Après une escale technique de quatre heures seulement à Lanzarote pour réparer leur système de quille, Elodie Bonafous et Yann Eliès ont remis leur IMOCA « Association Petits Princes – Quéguiner » en course, déterminés à combler leur retard sur les leaders. Leur stratégie et leur mental d’acier pourraient bien rebattre les cartes d’une Transat Café L’Or 2025 plus ouverte que jamais.
À retenir
- Escale express : Le duo a effectué une réparation chirurgicale en 4h à Lanzarote, sans perdre de temps supplémentaire.
- Course serrée : Plus de 2 000 milles restent à parcourir jusqu’à Fort-de-France, avec des conditions météo changeantes et un classement encore incertain.
- Duo expérimenté : Elodie Bonafous, 30 ans, et Yann Eliès, figure majeure de la course au large, naviguent ensemble pour la première fois sur une transatlantique, avec un objectif clair : apprendre, performer et préparer le Vendée Globe 2028.
- Engagement solidaire : Leur bateau porte les couleurs de l’Association Petits Princes et du Groupe Quéguiner, alliant performance et cause humanitaire.
- Enjeu stratégique : La trajectoire entre les Canaries et la Martinique exige précision et audace, avec un anticyclone des Açores à contourner et des alizés à optimiser.
Le contexte : une Transat Café L’Or 2025 sous haute tension
La 17e édition de la Transat Café L’Or, partie du Havre le 26 octobre, rassemble 74 bateaux répartis en quatre classes. Le parcours, raccourci cette année en raison des conditions météo, reste exigeant : 4 350 milles pour les IMOCA, avec une arrivée prévue à Fort-de-France en Martinique. Les écarts entre les concurrents sont minces, et chaque choix tactique peut faire la différence.
Elodie Bonafous et Yann Eliès, à bord de leur IMOCA flambant neuf, font partie des outsiders à suivre. Leur projet allie ambition sportive et engagement sociétal, avec le soutien de l’Association Petits Princes, qui réalise les rêves d’enfants gravement malades, et du Groupe Quéguiner.
L’incident et la réparation : quatre heures pour tout changer
Samedi 1er novembre, alors que le duo progressait entre le Sahara occidental et le Cap-Vert, un problème sur le système de quille les a contraints à une escale imprévue à Lanzarote. « Quatre heures d’arrêt, pas une de plus », résume l’équipe. La réparation, menée avec précision, a permis de remettre le bateau à 100 % de ses capacités. « On est repartis comme si rien ne s’était passé, avec la même intensité et la même dynamique positive », confie Elodie Bonafous.
La stratégie : jouer la finesse et la concentration
Depuis leur redépart, les conditions sont idéales : mer plate, alizés stables, lumière blanche. Pourtant, la course est loin d’être simple. « L’enjeu, c’est de rester sur ce bord tribord amure, en travaillant chaque détail pour trouver le meilleur compromis entre vitesse et trajectoire », explique la navigatrice. Le risque ? Se faire aspirer vers le vide au nord ou allonger inutilement la route au sud.
« On navigue comme si on était en tête de flotte, avec les mêmes exigences », insiste Yann Eliès. Leur approche : rester concentrés, anticiper les bascules météo, et saisir la moindre opportunité pour revenir sur les leaders.
Le mental, arme secrète des grands marins
Les transatlantiques se gagnent souvent sur des nuances. « Rien n’est figé. Une bascule, un grain, et tout peut rebouger », rappelle Elodie Bonafous. Le duo mise sur leur complémentarité : l’expérience de Yann Eliès et la détermination d’Elodie, qui découvre la transat en IMOCA mais a déjà prouvé son potentiel en Figaro et en équipe.
« Le mental n’est jamais de l’ornement. C’est l’outil déterminant quand le tableau de marque ne sourit pas », souligne Yann Eliès. Leur force ? Croire au mouvement, à la possibilité de renverser la tendance, sans jamais baisser la garde.
L’engagement solidaire : un bateau au service d’une cause
Le projet « Association Petits Princes – Quéguiner » va bien au-delà de la performance pure. Le bateau est le vecteur d’un partenariat inédit entre le Groupe Quéguiner et l’Association Petits Princes, qui fête en 2025 ses 10 000 rêves réalisés pour des enfants gravement malades. « C’est une fierté de mettre la visibilité de la course au large au service d’une cause aussi essentielle », explique Bertrand Quéguiner, directeur de l’écurie Horizon 29.
Classement et perspectives : tout reste possible
À mi-parcours, le duo pointe à quelques dizaines de milles des leaders, dans un peloton resserré. Les prochaines 48 heures seront décisives, avec des choix tactiques cruciaux pour aborder la seconde moitié de l’Atlantique. « On ne s’interdit rien. Si une option plus au sud se présente, on la prendra », assure Elodie Bonafous.
| Position | Bateau | Skippers | Écart sur le 1er |
|---|---|---|---|
| 1 | 11th Hour Racing | Francesca Clapcich / Will Harris | – |
| 2 | Paprec Arkéa | Yoann Richomme / Corentin Horeau | +15 milles |
| 3 | Allagrande Mapei | Ambrogio Beccaria / Thomas Ruyant | +22 milles |
| 4 | Association Petits Princes – Quéguiner | Elodie Bonafous / Yann Eliès | +38 milles |
| 5 | Charal | Jérémie Beyou / Morgan Lagravière | +45 milles |
Elodie Bonafous et Yann Eliès ont prouvé qu’ils savaient rebondir. Leur capacité à garder le cap, malgré les aléas, pourrait bien les propulser sur le podium. À suivre jusqu’à l’arrivée à Fort-de-France, prévue dans les prochains jours.