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Bénéteau Oceanis 40 : Un croiseur à succès

L’Oceanis 40 est un voilier de croisière de 12 mètres construit par le chantier vendéen Bénéteau à partir de 2006. Dessiné par le cabinet Berret-Racoupeau et aménagé par l’Italien Nauta Design, ce croiseur, un de sgrands succès du chantier, s’est imposé comme l’une des valeurs sûres de sa catégorie sur le marché de l’occasion : un croiseur familial rapide, lumineux et manœuvrable en équipage réduit, distingué par la revue américaine Cruising World au titre de meilleur croiseur de sa catégorie (Best Midsize Cruiser) lors du Boat of the Year 2008. Près de 700 exemplaires ont été produits, ce qui explique sa présence abondante sur le marché de la seconde main.

A retenir

  • Croiseur de croisière côtière et hauturière légère de 12m, cinquième génération de la gamme Océanis.
  • Architecture Berret-Racoupeau, aménagement Nauta Design, production d’environ 700 exemplaires de 2006 à 2011.
  • Moteur Yanmar 3JH4E de 40 ch, deux ou trois cabines, une ou deux salles d’eau.
  • Performance honnête : 8 nœuds relevés en 18 nœuds de vent réel lors de l’essai de référence de Boating New Zealand.
  • Bateau jugé tendre par plusieurs propriétaires : anticiper les prises de ris dès 12 nœuds.
  • Manœuvres de port délicates sans propulseur d’étrave, en raison du couple d’hélice et de la prise au vent.
  • Cotation en occasion : autour de 115 000 à 125 000 € pour une unité de 2007.

Histoire de l’Oceanis 40

La gamme Océanis existe depuis 1986 et a dépassé la soixantaine de modèles ; la cinquième génération, dévoilée au milieu des années 2000, comprend les Oceanis 31, Oceanis 34, 37, 40, 43, 46 et 50 (Wikipédia). L’Oceanis 40 en est l’une des figures centrales. Le chantier de Saint-Gilles-Croix-de-Vie le présente en 2006 et le produit jusqu’en 2011 en environ 700 exemplaires, un volume remarquable pour un 40 pieds qui n’était pas décliné en version location pour le grand public ; les données de production varient selon les sources, mais convergent vers ce chiffre.

La coque est signée du cabinet Berret-Racoupeau, déjà auteur de nombreux succès de la gamme, tandis que l’aménagement intérieur est confié au cabinet milanais Nauta Design, qui impose une esthétique claire, contemporaine et très lumineuse (Bénéteau). Le bateau est construit en stratifié verre-polyester, avec des parties sandwich au-dessus de la flottaison et un pont en sandwich balsa ; les cloisons sont collées au Plexus, une technique de construction en grande série qui garantit la reproductibilité et la maîtrise des coûts.

Le programme est celui d’un croiseur familial : croisière côtière, traversées et cabotage en équipage réduit, avec une réelle aptitude au grand voyage lorsque le bord est correctement équipé. Sur le marché nord-américain, le bateau a d’abord été commercialisé sous le simple nom de Beneteau 40, en version croiseur-régate, avant que la déclinaison Oceanis 40 ne s’impose ; une version charter, le Moorings 41.3, a alimenté les flottes de location. Les concurrents de l’époque se nomment Jeanneau Sun Odyssey 39i et 42i au sein du même groupe, Dufour 405 et 425, Bavaria 40, ou encore Hanse 400 sur le marché européen.

Aménagements intérieurs

L’Oceanis 40 propose deux configurations : une version deux cabines avec une salle d’eau et une grande cuisine en L, et une version trois cabines avec deux salles d’eau, la plus répandue car également prisée par les sociétés de location. La version trois cabines sacrifie une partie des rangements profonds au bénéfice des cabines arrière, un compromis classique de cette catégorie que l’acheteur doit arbitrer selon son programme.

Le carré bénéficie de la signature Nauta Design : grandes hûpaures vitrées, boiseries claires, table de cockpit répliquée à l’intérieur et assises généreuses pour six à huit convives. La cuisine est équipée d’un réfrigérateur-congélateur et d’un double évier ; la cabine propriétaire à l’avant, en double V, offre un couchage sur lattes pour une bonne ventilation, avec un accoudoir et des rangements sous le couchage. Les salles d’eau, généreusement dimensionnées pour l’époque, ont été particulièrement saluées par la presse.

L’accès au moteur, situé sous le cockpit, est possible depuis le carré comme depuis les cabines arrière, un point appréciable pour l’entretien courant. La table de cartage, de demi-taille, est complétée par un tableau électrique digital affichant l’état des réservoirs et des batteries. Le propriétaire d’une unité de 2007 signale toutefois des déboires classiques d’un bateau de douze ans : guindeau hors service, ancre pliée, panne de batterie et toilette bouchée, pour partie pris sous garantie (Forum Océanis).

Qualités marines

Le plan de voilure, un sloop fractionné à mât posé sur le pont et barres de flèches balancées, privilégie une grand-voile dimensionnée pour un génois modéré, un choix assumé de croisière en équipage réduit. Le cockpit, dédié à la croisière, reçoit une double timonerie, une table centrale rabattable supportant le traceur sur rotule, des winchs primaires Harken 46 autosuivants à deux vitesses et un dispositif de prise de ris en une seule ligne associé à un winch électrique de drisse.

