Comment contrôler son gréement dormant?

Régulièrement pendant une saison de navigation, mais aussi lors de l’hivernage du bateau ou encore avant la remise à l’eau, le gréement d’un voilier doit être vérifié de façon minutieuse, en mer et en escale.

Avec le moteur, le gréement est sans doute le sujet le plus souvent échangé sur les pontons.

  • Est ce que je dois le régler comme ceci ou comme cela?
  • Si je navigue seulement avec le génois, cela ne risque pas d’user le pataras ou l’étai?
  • Mon étai est-il assez tendu?
  • Et surtout: Combien d’année peut durer mon gréement dormant?

dans les faits, il est assez difficile de définir la durée de vie du gréement d’un voilier. Les experts et professionnels, s’accordent sur le fait qu’une dizaine d’années peut sembler un délai cohérent avant de changer les haubans, bas-haubans, étai et autres pataras. mais dans le même temps, certains propriétaires de bateaux ont conservé leur gréement dormant beaucoup plus longtemps. J’ai rencontré, par exemple, des plaisanciers très expérimentés qui naviguaient avec le même gréement depuis 20 ans. Est-ce raisonnable ou imprudent? Tout dépendra, dans les faits, de l’utilisation de bateau, du type de gréement et du bon réglage de celui-ci.

A mon avis, mais je suis prêt à être contredit par des plus expérimenté que moi, le bon sens voudrait de surveiller régulièrement son gréement et de le changer dès l’apparition d’un signe qui pose question.

Les causes de l’usure du gréement dormant

gréements voiliersSi un gréement métallique peut sembler, techniquement, increvable, ce n’est pas réellement le cas. En effet, un câble de gréement, hauban, étai ou pataras va vieillir avec le temps. Si l’oxydation peut avoir une incidence, avec le temps, sur les métaux, un câble de gréement dormant va surtout s’abimer suite aux efforts qu’il va subir. Les professionnels appellent cette usure, la fatigue. Il est vrai que le gréement est, pour ainsi dire, toujours sollicité, même au mouillage. Il ne reste jamais sous la même tension et va donc subir des efforts irréguliers.

Prenons, par exemple, la balancine qui prend le vent, ou une drisse en surtension. Ces dernières vont abîmer le mât, en tapant, et le gréement, dans le temps. Prenons un deuxième exemple, en navigation, vous avez déjà tous remarqué le hauban sous le vent, qui oscille, au près notamment. Et bien celui-ci va s’user plus rapidement que celui qui est sous tension, au vent, là encore.

Mais à mon avis, dans tous les cas, le câble le plus fragile, celui qui subit le plus d’effort, est l’étai. En effet ce dernier, lorsque le bateau est équipé d’un génois sur enrouleur, va subir des torsions lors des manœuvres de la voile d’avant. Il sera sollicité à chaque enroulement et déroulement du génois. L’étai vieillira donc beaucoup plus vite. C’est pour cela que j’ai tendance à le changer plus souvent personnellement.

schéma_gréeement_dormant

Pour ralentir l’usure de celui-ci, commencez par bien régler votre gréement. Ensuite, contrôlez-le régulièrement.

Comment contrôler son gréement dormant?

Le contrôle du gréement devra être effectué régulièrement, au même titre que les voiles, en partant du pied de mât aux cadènes de haubans. L’hivernage du bateau est un bon moment pour s’attarder sur le gréement dormant et le vérifier. Bien évidemment, si le voilier est démâté, ce sera plus simple. Sinon, il faudra, à un moment, monter jusqu’en tête de mât.

Contrôlez le mât du bateau

Vérifiez tout d’abord si vous voyez des débuts de fissures et de la corrosion au niveau du pied de mât. Autant vous dire, que si le mât semble avoir pris un coup, l’oeil d’un expert devient indispensable. Dans le même temps, prenez le temps de vérifier les différentes fixations des winchs, des bloqueurs, ainsi que les rivets pop. Enfin, contrôlez les réas, des fissures peuvent apparaître à ces endroits

Inspectez les haubans

Les câbles doivent, eux aussi, être vérifié tous les ans. Le plus important est de vérifier que des torons ne sont pas cassés. Si le bateau est dématé, prenez le temps de passer votre main sur toute la longueur du câble. De cette façon, vous pourrez sentir si un toron est cassé. mais attention à votre main quand même… Vous pouvez aussi utilisez des gans en laine. Si un toron est abîmé, le laine se prendra dedans.

gréement bateau

Dans le même temps, contrôlez les cadènes, les ridoirs, leur fonctionnement. Portez un attention particulière sur l’embout des câbles  ainsi que le bon alignement de ces derniers , c’est par là que le mal peut intervenir en premier. Vérifiez, enfin, les reprises de cadènes, à l’intérieur du bateau. C’est aussi l’occasion de regarder s’il n’y a pas d’infiltrations d’eau.

Remontez vers la tête de mat

tête de mât

Ensuite, vérifiez le gréement en montant, pour un contrôle des caces-ridoirs, des filetages, ainsi que le bon état des goupilles. Recherchez aussi tout début de fissure et de corrosion au niveau des barres de flèche.

Enfin, arrivés en haut, nous contrôlerons la tête de mat et les réas de drisses ( à la recherche de fissures, voir si elles tournent bien,s’assurer du bon passage des drisses…).

En cas de doute, n’hésitez pas à contacter un gréeur, ils proposent tous des contrôles techniques du gréement.

7 réflexions au sujet de “Comment contrôler son gréement dormant?”

  1. J epense acheter un Bavaria Vision 50 de 2007 qui a fait beaucoup de régates ou courses croisières. Est-ce que le surveyor est capable de détecter les usures sur le gréement ou dois-je faire appel à un « gréeur »? Connaissez-vous un surveyor/gréeur qui pourrait m’accompagner à l’étranger pour vérifier le bateau?
    Merci

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