5 points à vérifier avant de choisir son mouillage et jeter l’ancre

Si nous aimons, le vendredi soir, prendre la mer pour le week-end, ou la semaine, c’est bien pour changer d’air. Et quoi de mieux, pour se couper du quotidien que partir en voilier et mouiller l’ancre dans une petite ria de la côte ou dans une baie abritée de l’île la plus proche. Nous sommes quelques-uns à en profiter régulièrement et, plus nombreux, à en rêver une partie de l’année.

Cependant, un mouillage ne se choisit pas par hasard, ou en fonction de la beauté de l’endroit. Jeter l’ancre pour la nuit, ou tout simplement l’après-midi, demande une petite préparation, et surtout quelques réflexes à avoir en tête. Je me rappelle encore ces nuits, dans la baie de Houat, exposée aux brises côtières venant du nord-est. De ces nuits à maudire cette houle qui me faisait regretter ma journée paisible au soleil. Je me rappelle aussi ce voilier, à côté de nous, qui me réveilla, à 3h du matin, son ancre ayant dérapé. Ces petits événements ont toujours été liés à un mauvais choix du mouillage. Je n’avais pas pris les précautions qui s’imposent avant de choisir l’endroit ou j’allais jeter l’ancre.

Alors bien évidemment, je ne dis pas que cela ne se reproduira pas. Mais aujourd’hui, j’ai pris quelques habitudes. Aujourd’hui, j’ai décidé de mettre le pied à terre et d’aller me promener sur les îles, sans penser à mon bateau et son mouillage. J’ai décidé de mieux dormir, la nuit, paisiblement, au mouillage. Alors voici 5 points indispensables, à vérifier, pour bien choisir son mouillage.

Prendre la météo de votre zone

Le premier réflexe à avoir, avant de choisir son mouillage, est de prendre la météo. Bon, cela vous semble une évidence, mais pourtant… Par prendre la météo, j’entends bien : regarder les bulletins de météo, pour le soir, la nuit et le lendemain matin. En effet, l’idée est ne pas mouiller l’ancre au vent d’une côte.

Mais le vent peut tourner dans la nuit. Et certains mouillages, bien abrités la journée, peuvent s’avérer très désagréable la nuit, voire dangereux. C’est d’ailleurs souvent le cas, l’été, sous l’effet des brises côtières. Vous devez donc anticiper d’où viendra le vent, dans la nuit et si la journée est propice à la création de brises côtières, en soirée. Ces brises côtières ont toujours les mêmes caractéristiques. En échangeant avec des habitués de la région, vous aurez les informations nécessaires.

Connaître la météo vous permettra, aussi, de connaître l’état de la mer et la direction de la houle.

Choisir la zone de mouillage idéale

Lorsque vous avez pris la météo, il ne vous reste plus qu’à trouver la zone de mouillage idéale. Pour cela, il y a la carte marine. L’endroit idéal, pour jeter l’ancre, sera la zone la mieux abritée, pour tout le temps ou vous resterez au mouillage. Si vous pensez rester plusieurs jours, n’hésitez pas à changer de mouillage, en fonction des changements de météo. Cela se prévoit.

La zone de mouillage idéale doit aussi être à l’abri du courant. Ou, tout du moins, d’un courant trop fort. Mon mouillage, sur corps-mort, est en plein courant et je me porte très bien. Mais si je devais jeter l’ancre, puis la remonter, il me serait impossible de le faire seul, dans ce courant. Et je peux vous assurer que la force d’un guindant reste toute limitée. Il serait dommage d’attendre la renverse pour lever l’ancre et arriver en retard, le dimanche soir.

Enfin, ne mouillez pas dans une réserve naturelle, ou sur des fonds d’herbiers. Respectons la nature. Je vois encore trop de plaisanciers mouiller sur des îlots interdits au public et aller voir les oiseaux de trop près. En méditerranée, les herbiers sont maintenant indiqués et il est parfois même interdit de mouiller l’ancre.

Donc, pour résumer, votre zone de mouillage doit être abritée, à l’écart des courants les plus forts et autorisé.

Étudier les fonds sous le bateau

Le troisième réflexe à avoir est tout aussi important. Vous avez une carte marine, alors étudiez là. Avant de choisir définitivement votre zone de mouillage, étudiez la nature des fonds, et la hauteur d’eau sous le bateau. Connaître la profondeur sous le bateau permet d’anticiper la quantité de chaînes nécessaire à la bonne tenue du mouillage.

Concernant la nature des fonds, la tenue d’une ancre ne sera pas la même dans la vase, sur le sable, contre des rochers ou sur des algues. Les fonds offrant la meilleure tenue sont les fonds vaseux ou sableux. L’ancre enfourche facilement. Sur des algues, l’ancre risque de glisser, et sur des rochers, soit elle ne prendra pas, soit elle restera coincée.

La nature des fonds n’est pas forcément donnée sur les cartes marines ( sauf pour les roches). Mais vous aurez des informations dans les guides côtiers. N’hésitez pas à les regarder.

La nature des fonds sera d’autant plus importante si vous naviguez dans une zone à marée et pensez échouer à marée basse. Ce qui nous amène au quatrième réflexe.

Regarder la hauteur d’eau

Si en Méditerranée, les plaisanciers ne sont pas embêté avec les marées, ce n’est pas le cas en Manche ou Atlantique. Dans les zones à marées, connaître la hauteur d’eau à basse mer et à haute mer est indispensable. Le risque d’échouage, à basse mer est réel, et peut être désagréable, voire dommageable pour le bateau. Nous avons tous en tête quelques photos de bateau sur un rocher, au milieu d’une baie. Pour cela, vous pouvez utiliser les sondes des cartes marines. Ces sondes sont la hauteur d’eau lors de la marée basse, au plus fort coefficient.

Au-delà de l’intérêt de ne pas échouer, l’objectif est aussi de calculer le marnage et de connaître la longueur de chaîne à laisser filer. Une ligne de mouillage trop courte risque d’être insuffisante à marée haute.

Calculer le rayon d’évitage du bateau

Enfin, pour terminer, le dernier réflexe à avoir se prend lorsque vous arrivez sur zone. Cette habitude doit être systématique: Regardez autour de vous, si vous avez assez de place pour mouiller. Avec tout ce que nous venons de voir ci-dessus, nous savons maintenant que le bateau risque de bouger, sur son mouillage,au gré du vent, des courants et des marées. On parle de rayon d’évitage.

En effet, sous la contrainte des éléments, le bateau va éviter autour de son ancre.

Généralement, les bateaux bougent plus ou moins en même temps, et de la même manière. Cependant, ce n’est pas toujours le cas. Un dériveur va être plus sensible au vent qu’un quillard, par exemple. Et un voilier moins abrité bougera plus vite. Il est donc important de bien délimiter son rayon d’évitage.

Enfin, certains éléments, eux, ne bougent pas. Il s’agit des rochers ou des bouées;).

Bref, pour résumer, ces 5 points devraient vous permettre d’être plus serein, au fond de votre baie ensoleillée. Et comme toujours, l’anticipation est le maître-mot de nos navigations.

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