Le chantier Mallard, au coeur de l’histoire de la plaisance

La chantier Mallard, à La Rochelle, a été un des grands fabricants de bateaux de plaisance des années 60 et 70. Retour sur des voiliers qui ont marqué l’histoire de la plaisance autant que nombre de plaisanciers.

Les années 70 ont vu le développement de nombres de chantiers proposant des voiliers de plaisance en France. Ce développement a été permis grâce à la démocratisation de la pratique de la voile et des innovations comme le polyester. Parmi ces chantiers, certains vont connaître un succès populaire incontestable avant de disparaitre dans les années 80. C’est le cas des chantiers Quéré, Edel, Yachting France ou encore Mallard. Ces chantiers n’arriveront pas à suivre la course à la réduction des coûts de ces années. Dans cet article, nous allons nous intéresser au chantier rochelais Mallard.

L’histoire du chantier Mallard

Le chantier Mallard, est à ses débuts, un chantier spécialisé dans la charpente marine. Situé à La Rochelle, près de la Tour des lanternes, il travaille surtout pour les professionnels. Au début des années 50, Roger Mallard reprend la suite de son père. Roger est un grand pratiquant de voile et un fin régatier. C’est donc assez logiquement que dans les années 60, il s’intéresse à la plaisance. Il commence alors à construire des bateaux pour des particuliers, souvent issus des dessins d’architectes reconnus comme Jean Jacques Herbulot ou Eugène Cornu. C’est le début des premiers voiliers de plaisance, souvent en contre-plaqué. Des techniques qui se développent partout en Europe, grâce à l’architecte Ricus Van De Stadt. Les constructions les plus connues du chantier Mallard sont alors des bateaux comme :

  • L’As De Pique
  • La Corvette
  • Le Pacha

Au cours des années 60, le chantier monte en puissance. Roger Mallard décide de déménager en périphérie de La Rochelle pour se développer. Il passe, dans le même temps, à des techniques modernes de construction, dont le stratifié.

C’est dans cet environnement que sera lancé l’Atlante, en 1966, un voilier de 8,50m. C’est le premier grand succès du chantier. Ce plan de Georges Auzépy-Brenneur sera construit à 250 exemplaires jusqu’en 1970. En 1969, le chantier passe un cap supplémentaire grâce à l’Ecume de Mer. Ce voilier de 8 mètres va connaître un immense succès. 1350 exemplaires de ce plan Finot sortiront du chantier. C’est le début d’une success story qui va durer pendant toutes les années 70.

Le chantier Mallard sortira de nombreux bateaux à succès comme :

  • Les Start 6 & 7
  • Le Mallard 9m
  • Et surtout la série des voiliers « De Mer ».

En 1973, Roger Mallard sera à l’origine, avec d’autres patrons de chantiers, au salon nautique du Grand Pavois de La Rochelle. La fin des années 70 et le tout début des années 80 voient arriver de nombreux nouveaux chantiers. La pression sur les coûts est de plus en plus importante, et l’innovation va très vite. Le chantier n’arrivera pas à suivre ce rythme et disparaîtra en 1986, en ne proposant plus que le Start 7.

Nous allons nous intéresser aux grands succès du chantier.

L’Ecume de Mer

Images plaquette Mallard
Images plaquette Mallard

L’Ecume de Mer est un des voiliers stars des années 70. Il est un des grands succès de l’histoire de la plaisance. Ce voilier est à l’image de ce qu’aime le propriétaire du chantier. L’Ecume de Mer est un voilier de cours-croisière. A l’époque, Jean Marie Finot, qui sort d’un stage au cabinet de Philippe Harlé, dessine son premier voilier et cherche un constructeur. Un chantier hollandais décide de l’accompagner sur ce projet en construisant le premier prototype. Ensuite quelques modèles seront construits en Australie, en 1968. C’est en 1969 que Roger Mallard décide de proposer le bateau avec une coque en forme et en stratifié.

Images plaquette Mallard
Images plaquette Mallard

Le bateau connaît tous les succès sur l’eau. Il gagne de très nombreuses courses et régates. Mais ce qui fait son succès commercial, c’est la capacité du bateau à offrir un réel confort à l’intérieur tout en proposant des qualités nautiques exceptionnelles. Dans le même temps, la qualité de construction était très sensiblement supérieur à la moyenne. le bateau servira de support pour le Tour De France à la Voile.

En 1975, une nouvelle version sera proposée, avec un roof long en remplacement du roof court. Si les premiers modèles étaient équipés d’un moteur hors-bord, la grande majorité des Ecumes De Mer sont motorisés avance un moteur In-Bord.

Caractéristiques Écume de Mer

  • Longueur : 8m
  • Largeur : 2,70m
  • Tirant d’eau : 1,25m & 1,50m
  • Poids : 1800Kg
  • Surface de voiles : 34m²

Le Rêve de Mer

Reve de Mer
Photo Erwan Quéméré, venant du site Finot.com

Le succès de l’Ecume de Mer va pousser le chantier Mallard à proposer un nouveau modèle. Certains clients recherchant un bateau plus petit, Roger fait appel à Jean marie Finot pour dessiner le petit frère de sa star des Mer. C’est comme cela que naît le Rêve de Mer. Ce petit voilier, plus abordable financièrement, sort en 1972.

