Brève présentation du voilier
Le Bénéteau Wizz est un dériveur double de 4,40 mètres conçu comme un hybride entre un dériveur classique et une planche à voile. Lancé au début des années 1980, il incarne l’innovation de son époque en proposant une pratique de la voile à la fois simple, ludique et sensationnelle. Dessiné par le Groupe Finot (et plus précisément par Jean-Marie Finot, architecte naval renommé pour ses bateaux de course au large), le Wizz se distingue par son gréement original, mêlant une voile à fourreau inspirée du Laser et un wishbone emprunté à l’univers de la planche à voile. Avec 3 625 exemplaires produits entre 1980 et 1983, il a marqué l’histoire des petits voiliers accessibles, tout en visant une alternative plus moderne et dynamique aux dériveurs traditionnels comme le 420, très populaire à l’époque.
À retenir
- Type : Dériveur double léger, transportable et insubmersable.
- Longueur : 4,40 m | Largeur : 1,62 m | Poids : 70 à 75 kg (selon les sources).
- Surface de voilure : 13,5 m² (grand-voile de 10,5 m² + foc de 3 m²).
- Construction : Coque en polyester et fibres de verre (GRP), monolithique.
- Architecte : Groupe Finot (Jean-Marie Finot).
- Période de production : 1980–1983.
- Nombre d’unités : 3 625.
- Prix occasion : Environ 1 000 € (selon l’état et l’entretien).
- Public cible : Débutants et régatiers en quête de sensations fortes et de simplicité.
Histoire du bateau
Le Wizz est né à une période où Bénéteau, alors déjà leader dans les voiliers habitables, a souhaité diversifier son offre en s’attaquant au marché des dériveurs légers. Le contexte des années 1980 était marqué par l’essor des sports nautiques accessibles, avec une forte demande pour des bateaux faciles à transporter, à monter et à naviguer, sans sacrifier les performances. Le Wizz a été conçu comme une réponse à cette attente, en intégrant des éléments techniques inspirés de la planche à voile, comme le wishbone, pour simplifier la prise en main et offrir des sensations de glisse immédiates.
Le choix de Jean-Marie Finot comme architecte n’est pas anodin : ce dernier, spécialiste des bateaux de course, a su transposer son expertise en matière de performance et d’ergonomie sur un format grand public. Le Wizz a ainsi bénéficié d’une conception optimisée pour le planning, avec une coque légère et des appendices (dérive et safran) conçus pour maximiser la réactivité. Cependant, ces appendices, fabriqués en plastique renforcé, ont révélé des limites en termes de durabilité, un point souvent soulevé par les propriétaires.
Sur le plan commercial, le Wizz a été produit en grande série, avec 3 625 unités vendues en seulement trois ans, ce qui témoigne de son succès initial. Il s’inscrivait dans une gamme de petits dériveurs français des années 80, aux côtés de modèles comme le Sun Club 9 (Jeanneau) ou les planches à voile de Dufour. Son positionnement était clair : offrir une alternative plus moderne et plus accessible que les dériveurs olympiques de l’époque, tout en restant polyvalent pour la balade ou la régate.
Aménagements et organisation du bateau

Le Wizz est avant tout un bateau conçu pour la navigation rapide, avec un cockpit arrière ouvert. Son ergonomie est pensée pour la simplicité et l’efficacité : le bateau est minimaliste, et l’espace est optimisé pour deux équipiers. La dérive pivotante et le safran, fixés au tableau arrière, permettent une manipulation aisée, même pour des novices.
Le gréement, de type sloop Marconi fractionné, comprend un mât en aluminium et une grand-voile à fourreau, inspirée des Laser, qui facilite les manœuvres. Le wishbone, élément clé du concept, remplace les écoutes classiques et permet un réglage intuitif de la voile, réduisant ainsi la complexité pour les débutants. Cependant, l’absence de système de réduction de voilure d’origine a souvent été critiquée, obligeant les propriétaires à adapter leur équipement pour naviguer par vent fort.
Qualités marines

Le Wizz se distingue par sa réactivité et sa capacité à planer rapidement, dès force 3 de vent. Les retours d’expérience des propriétaires soulignent sa facilité de mise à l’eau et sa prise en main intuitive, même pour des équipages peu expérimentés. Sa légèreté (70–75 kg) le rend transportable sans difficulté sur un toit de voiture, et son insubmersabilité en fait un bateau rassurant pour les débutants.
En navigation, le Wizz offre des sensations de glisse marquées, avec une tendance à vibrer et à « chanter » en planing, ce qui ajoute à son caractère ludique. Cependant, cette légèreté a un revers : le bateau mouille beaucoup par vent fort, rendant la combinaison indispensable. De plus, sa sensibilité au vent latéral peut rendre les chavirages fréquents, bien que la reprise en main soit généralement aisée grâce à sa conception ergonomique.
Les performances au près sont limitées par son rapport voilure/poids élevé (79,48 m²/T), ce qui en fait un bateau plus orienté vers la balade et le plaisir immédiat que vers la régate pure. Son ratio voilure/poids de 173 (selon certaines sources) confirme cette vocation : il est conçu pour des sensations fortes plutôt que pour la précision technique.
Avis des propriétaires de Wizz
Les retours des utilisateurs du Wizz sont partagés, reflétant à la fois les forces et les faiblesses de ce dériveur atypique.
