Les voiliers qui ont marqué l’histoire du Tour De France à la voile

Le Tour De France à La Voile est une course mythique dans l’agenda des courses en France. Les meilleurs régatiers et coureurs au large se sont affronts sur des voiliers qui resteront dans la légende de cette course-régate pas comme les autres.

Certaines courses à la voile marquent les esprits et laissent des souvenirs inégalables aux sportifs qui y ont participé ainsi qu’aux passionnés qui l’ont suivi. Si la course du Figaro ou encore la course de l’EDHEC durent, c’est parce que de nombreux coureurs, en début de carrière ou encore amateurs y font leurs armes. Le Tour De France à La Voile s’est solidement ancré dans l’histoire de la course à la voile depuis 1978. Cette course reste un moment intense de l’été pour les passionnés de voile. Elle a permis à de nombreux voileux de se bagarrer avec des pros, dans une ambiance bien à elle.

Nombreux sont les plaisanciers, de toute génération, qui ont gardé des souvenirs de ces journées passés en mer, à lutter à armes égales sur des voiliers identiques. Ces voiliers, sont tous devenus des légendes de la course et sont, encore aujourd’hui, des références. Certaines unités sont entretenues avec amour par des passionnés de ces belles carènes. Retour sur ces voiliers qui ont marqué l’historie du Tour De France à la Voile.

Histoire du Tour du France à la Voile

Le Tour de France à la Voile a été créé en 1978, par Bernard Decré et Jérôme Reboul. L’idée était de proposer une course, par étapes, dont le départ était situé en Mer Du Nord, direction la Côte  d’Azur. La première édition entrainera les bateaux et leurs équipages sur le Canal du Midi. Dès les premières éditions, les organisateurs optent pour un mélange réussi de courses semi-hauturières, de régates entre 3 bouées et raids côtiers. La première édition trouve son public et le succès est au rendez-vous. Les équipages aiment cette idée de régater sur des voiliers identiques, de grande série.

Le Tour de France à la Voile va permettre à de nombreux amateurs de connaitre  les émulations de la bagarre sur l’eau et le gout de la victoire. La course va voir naitre de grands noms comme Bertrand Pacé, qui gagnera plusieurs éditions, Pierre Mas ou encore Jimmy Pahun. D’autres skippers déjà connus vont venir se confronter aux habitués des rounds de la course comme Jean Pierre Dick, Franck Cammas, Sébastien Destremau ou encore, récemment Erwan Le Roux.

Après quelques années ou la course se cherche, dans les années 90, puis au début des années 2000, le Tour De France à La Voile a retrouvé toute sa forme avec le choix du Diam 24, ce trimaran à succès. Ce multicoque a permis de rapprocher la course de son public tout en professionnalisant les équipages.

Mais au-delà des skippers, le succès des organisateurs a été d’entrainer des chantiers et des architectes navals de renom avec eux. Ces chantiers ont lancé des séries à succès sur le tour. D’autres ont créé des voiliers destinés, dés leur conception, à cette course. On retrouve de grands noms comme Jeanneau, Bénéteau ou encore Archambault.

Mallard Ecume de Mer

plan Ecume de Mer

L’Ecume de Mer est le premier voilier choisi par les organisateurs pour lancer les équipages sur le Tour de France. En 1978, ce plan Finot construit par le chantier rochelais Mallard est déjà une référence. Construit depuis 1970 et revisité en 1975, ce course-croisière de 8 mètres est reconnu pour ses qualités marines, ses performances et sa qualité de construction au-dessus de la moyenne. Il terminera sa carrière un an plus tard. Il reste encore aujourd’hui un très bon bateau pour des jeunes avec peu de moyens. L’Ecume de mer est capable de tout : découvrir les côtes le long d’un week-end comme d’aller voir outre-Atlantique. 1350 unités ont été construites.

Longueur : 7,90m. Largeur : 2,65m. T.E. : 1,25m. Moteur : HB ou IB.

Bénéteau First 30

first 30
Photo Bénéteau

Comment oublier le First 30 ? Ce plan Mauric, revisité par André Bénéteau a lancé la carrière du chantier vendéen dans la voile. Pour être précis, le chantier a racheté les moules d’un half-tonner, au chantier Quéré, à l’époque. Les plans dataient déjà de 1973. Pourtant le succès sera immédiat. Le bateau est rapidement choisi pour le Tour. Cette décision contribuera sans doute au succès du First 30.

Le First 30 est une véritable machine à remonter au vent. Bien construit et adapté à la croisière et la vie en mer, plus de 1000 unités seront construites. Aujourd’hui, le First 30 est toujours recherché pour ses qualités en mer et sa construction rassurante. Un voilier pour petits budgets et passionnés.

