Le cyclone Chido, qui a frappé Mayotte en avril 2024, a causé des dommages considérables à la filière halieutique locale. En réponse, le gouvernement français met en place un dispositif d’aide renforcé à destination des pêcheurs mahorais. Objectif : reconstruire rapidement et durablement une filière stratégique pour l’économie insulaire.
À retenir
- Le cyclone Chido a fortement impacté la pêche mahoraise.
- Deux régimes d’aide sont activés : l’un pour le renouvellement des navires, l’autre pour la réparation post-catastrophe.
- Un fonds européen (FEAMPA) permet des investissements à plus long terme.
- Ces dispositifs visent à sécuriser une activité essentielle à l’économie mahoraise et à sa sécurité alimentaire.
Une filière fragilisée par les événements climatiques
Mayotte, département français d’outre-mer situé dans l’océan Indien, dispose d’une importante flotte artisanale. Composée de plus de 600 embarcations, cette flotte est principalement tournée vers la pêche côtière, un secteur vital à la fois pour l’autonomie alimentaire et pour l’emploi local.
Le cyclone Chido, qui a balayé l’archipel les 13 et 14 avril 2024, a eu un impact direct sur les infrastructures portuaires et les navires :
- Navires endommagés ou détruits
- Équipements de sécurité perdus
- Pontons et installations de débarquement détruits
- Arrêt temporaire de l’activité dans plusieurs criées
Selon les premières estimations locales relayées par Outremers360, une centaine de pêcheurs seraient touchés, avec des pertes parfois totales de leur outil de travail.
Un soutien structuré autour de deux dispositifs d’aide
Face à cette situation, l’État français a articulé son soutien autour de deux régimes complémentaires.
1. Le régime de minimis : une aide au renouvellement de la flotte
Ce régime, mis en place depuis début 2024 en partenariat avec le Conseil départemental de Mayotte, permet aux pêcheurs d’obtenir une aide pour le renouvellement de leurs navires.
Principales caractéristiques :
- Aide plafonnée à 30 000 € sur trois ans
- Co-financement à 50 % par l’État
- Dispositif encore ouvert aux candidatures
- 21 dossiers déjà retenus à ce jour
Ce régime vise prioritairement les embarcations vieillissantes, dans une logique de montée en gamme et de sécurité.
2. Le régime d’urgence post-Chido : une prise en charge exceptionnelle
Face aux dégâts liés au cyclone, la ministre Agnès Pannier-Runacher a annoncé, lors de sa visite des 14 et 15 avril à Mayotte, un nouveau régime d’aide d’urgence, activé sous le cadre réglementaire FIBER (cadre temporaire européen de crise).
Objectif : compenser à 100 % les dégâts matériels subis.
Ce que prévoit le dispositif :
| Poste financé | Taux de prise en charge |
|---|---|
| Réparation ou remplacement des navires | Jusqu’à 100 % |
| Matériel de pêche perdu ou endommagé | Jusqu’à 100 % |
| Équipements de sécurité | Jusqu’à 100 % |
Entrée en vigueur prévue : début mai 2025
Le dispositif sera intégralement porté par l’État français.
Des financements européens pour reconstruire à plus long terme
En parallèle, Mayotte bénéficie d’une enveloppe de 12 millions d’euros dans le cadre du FEAMPA (Fonds européen pour les affaires maritimes, la pêche et l’aquaculture) pour la période 2021-2027.
Ces fonds peuvent être mobilisés pour :
- Réhabilitation des criées
- Reconstruction des pontons
- Acquisition de machines à glace et d’outils de transformation
- Sécurisation des zones portuaires
Un enjeu de souveraineté alimentaire et de résilience économique
Pour le gouvernement, le soutien à la filière pêche en outre-mer répond à un objectif stratégique : garantir la sécurité alimentaire de territoires insulaires souvent dépendants des importations. La relance de l’activité halieutique après Chido s’inscrit donc dans un cadre plus large de souveraineté alimentaire et de résilience économique des Outre-mer.
Comme l’a rappelé la ministre de la Mer :
« Tout est fait par mes équipes et par le Gouvernement pour reconstruire rapidement et améliorer la souveraineté du territoire ; la pêche participe de cet objectif. »