Occitanie : la pêche et la pisciculture marine accélèrent leur transition vers un modèle durable

En Occitanie, la filière pêche et pisciculture marine s’engage résolument dans une transition vers un modèle plus durable et résilient. Porté par l’État, la Région, le CRPMEM Occitanie et le Cépralmar, le contrat de filière signé en 2024 mobilise plus de 11 millions d’euros et fédère 41 partenaires autour d’objectifs ambitieux : préservation des ressources, modernisation de la flotte, diversification des activités, et attractivité des métiers. Un point d’étape a été dressé le 24 mars 2026 à Sète, en présence des principaux acteurs régionaux.

À retenir

  • 11 millions d’euros déjà engagés depuis fin 2024 pour moderniser et rendre durable la filière pêche en Occitanie.
  • 130 projets inscrits dans le contrat de filière 2024-2026, visant à adapter la pêche aux défis environnementaux et économiques.
  • 625 navires et 902 marins-pêcheurs en Occitanie, faisant de la région la 2ᵉ flotte de pêche française en nombre d’unités.
  • Nouveaux débouchés : création d’une filière française de production de concombre de mer, restauration écologique des palourdes, et certification « Pêche Durable » pour le thon rouge.
  • Modernisation et décarbonation : création de la fondation Mare Durabilis pour financer la transition énergétique des navires.
  • Cohabitation pêche/éolien en mer : projets pilotes pour concilier activités de pêche et développement de l’éolien offshore en Méditerranée.

Chiffres clés de la filière en Occitanie

Chiffres clés de la pêche en Occitanie (2025-2026)

SecteurDonnées 2025-2026
Flotte625 navires (2ᵉ flotte régionale de France)
Marins-pêcheurs902
Ports et criées70 ports de pêche, 5 points de vente en gros (Port-La Nouvelle, Agde, Sète, etc.)
Production6 500 à 8 000 tonnes de pêche fraîche vendue en criées (38 M€ de CA en 2024)
Espèces débarquéesPlus de 270 espèces, dont 54 % issues de stocks non évalués
Pisciculture marine3 sites (daurade, loup, maigre), 100 emplois ETP
Emplois3 000 à 3 500 emplois directs et indirects

Les axes stratégiques du contrat de filière

1. Préservation des ressources et des milieux marins

Face aux exigences environnementales croissantes, la filière s’adapte :

  • Nouvelle filière française de production de concombre de mer : un projet pionnier en France, avec un potentiel économique et écologique fort, notamment pour la bioremédiation des milieux lagunaires.
  • Restauration écologique des palourdes sur l’étang de Thau.
  • Certification « Pêche Durable » pour le thon rouge : une première en Méditerranée française, garantissant une pêche responsable et traçable.

2. Modernisation et décarbonation de la flotte

  • Création de la fondation Mare Durabilis : pour sécuriser des fonds privés et publics dédiés à la transition énergétique des navires.
  • Appels à projets soutenus par la Banque publique d’investissement (BPI) et des opérateurs privés pour accélérer la rénovation des chalutiers et des petits métiers, très nombreux en Occitanie.

3. Cohabitation pêche/éolien en mer

  • Projet Fishwind : expérimentation de solutions pour concilier pêche professionnelle et parcs éoliens (engins dormants, modules immergés éco-conçus).
  • Coopérative Pêcheurs Méditerranée Services (PMS) : services de transport de personnels pour les développeurs éoliens, et mesures de compensation pendant les travaux.

4. Emploi et attractivité des métiers

  • Promotion des métiers : salons, forums, retours d’expérience sur la formation continue.
  • Projet « Tohu bahuts » : collaboration entre les lycées maritimes de Sète et des autres façades pour échanger les bonnes pratiques entre jeunes pêcheurs.

Les défis à relever

  • Adaptation au changement climatique : hausse des températures, modification des stocks halieutiques, gestion des prédateurs.
  • Concurrence internationale : fluctuation des cours du pétrole, pression sur les coûts de production.
  • Attractivité des métiers : vieillissement des marins-pêcheurs, besoin de renouvellement des générations.

Perspectives et enjeux pour 2026-2030

  • Poursuite des investissements dans l’innovation et la décarbonation.
  • Renforcement des partenariats entre pêcheurs, scientifiques, et développeurs d’énergies marines renouvelables.
  • Valorisation des produits locaux via les écolabels et la traçabilité, pour répondre à la demande croissante de consommation responsable.

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