Le 7 juin 2026, neuf skippers s’élanceront des Sables-d’Olonne pour une aventure unique : la troisième édition de la Vendée Arctique. Cette course en solitaire, sans escale et sans assistance, les emmènera vers le cercle polaire arctique, dans des conditions réputées pour leur rudesse. Avec un parcours libre et un format inédit, cette épreuve s’annonce comme un défi humain et technique, à la fois test et tremplin vers le Vendée Globe 2028.
À retenir
- Départ : 7 juin 2026 à 13h02 depuis Les Sables-d’Olonne.
- Format inédit : Parcours libre vers le cercle polaire arctique (66°N), à la longitude de leur choix, puis retour.
- 9 skippers en lice, dont 3 femmes et 6 hommes, avec 7 novices sur cette épreuve.
- Durée estimée : 8 à 10 jours de course, dans des conditions météo instables et un froid permanent.
- Enjeu : Première étape qualificative pour le Vendée Globe 2028, test technique et humain pour les skippers et leurs IMOCA.
Ils seront neufs sur la ligne de départ. En gros, une grande partie des skippers présents sur la 100 Race seront là plus quelques autres. Et il faut bien avouer que ce nombre semble encore faible, le Vendée Globe est dans 2 ans. Mais, je pense que ceux qui commencent tôt pourront espérer marquer l’histoire de la Route du Rhum, qui arrive bientôt.
Un défi polaire réinventé
La Vendée Arctique – Les Sables d’Olonne entame sa troisième édition avec une formule audacieuse : plus de parcours imposé. Les neuf skippers engagés devront rallier le cercle polaire arctique (66° Nord) à la longitude de leur choix, avant de revenir à leur port de départ. Une liberté stratégique totale, mais aussi une responsabilité accrue, dans une zone où les systèmes météorologiques sont complexes, instables et violents.
Cette année, la course s’inscrit comme la première épreuve qualificative pour le Vendée Globe 2028, confirmant son rôle clé dans la préparation des skippers et de leurs bateaux. Le village de la course, ouvert du 30 mai au 7 juin, accueillera le public pour des animations et des rencontres avec les marins.
Les favoris et les outsiders
Sam Goodchild, le champion sous pression
- Skipper : MACIF Santé Prévoyance (IMOCA vainqueur du Vendée Globe 2024-2025).
- Palmarès 2026 : Vainqueur de la 1000 Race (première épreuve de la saison IMOCA), avec près de 100 milles d’avance sur son premier poursuivant.
- Déclaration : « La Vendée Arctique, c’est d’abord un retour à la voile en solitaire, un sacré défi. Il faut tout gérer seul : sommeil, alimentation, navigation. La moindre erreur peut coûter très cher. »
- Objectif : Confirmer sa domination après un début de saison réussi, en vue de la Route du Rhum 2026 et du Vendée Globe 2028.
Les autres prétendants
| Skipper | Bateau | Expérience Vendée Arctique | Objectif |
|---|---|---|---|
| Corentin Horeau | MACSF | 1ère participation | Top 3 |
| Elodie Bonafous | Association Petits Princes-Quéguiner | 1ère participation | Découverte et performance |
| Violette Dorange | Initiatives-Cœur | 1ère participation | Apprentissage |
| Ambrogio Beccaria | Allagrande MAPEI | 1ère participation | Stratégie et vitesse |
| Francesca Clapcich | 11th Hour Racing | 1ère participation | Expérience polaire |
| Manuel Cousin | Coup de Pouce | 2ème participation | Revanche après 2022 |
| Arnaud Boissières | April Marine-Recherche Co-Partenaire | 2ème participation | Préparation Vendée Globe 2028 |
Un parcours sans filet

Les défis météo et géographiques
- Systèmes météorologiques : Les skippers devront traverser des dépressions en mouvement rapide, avec des alternances de vent violent, du brouillard, et des températures proches de 0°C.
- Zones d’exclusion :
- Glaces : Une zone interdite longe les côtes du Groenland pour éviter les icebergs et growlers (blocs de glace dérivants).
- Biodiversité : Respect des zones de protection des mammifères marins (baleines, phoques).
- Stratégie : Choix cornélien entre une route directe et risquée (à l’est de l’Islande) ou plus sécurisée mais longue. « Ce sera comme les premières heures d’une transat, mais en boucle pendant 8 à 10 jours », résume Sam Goodchild.
Les leçons des éditions précédentes
| Édition | Parcours | Conditions | Abandons | Vainqueur |
|---|---|---|---|---|
| 2020 | Tour de l’Islande | Météo capricieuse, glaces | 5 | Charlie Dalin (APIVIA) |
| 2022 | Tour de l’Islande | Dépression violente | 5 (course arrêtée au 4ème jour) | Charlie Dalin (APIVIA) |
| 2026 | Libre vers 66°N | Systèmes météo instables | ? | À venir |
Les IMOCA à l’épreuve du Grand Nord
Les bateaux engagés sont des monocoques de 18,28 mètres (60 pieds), conçus pour la performance en solitaire. Leurs caractéristiques :
- Matériaux : Composite carbone/kevlar pour un rapport poids-rigidité optimal.
- Vitesse : Jusqu’à 40 nœuds (75 km/h) au portant pour les foilers dernière génération.
- Adaptations : Renforts structurels pour résister aux chocs avec des glaces ou débris, systèmes de chauffage pour les équipements électroniques.
« Sur la Vendée Arctique, ces 50 nœuds peuvent être au près comme au portant. J’ai préparé le bateau pour le Vendée Globe, par expérience », explique Arnaud Boissières.
Pourquoi cette course compte
- Test grandeur nature : Validation des choix techniques (foils, quilles, pilotes automatiques) et de la résistance humaine en conditions extrêmes.
- Préparation Vendée Globe 2028 : « C’est une étape capitale : me démontrer que je suis capable de faire une course rapide, une bonne course », souligne Arnaud Boissières, quintuple participant au Vendée Globe.
- Enjeu sportif : La Vendée Arctique pourrait redessiner la hiérarchie de la classe IMOCA avant la Route du Rhum 2026.
Le mot de la fin
« La pression vient surtout de moi. L’équipe aime gagner, c’est certain. Mais on continue de se poser les bonnes questions, parce que c’est ça, la course au large : toujours chercher à faire mieux. » — Sam Goodchild, skipper de MACIF Santé Prévoyance