À l’occasion du Paris Nautic Show, Marina Ferrari, ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative, et Catherine Chabaud, ministre déléguée chargée de la Mer et de la Pêche, ont annoncé la création de l’Institut national du nautisme (I2N). Ce nouvel établissement public, qui remplace l’École nationale de voile et des sports nautiques (ENVSN), marque une étape majeure pour le secteur. Objectif : répondre aux défis contemporains du nautisme, de la sécurité en mer à la transition écologique, en passant par la formation des professionnels et l’accompagnement des politiques publiques. Décryptage.
À retenir
- L’ENVSN devient l’I2N : l’École nationale de voile et des sports nautiques, créée en 1970 à Saint-Pierre-Quiberon, se transforme en un institut public de référence, sous double tutelle des ministères des Sports et de la Mer.
- Entrée en vigueur : la transition sera effective le 1er janvier 2026.
- Missions élargies : formation, expertise, sécurité, environnement, gestion des usages maritimes, et accompagnement du sport de haut niveau.
- Budget et moyens : 8 millions d’euros annuels, 50 agents, 7 hectares et 10 000 m² de bâtiments à Saint-Pierre-Quiberon.
- Enjeux : structurer une filière qui représente 150 000 emplois, 5 500 entreprises, et un chiffre d’affaires de près de 6 milliards d’euros, dont 80 % à l’export.
La transformation de l’ENVSN en I2N : pourquoi, comment ?
Un héritage de plus de 50 ans
L’ENVSN, fondée en 1970 à Saint-Pierre-Quiberon, a formé des générations de professionnels et accompagné le développement des pratiques nautiques en France. Son rôle historique dans la formation, la recherche et l’innovation en fait un acteur clé du secteur. Le site de Saint-Pierre-Quiberon, reconnu pour ses infrastructures et son environnement marin exceptionnel, reste le cœur de l’I2N. La baie de Quiberon, spot d’entraînement pour les champions et lieu de compétitions prestigieuses, est un atout majeur pour le nouvel institut.
Un élargissement des missions
L’I2N voit ses compétences considérablement étendues :
- Formation et professionnalisation : en lien avec les écoles supérieures maritimes, l’institut contribuera à la formation des professionnels et à l’évolution des certifications du secteur.
- Expertise et conseil : sécurité des activités en mer et en eaux intérieures, préservation de l’environnement marin, gestion des usages du domaine public maritime.
- Sport de haut niveau : accompagnement des disciplines nautiques et subaquatiques, en partenariat avec les fédérations.
- Développement du nautisme : l’I2N sera un opérateur public central pour la mise en œuvre des politiques publiques du secteur.
Une transition structurée
Cette transformation est le fruit de trois ans de travail entre l’établissement et les deux ministères. Un contrat d’objectifs et de performance (COP) 2024-2027 encadre cette transition, garantissant la continuité du service et la valorisation des expertises existantes. Tous les personnels de l’ENVSN rejoindront l’I2N dès le 1er janvier 2026.
Le nautisme en France : chiffres et enjeux
Une filière économique majeure
- 150 000 emplois directs et indirects.
- 5 500 entreprises dans la filière.
- 6 milliards d’euros de chiffre d’affaires, dont 80 % à l’export.
- 4 millions de plaisanciers réguliers et 11 millions de pratiquants de sports nautiques.
Chiffres clés de la filière nautique française (2025)
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Nombre d’emplois | 150 000 |
| Nombre d’entreprises | 5 500 |
| Chiffre d’affaires | 6 Md€ |
| Taux d’export | 80 % |
| Plaisanciers réguliers | 4 millions |
| Pratiquants occasionnels | 10 millions |
Des défis à relever
- Transition écologique : réduire l’impact environnemental des activités nautiques.
- Sécurité en mer : renforcer la prévention et la formation.
- Innovation et souveraineté maritime : maintenir la position de leader européen et mondial de la France.
Saint-Pierre-Quiberon : un territoire stratégique
Un site d’exception
- 7 hectares et 10 000 m² de bâtiments dédiés.
- Un environnement marin unique : la baie de Quiberon est l’un des plus beaux plans d’eau de France, propice à l’entraînement et à l’innovation.
Un écosystème nautique dynamique
- Compétitions internationales : Spi Ouest France, Tour de Belle-Île, etc.
- Formation et recherche : l’I2N s’appuiera sur un réseau local dense d’écoles, de clubs et d’entreprises spécialisées.
La feuille de route nautisme et plaisance 2025-2030
Une stratégie co-construite
Dévoilée lors du Grand Pavois de La Rochelle en septembre 2024, cette feuille de route fixe un cap commun pour l’État et les acteurs de la filière. Ses priorités :
- Attirer davantage de pratiquants vers les métiers du nautisme.
- Accélérer la transition écologique des infrastructures et des pratiques.
- Renforcer la sécurité et la formation des usagers.
Un outil pour les territoires
L’I2N travaillera en étroite collaboration avec les collectivités, les fédérations et les organisations socioprofessionnelles pour mettre en œuvre cette stratégie sur tout le territoire.
Réactions et perspectives
Marina Ferrari et Catherine Chabaud ont souligné l’ambition de cette réforme :
« La mer change, et la politique du nautisme doit changer avec elle. L’I2N sera un pilier de notre souveraineté maritime, un moteur d’innovation, et l’un des vecteurs de la place que la France doit continuer d’occuper : celle d’une grande nation du nautisme, lucide sur les défis qui viennent, et résolue à les relever. »
Catherine Chabaud, ancienne navigatrice, insiste sur l’importance de la double tutelle :
« Les activités nautiques sont au cœur des enjeux de transition écologique et de préservation de nos océans. L’I2N sera notre fer de lance pour accompagner les professionnels et les pratiquants vers des activités plus respectueuses de la biodiversité marine. »
En pratique : ce qui change pour les professionnels et les pratiquants
- Pour les professionnels : de nouvelles formations et certifications, un accompagnement renforcé pour l’innovation et l’export.
- Pour les pratiquants : une meilleure sécurité, des infrastructures plus durables, et une offre de loisirs nautiques plus diversifiée et responsable.
Conclusion
La création de l’I2N marque un tournant pour le nautisme français. En structurant mieux la formation, la sécurité et la transition écologique, l’institut doit permettre à la France de conserver son leadership mondial, tout en relevant les défis environnementaux et sociétaux du XXIe siècle.