casse : Pragmatisme avant tout
Pas de post-mortem systématique, pas de règles figées. « On répare si c’est possible, on abandonne si c’est nécessaire. » L’important ? Rester lucide et ne pas prendre de risques inutiles.
« La casse, il n’y a pas de règles. On gère au feeling, sans stress inutiles. »
Conclusion : Une préparation sans faille pour une course réussie
Geoffroy Dardonville incarne une approche méthodique et sans fard de la course au large. Entre rigueur dans la préparation, adaptabilité en mer, et pragmatisme face à l’imprévu, son message est clair : « La victoire se prépare à terre. »
Pour les plaisanciers et passionnés de nautisme, ses conseils valent de l’or :
- Anticiper chaque détail.
- Tester et retester son matériel.
- Rendre ses outils les plus simples possibles pour les moments critiques.