Longueur : 8,95m. Largeur : 2,86m. T.E. : 1,70m. Moteur : IB.

Jeanneau Rush

Jeanneau Rush

Le chantier Jeanneau prendra la suite de son concurrent, en 1982. Le Rush, en version Rush Royal, sera le support de la course pendant deux ans. Là encore, c’est un choix gagnant-gagnant pour les organisateurs de la course et le chantier. Le choix du Rush permet à ce dernier, de confirmer son statut de référence en régate, après avoir été, juste avant, le voilier de la solitaire du Figaro. Ce plan Ron Holland, lui aussi, plutôt en fin de carrière à cette époque, connaitre une carrière courte mais à succès. Il reste, encore aujourd’hui, un excellent course-croisière. Si l’absence de cabine arrière le rend dépassé, il reste toujours un excellent bateau.

Longueur : 9,20m. Largeur : 3,15m. T.E. : 1,70m. Moteur :  IB.

Jeanneau Selection

Jeanneau Selection

En 1984, le chantier Jeanneau garde la main pour le voilier du Tour de France à la Voile. Le Sélection 37 restera comme Le voilier du Tour. Il restera le support de la course pendant 7 ans et sera le dernier voilier de type course-croisière habitable sur lequel  navigueront les équipages.

Ce plan JOUBERT-NIVELT est une réussite à tout point de vue. Plus typé régate que ses prédécesseurs, il dispose d’aménagements prévus pour des équipages nombreux. L’espace est optimisé à l’extérieur comme à l’intérieur. Les deux descentes sont très originales.

Aujourd’hui, si le bateau reste technique, bien aménagé, il offrira de belles opportunités pour partir en croisière et régater encore entre 3 bouées.

Longueur : 10,90m. Largeur : 3,25m. T.E. : 1,90m. Moteur : IB.

Jeanneau JOD 35

Jod 35

Le JOD 35, comme Jeanneau One Design, arrive en 1992. Ce monotype est le premier voilier du Tour à être pensé uniquement pour la course et la régate. Le choix de l’architecte, Daniel Andrieux, ne doit rien au hasard. Le bateau est très rapide et simple à manœuvrer. Il connaitra une très belle carrière en IRC tout en restant le bateau du Tour de France à la Voile jusqu’en 1998.

Longueur : 10,60m. Largeur : 3,50m. T.E. : 2,00m. Moteur : IB.

Mumm 30 ou Farr 30

Mumm 30

En 1999, l’organisation du TDF décide d’opter pour un nouveau voilier, plus moderne et plus radical. Le Mumm 30, sorti en 1995, restera le bateau du Tour pendant 10 ans. C’est la plus longue longévité des voiliers de la course.  Le bateau fait rentrer la course dans une nouvelle ère, avec un voilier résolument international et technique.

Longueur : 9,42m. Largeur : 3,08m. T.E. : 2,10m. Moteur : IB.

Archambault M34

Le M34 arrive en 2011. Ce nouveau voilier, construit par le chantier Archambault est dessiné par le cabinet JOUBERT-NIVELT. Ce mariage semble idéal entre un chantier clairement orienté vers la course et la régate et des architectes qui ont la vitesse et la course dans leur ADN. Le bateau est dans la pure ligné de son prédécesseur, c’est une réussite. C’est un bateau pensé pour le Tour, performant et technique. Sa durée de vie sera courte. Lancé en 2010, sa fabrication s’arrêtera en 2013.

Longueur : 10,34m. Largeur : 2,98m. T.E. : 2,50m. Moteur : IB.

ADH Diam 24

Diam 24
Photo ADN

En 2015, le Tour de France à la Voile fait sa révolution. Les nouveaux organisateurs ont en tête un nouveau projet donnant la part belle aux raids côtiers et à la visibilité auprès du public. Pour répondre à leur projet, ils recherchent un bateau rapide, spectaculaire en mer, beat à voire et facilement transportable. Il ne faudra pas longtemps pour que leur choix s’arrête sur un nouveau petit trimaran qui fait du bruit. Le Diam 24 a tout pour plaire. Dessiné par le cabinet VPLP et construit par le chantier ADH Inotec, en Bretagne, ce multi répond à tous les critères. En plus, c’est un trimaran amusant à naviguer. Il permet de partir de la plage et de revenir échouer, près du public. En mer, on ne compte plus les vidéos qui font le buzz, avec des acrobaties et autres figures de style et pointe de vitesse. Le Diam 24 est toujours en service, et sans doute pour un sacré moment.

Longueur : 7,25m. Largeur : 5,62m. T.E. : 1,50m. Moteur : pas de moteur.

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