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Nouveau ravitailleur : le BRF Émile Bertin mis à flot, un pas de plus pour l’autonomie stratégique française

Le 4 avril 2026, les Chantiers de l’Atlantique ont marqué une étape décisive dans le renouvellement de la flotte logistique française avec la mise à flot du troisième Bâtiment Ravitailleur de Forces (BRF) de la série, l’Émile Bertin. Ce navire, fruit d’une coopération franco-italienne exemplaire, s’inscrit dans le programme FLOTLOG, piloté par la Direction générale de l’armement (DGA) et l’OCCAR. Destiné à remplacer les vieux Bâtiments de Commandement et de Ravitaillement (BCR) de la Marine nationale, l’Émile Bertin incarne une modernisation majeure des capacités logistiques et opérationnelles de la France en mer.

À retenir

  • Un programme stratégique : Le BRF Émile Bertin est le troisième des quatre navires prévus par le programme FLOTLOG, d’un coût total de 1,7 milliard d’euros.
  • Une coopération franco-italienne : Le programme est géré par l’OCCAR et repose sur une collaboration industrielle entre les Chantiers de l’Atlantique, Naval Group et Fincantieri.
  • Des capacités décuplées : Long de 194 mètres et d’un déplacement de 31 000 tonnes, l’Émile Bertin offre des capacités de ravitaillement et d’autodéfense bien supérieures à celles des BCR qu’il remplace.
  • Un enjeu d’autonomie : Ces navires permettent à la France de conduire des opérations en haute mer, loin et longtemps, renforçant ainsi son autonomie stratégique.
  • Un calendrier précis : Après sa mise à flot, l’Émile Bertin sera livré à la Marine nationale en 2027 et basé à Brest, où il remplacera le BCR Somme.

Le programme FLOTLOG : une modernisation indispensable

Un contexte opérationnel exigeant

Les BRF sont conçus pour remplacer les BCR de la classe Durance, vieillissants et ne répondant plus aux normes anti-pollution actuelles (notamment la réglementation « double coque » pour le transport des produits pétroliers). Leur mission : assurer le ravitaillement en carburant, munitions, pièces de rechange et vivres des bâtiments de la Marine nationale et de leurs alliés, tout en embarquant un état-major et un hélicoptère.

Une coopération franco-italienne réussie

Le programme FLOTLOG est le fruit d’une étroite collaboration entre la France et l’Italie, via l’OCCAR. Les Chantiers de l’Atlantique assurent la construction de la plateforme, tandis que Naval Group intègre les systèmes militaires et de combat. Fincantieri, partenaire italien, fournit une assistance technique et construit certaines sections de la coque, comme la proue de l’Émile Bertin, assemblée à Saint-Nazaire en moins de deux mois.

Des capacités techniques et opérationnelles renforcées

  • Dimensions et capacité : 194 mètres de long, 27,6 mètres de large, 31 000 tonnes de déplacement à pleine charge.
  • Autonomie et sécurité : Structure résistante, capacité à évoluer en environnement NRBC, redondance des systèmes, moyens de détection et d’autodéfense avancés.
  • Armement : Systèmes d’autoprotection RAPIDFire S40SA (Thales-KNDS) et SIMBAD RC (missiles MISTRAL de MBDA).
  • Ravitaillement : Capacités d’emport de fret et de carburant décuplées par rapport aux BCR, permettant des déploiements prolongés et autonomes.

L’Émile Bertin : un navire au service de l’autonomie française

Une mise à flot symbolique

La mise à flot de l’Émile Bertin, dans la nuit du 3 au 4 avril 2026, marque l’aboutissement de vingt mois de construction. La coque, composée d’une section italienne et de blocs nazairiens, a rejoint le bassin de Penhoët pour y être équipée de ses systèmes de combat, capteurs et armements.

Un calendrier de livraison précis

  • 2026 : Mise à flot et armement à flot à Saint-Nazaire.
  • Janvier 2027 : Première sortie en mer et essais.
  • Mars 2027 : Arrivée à Brest, son port d’attache.
  • Second semestre 2027 : Livraison à la Marine nationale et premier déploiement de longue durée.

Un remplacement stratégique

L’Émile Bertin prendra la relève du BCR Somme, en service depuis 1990 et dont le désarmement est prévu pour 2028. Ce remplacement permettra à la Marine nationale de maintenir sa capacité de ravitaillement à la mer, essentielle pour le groupe aéronaval et les opérations en haute mer.

Tableau comparatif : BRF vs BCR

CaractéristiqueBRF (ex. Émile Bertin)BCR (ex. Somme)
Longueur194 m157 m
Largeur27,6 m21 m
Déplacement31 000 t18 000 t
Capacité de ravitaillementDécupléeLimitée
AutodéfenseRAPIDFire, SIMBAD RCCanon de 40 mm, mitrailleuses
Normes anti-pollutionDouble coqueSimple coque
Port d’attacheBrest (Émile Bertin)Brest (Somme)

Enjeux stratégiques et perspectives

Une autonomie renforcée

Les BRF permettent à la France de disposer d’une marine océanique capable de conduire des opérations dans la durée, loin du territoire national. Leur capacité à se déployer en autonomie et à faire face aux menaces asymétriques, de surface et aériennes, est un atout majeur pour la souveraineté française.

Une coopération européenne exemplaire

Le programme FLOTLOG illustre la réussite d’une coopération industrielle et stratégique entre la France et l’Italie, gérée par l’OCCAR. Cette collaboration permet de mutualiser les coûts, les compétences et les technologies, tout en renforçant les liens entre les marines des deux pays.

Un calendrier respecté

Malgré des retards initiaux, le programme FLOTLOG avance selon le calendrier prévu, avec une livraison de l’Émile Bertin en 2027. Le quatrième BRF, le Gustave Zédé, est quant à lui attendu en 2032, après un report pour des raisons budgétaires.

Conclusion

La mise à flot de l’Émile Bertin représente bien plus qu’une étape technique : c’est un symbole de la modernisation de la Marine nationale et de la volonté française de maintenir son autonomie stratégique en mer. Grâce à des capacités logistiques et opérationnelles inédites, ce navire, comme ses sisterships, permettra à la France de projeter sa puissance navale loin et longtemps, tout en renforçant sa coopération avec ses partenaires européens.

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