L’essai de référence, publié par Boating New Zealand en août 2007 dans 20 à 23 nœuds établis dans le Hauraki Gulf, relève un bateau confortable à la barre, des ponts restés secs en arrière du maître-bau, un enfoncement progressif dans la brise et une légère dérive de barre au près serré, mais maîtrisée ; la vitesse atteinte, 8 nœuds en 18 nœuds de vent réel sur un largue serré, témoigne d’une carène efficace. La même source salue les puits de pieds creusés qui permettent de se caler à la barre, ainsi que la présence d’un safran de secours.

Le Sailboat Guide complète ce portrait : l’Oceanis 40 donne le meilleur de lui-même entre 10 et 20 nœuds de vent, atteint sa vitesse de carène grâce à sa longue flottaison de 10,35 mètres et tient bien son cap ; son tableau arrière large tape en revanche dans les mers courtes au portant, et son près reste honorable sans être chirurgical. Cruising World notait dès 2007 des performances en vent léger annonciatrices d’un bon comportement dans la brise. Enfin, plusieurs propriétaires jugent le bateau tendre : un premier ris est nécessaire vers 12 nœuds de vent réel selon l’état de la mer, la deuxième position de ris intervenant vers 18 nœuds.

Avis des propriétaires d’Oceanis 40

  • Sur Hisse et Oh, un propriétaire résume les limites du bord sans détour : son seul vrai défaut est le comportement en marche arrière, le couple de l’hélice d’origine faisant nettement partir l’étrave à droite, ce qui rend le propulseur d’étrave bienvenu d’autant que la prise au vent est importante ; le franc-bord élevé ne facilite pas non plus la montée à bord au catway.
  • Le fil d’avis de 2007 sur le même site reflète un débat déjà ancien : Bénéteau estimait le propulseur inutile sur un 40 pieds, plusieurs intervenants s’interrogeant au contraire sur la transmission par ligne d’arbre comme source du problème en manœuvre.
  • Sur le forum des propriétaires d’Océanis, une navigatrice vendéenne, propriétaire depuis 2010 puis partie en solitaire, décrit un bateau qu’elle adore, bien équipé (balancine, génois triradial), mais avoue galérer sur les prises de ris en solo et compenser en naviguant sous-toilée ; ses difficultés se concentrent sur les manœuvres de port .
  • L’acquéreur d’une unité de 2007 basée à Saint-Cyprien dresse en 2019 un bilan très positif de sa première saison, avec une découverte de la côte Catalane et une escapade à Minorque, malgré les déboires d’entretien évoqués plus haut (Forum Océanis).
  • Sur SailNet, un propriétaire d’un Beneteau 40 de 2011, même plan avec grand-voile enrouleuse dans le mât, le juge un peu tendre mais très agréable à tenir : le ris est facile à doser et le carré, remarquablement lumineux, en fait un excellent bateau de croisière.
  • Le forum Sailboat Owners met en garde les acheteurs d’occasion sur deux points précis : l’enrouleur de grand-voile dans le mât, réputé se coincer et donner peu de rond à la voile, et le feu de pont fixe, source d’infiltrations récurrentes (Sailboat Owners).
  • Enfin, sur le forum STW, un propriétaire naviguant depuis plusieurs années à bord de son Oceanis 40 (au Brésil au moment de son message) défend la fiabilité des bateaux de série : selon lui, depuis son départ, ce sont les unités en polyester de grande série qui rencontrent le moins de problèmes.

Fiche technique Bénéteau Oceanis 40

CaractéristiqueValeur
TypeVoilier de croisière, monocoque, quillard
ChantierBénéteau (Saint-Gilles-Croix-de-Vie, France)
Production2006 à 2011, environ 700 exemplaires
Architecte navalBerret-Racoupeau (Jean Berret, Olivier Racoupeau)
Design d’intérieurNauta Design
Longueur hors-tout12,15 m
Longueur à la flottaison10,35 m
Largeur3,91 m
Tirant d’eau (quille standard)1,90 m
Tirant d’eau (petit tirant d’eau, option)1,55 m
Tirant d’air17,70 m
Déplacement lège8 260 kg
Lest (fonte)2 358 kg (quille standard)
ConstructionStratifié verre-polyester, parties sandwich au-dessus de la flottaison, pont sandwich balsa, cloisons collées
GréementSloop fractionné, mât sur le pont, barres de flèches balancées, haubans inox
Grand-voile (full batten)environ 38,5 m²
Génois sur enrouleur (140 %)environ 39,9 m²
Spi asymétrique (option)environ 89 m²
I / J / P / E15,00 m / 3,95 m / 14,02 m / 4,80 m
MoteurYanmar 3JH4E, 40 ch, diesel, ligne d’arbre
Réservoir carburant200 L
Réservoir eau douce360 L
Aménagements2 ou 3 cabines, 1 ou 2 salles d’eau, 6 à 8 couchettes
Postes de barreDouble barre à roue, safran de secours
Vitesse de carène7,8 nœuds
Rating PHRF (quille profonde)69 à 135
DistinctionCruising World Best Midsize Cruiser, Boat of the Year 2008

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