Points forts :
- Sensations de glisse : Le Wizz est souvent décrit comme un bateau « sportif et incroyable au planning », capable de vibrer et de chanter dès que le vent se renforce. Les propriétaires apprécient sa réactivité et sa capacité à offrir des sensations fortes avec peu de vent.
- Facilité d’utilisation : Sa conception simple et son gréement original (wishbone) le rendent accessible aux débutants. La mise à l’eau et le montage sont rapides, ce qui en fait un bateau idéal pour des sorties spontanées.
- Polyvalence : Utilisable en solitaire ou en double, il convient aussi bien pour la balade que pour la régate occasionnelle. Certains propriétaires ont même modifié leur Wizz pour ajouter un spinnaker, prouvant son potentiel évolutif.
Points faibles :
- Fiabilité des appendices : Les boîtes de puits de dérive et les cales latérales de safran en plastique vieillissent mal et ont tendance à se fissurer avec le temps. De plus, les renforts en ferraille (au lieu d’inox) des appendices rouillent, ce qui peut entraîner des casses. Ce problème est récurrent sur les modèles anciens et peu entretenus.
- Absence de système de réduction de voilure : Le Wizz d’origine ne dispose pas de ris dans la grand-voile, ce qui peut rendre la navigation difficile par vent fort. Les propriétaires recommandent souvent d’ajouter des bandes de ris ou de modifier le gréement pour plus de sécurité.
- Confort humide : Le bateau mouille beaucoup, surtout par vent de travers ou arrière. Les équipages doivent prévoir des combinaisons et des bouchons d’oreilles pour éviter les désagréments.
- Voiles d’origine : Les voiles fournies en série sont souvent jugées peu performantes et se déforment avec le temps. Beaucoup de propriétaires optent pour des voiles neuves ou adaptées pour améliorer les performances.
Témoignages marquants :
- « Bateau sportif, incroyable au planning très rapidement dès force 3, il se met à vibrer ! On dirait qu’il chante. Mais ça mouille beaucoup, combinaison obligatoire et bouchons de piscine dans les oreilles ! Facile à relever même s’il fait chapeau. » — Bouvier (propriétaire, 2014).
- « Manque système de réduction de voilure. Simple et rapide à monter. Fragilité du système de dérive (plastique). » — Lazare (propriétaire, 2012).
- « Je possède un Wizz modifié : tableau arrière en bois, nouveau puits de dérive et nouvelle dérive. Après 2 semaines de navigation journalière et 3 régates cette année, je vais tenter de mettre un spi l’année prochaine. » — VAN GORKUM (propriétaire, 2014).
Fiche technique dériveur Wizz
| Catégorie | Détails |
|---|---|
| Chantier naval | Bénéteau (France) |
| Architecte | Groupe Finot (Jean-Marie Finot) |
| Année de lancement | 1980 |
| Année de fin de production | 1983 |
| Nombre d’exemplaires | 3 625 |
| Type | Dériveur double léger |
| Longueur de coque | 4,40 m (14’5”) |
| Largeur (bau) | 1,62 m (5’4”) |
| Poids (déplacement lège) | 70–75 kg |
| Matériau de construction | Polyester et fibres de verre (GRP), monolithique |
| Type de coque | Monocoque |
| Appendices | Dérive pivotante + safran simple au tableau arrière |
| Insubmersable | Oui |
| Transportable | Oui (légèreté et taille adaptées) |
| Catégorie de navigation (France) | 6 (eaux abritées) |
| Gréement | Sloop Marconi fractionné |
| Position du mât | Pied de mât dans le pont |
| Mât rotatif | Non |
| Matériaux du gréement | Mât et bôme en aluminium |
| Gréement dormant | Monotoron 1×19 |
| Surface de voilure au près | 13,5 m² (145 pied²) |
| Grand-voile | 10,5 m² (113 pied²) / 9,7 m² (selon sources) |
| Foc | 3 m² (32 pied²) / 3,5 m² (selon sources) |
| Spi | Non fourni en série (option possible) |
| Rapport voilure/poids | 79,48 m²/T (au près) / 173 (ratio V/P) |
| Cockpit | Arrière ouvert |
| Barre | Une barre franche |
| Moteur auxiliaire | Aucun |
| Prix occasion (2026) | Environ 1 000 € (selon état et entretien) |
| Concurrents de l’époque | Sun Club 9 (Jeanneau), Laser, 470, planches à voile (Dufour) |
Conclusion
Le Bénéteau Wizz reste un dériveur audacieux et emblématique des années 80, qui a su marier l’esprit de la planche à voile et celui du dériveur classique. Son concept innovant, sa légèreté et sa facilité de prise en main en ont fait un succès commercial, malgré des défauts de jeunesse liés à la durabilité de certains éléments. Aujourd’hui, il séduit toujours les amateurs de sensations fortes et les nostalgiques de cette époque faste pour la voile légère en France.
Pour les passionnés prêts à investir dans un Wizz d’occasion, il est conseillé de vérifier l’état des appendices (dérive et safran) et de prévoir un budget pour des voiles neuves ou un gréement adapté. Avec ces ajustements, le Wizz redevient un compagnon de navigation rapide, ludique et polyvalent, idéal pour découvrir ou redécouvrir les joies de la voile légère.