L’histoire du chantier Westerly

Le chantier Westerly est a été un des principaux chantier de Grande Bretagne. Retour sur l’histoire de ces voiliers qui gardent leurs passionnés inconditionnels de côté-ci de la Manche.

Qui ne connaît pas le chantier Westerly ? Peut-être nos amis de Méditerranée. Mais sur la côte atlantique, et surtout en Manche, les plaisanciers naviguant sur ces voiliers au caractère bien anglais sont plus nombreux. Ils ont leurs fans et ceux qui ne les aiment pas. Bon, c’est vrai, qu’ils n’ont pas la physique de nos voiliers des années 80. Mais ces bateaux ont pourtant de nombreux atouts, avec leurs versions biquilles très répandues. Retour sur l’histoire d’un chantier, clairement mythique.

La naissance du chantier Westerly

C’est en 1963 que l’aventure commence pour ces voiliers reconnus dans leur version biquille. En Angleterre, le secteur de la construction navale est en plein boom, comme en France. Les voiliers anglais ont une bonne réputation et s’exportent bien. En ce début d’année, Hilary Scott, homme d’affaires bien établi, contacte un certain commandant Denys Rayner. Ce dernier possède un chantier naval et construit des voiliers en bois depuis plusieurs années. Hilary Scott souhaite concevoir un voilier en polyester. Le propriétaire du chantier est séduit par le projet et Rayner conçoit « The Westerly ». Ce dernier est un petit voilier de 22 pieds, qui ressemble à une petite unité en bois qu’il produisait déjà. Les deux hommes sont convaincus par leur projet. Ils créent une nouvelle société, Westerly Marine Construction Ltd, et le bateau est rebaptisé « Westerly 22« .


Lors du salon nautique d’Earl’s Court, quelques mois avant la création de la société, la Lloyds avait annoncé une nouvelle norme de certification pour la production de petits bateaux en polyester. Westerly va tout de suite opter pour cette nouvelle norme. La production débute alors dans une usine de toute dernière génération, située sur à Waterlooville, près de Portsmouth.

voilier Westerly

Assez rapidement, Westerly se tourne vers l’export. En 1964, l’entreprise exporte ses bateaux vers les États-Unis.

Les années 60 et 70 sont couronnées de succès. Près de 2500 exemplaire du Centaur seront produits. Un des voiliers les plus construits au monde. D’autres unités vont connaître le succès comme le Longbow ou le Renown. Westerly va employé jusqu’à 700 personnes travaillant dans deux d’usines, et construisant environ 15 modèles Westerly différents, ainsi que le J-24, construit sous licence. C’est la belle époque du chantier, et son âge d’or.

La difficulté des années 80

westerly centaur

Au début des années 80, Westerly réalise un chiffre d’affaires de plus de 10 millions de livres par an, dont plus de la moitié à l’exportation. C’est un des grand acteur du marché européen, et mondiale. Mais voilà, les années 80 sont fragiles pour de nombreux chantiers, en Angleterre comme en France, à l’image du chantier Mallard ou Jouët.

Et c’est encore plus dure pour Westerly, car début de la décennie, de mauvais choix d’investissement, la hausse des cours du pétrole et les taux de change modifient l’environnement et impacte directement le marché à l’export. La production de nouveaux modèles, comme le Griffon et le Fulmar, va bien permettre de limiter la casse, mais la production baisse. La situation ne permet pas de conserver les effectifs et 250 personnes vont être licenciés. Mais cela ne suffira pas et, en 1981, la Barclays Bank exige le remboursement de la dette et des liquidateurs sont nommés. Les actifs seront alors transférés dans une nouvelle société appelée « Sphinxstone Limited »

Durant plusieurs années, l’entreprise va pouvoir continuer son activité, mais sans retrouver le niveau de production qu’elle a connue. Mais, en 1991, face à de nouvelle difficultés, la banque redevient décisionnaire et les administrateurs judiciaires reprennent leurs fonctions.

Plusieurs tentatives de reprises pendant 10 ans

En 1991,des cadres rachètent le chantier pour un montant de 2,2 millions de livres sterling. La nouvelle société s’appelle « Westerly Yacht Construction Limited ». Cependant, l’entreprise n’est pas en mesure de réaliser les bénéfices nécessaires pour investir massivement dans de futurs modèles. La stratégie consiste alors à retravailler l’intérieur et l’agencement des modèles existants. L’ancien Griffon est alors retravaillé pour devenir le Spirit.

Au milieu de l’année 1993, suite à de nouvelle difficultés, l’entreprise est rachetée par Victoria Marine de Warsash, qui fabrique des embarcations commerciales comme des bateaux pilotes, de patrouille et des semi-rigides. C’est à ce moment-là que, par souci d’économie, Westerly a finalement cessé de vendre des bateaux avec des certificats Lloyds, bien que la qualité soit toujours là.

En 1996, le groupe Westerly reprend son autonomie. Le chantier annonce alors la sortie de nouvelles unités. Et, en 1997, sont lancés l’Ocean 33 et l’Ocean 43, les premiers modèles entièrement nouveaux depuis le lancement du Typhoon en 1990. Westerly conclut un accord commercial avec le chantier naval Trintella en Hollande et commence à mouler les coques des bateaux Westerly et Trintella à Waterlooville. On pense alors que le chantier est enfin relancé. En 1997, après une pause d’une quinzaine d’années, Westerly revient au salon nautique d’Annapolis.

Mais, malheureusement, tous ces montages financiers pour sauver le chantier, et les différentes alliances ne suffisent pas. En 1998, la maison mère rencontre des difficultés et le chantier Westerly ne retrouvera pas de repreneurs. C’est la fin de l’histoire qui approche.
En avril 2000, c’est définitivement la fin de l’aventure, malgré deux tentatives de relancer la marque, en 2001 et 2005.

2 réflexions au sujet de “L’histoire du chantier Westerly”

  1. je ne connaissais pas Westerly avant d’en acquérir un l’année dernière en Méditerranée.
    Un beau bateau; seuls défauts sur le mien (Centaur monoquille):
    1-la barre à roue qui n’est pas débrayable en barre franche, ce qui rend difficiles les manoeuvres en marina.
    2-absence de coffres extérieurs (sauf celui à l’arrière, qui abrite la tringlerie du safran, et donc besoin de laisser libre l’espace de débattement). Du coup, tout à l’intéreur, même quand c’est mouillé ou un peu sale…
    Sinon, habitable confortable, stable sur l’eau
    JP

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