Si le Rêve de Mer ne connaît pas le même succès que l’Ecume de Mer ( 300 exemplaires quand même), il est reconnu pour ses nombreuses innovations :

du cale-pied en aluminium

  • Ferrures d’étrave et de tableau en aluminium
  • WC sous la couchette avant
  • Retour de toutes les drisses au cockpit, abrité sous le contre capot coulissant
  • Capot avant intégré dans la roof.
Images plaquette Mallard

Le bateau est très élégant, très bien construit et plutôt luxueux pour l’époque. Comme son grand frère, le Rêve de Mer est un voilier rapide et très marin.

Caractéristiques Rêve de Mer

  • Longueur : 7,15m
  • Largeur : 2,50m
  • Tirant d’eau : 1,25m
  • Poids : 1100Kg
  • Surface de voiles : 29m²

Le Fleur de Mer

Photo Mallard

Le Fleur de Mer est la continuité naturelle des deux voiliers précédents. Il reprend les mêmes principes que l’Ecume de Mer et le Rêve de Mer : Qualités de constructions et finitions au-dessus de la moyenne. Cependant, si les deux premiers sont d’excellents voiliers, le troisième, sans être un mauvais bateau, ne bénéficie pas de leurs qualités marines.

Dans le même temps, en 1974, la concurrence commence à monter en puissance. Le chantier Dufour connaît un gros succès avec des voiliers innovants et moins chers. Le chantier Aloa Marine innove lui aussi, avec un plan Finot. Il s’agit de l’Aloa 29, un excellent voilier, beaucoup plus volumineux, et plus « cheap ».Et dans quelques années arrive le First 30 ou le Conati, par exemple.

Une centaine d’exemplaire du Fleur de Mer seront produits.

Caractéristiques Fleur de Mer

  • Longueur : 9,60m
  • Largeur : 3,33m
  • Tirant d’eau : 1,50m
  • Poids : 4500Kg
  • Surface de voiles : 56,9m²

Le Mallard 9M

Le Mallard 9m prendra la suite du Fleur de Mer, en 1976. cet excellent voilier, signé Philippe Harlé connaîtra le même sort que son prédécesseur. Une petite centaine d’unités seront produites jusqu’en 1980. En effet, si le bateau a pour lui d’excellentes qualités nautiques et une qualité de construction au-dessus de la moyenne mais sera vite dépassé par des voiliers plus modernes.

Caractéristiques Mallard 9m

  • Longueur : 8,95m
  • Largeur : 3,10m
  • Tirant d’eau : 1,45m & 1,70m
  • Poids : 3200Kg
  • Surface de voiles : 49,5m²

Les Start 6 et Start 7

La gamme Start sera la dernière production du chantier Mallard. Ces deux petits voiliers sont de bons voiliers pour leur programme, malgré quelques soucis de fabrication. Ils étaient l’espoir d’un renouveau pour le chantier, qui était en perte de vitesse. Malheureusement, ils n’auront pas permis de sauver une marque emblématique de la plaisance française.

3 réflexions au sujet de “Le chantier Mallard, au coeur de l’histoire de la plaisance”

  1. Bonjour,
    Article très intéressant et richement documenté. Merci Ronan!
    Par contre, pourriez-vous écrire un semblable article sur le chantier Richard qui était installé à Marennes?
    Ce chantier dont l’ emblématique patron était Monsieur Edouard RICHARD qui construisait les très fameux CHASSIRONS. Messieurs Richard et Mallard étaient amis et c’est ce dernier qui a “poussé” le premier à se lancer dans la construction de bateaux de plaisance.
    Ce sont ce deux légendaires constructeurs qui ont été à l’origine du “Grand Pavois” de la Rochelle.
    J’attire votre attention sur le fait qu’il n’existe aucune recherche historique sur le chantier Richard.
    Capitaine depuis 24 ans d’un Croisière Familiale (CF) de 1962 (le numéro 4 de la série), j’ai eu, voici une vingtaine d’années, le plaisir et l’honneur de rencontrer Monsieur Richard, chez lui, à Marennes. C’est lors de cette rencontre que Monsieur Richard m’a rétabli la vérité sur la “paternité” des plans du CF vis à vis de Madame Marie Humblot…
    Bonne continuation, bon vent et bonne mer.

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    • Je prends note de ta demande, et travaillerai sur ce sujet. Je me demande si j’ai pas lu, que George Mallard avait terminé sa carrière au chantier Richard, au service qualité?

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  2. Bonjour,
    J’ignore cette chose. Je ne sais qu’il y avait une grande amitié entre ces deux personnages
    Bon courage Ronan et un très grand merci pour votre proposition..

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