Le Gin Fizz est un voilier de croisière hauturière, dessiné par Michel Joubert et produit par le chantier Jeanneau entre 1974 et 1981. Avec 494 exemplaires construits, il s’est imposé comme l’un des voiliers les plus populaires de sa génération, notamment pour son rapport qualité-prix et sa robustesse à toute épreuve. Homologué en 1re catégorie de navigation, il est taillé pour les grands voyages, tout en restant accessible financièrement, contrairement à des modèles comme le Romanée, plus onéreux mais partageant la même philosophie de liberté et d’aventure maritime.
Le Gin Fizz se décline en deux versions : sloop (1 mât, gréement en tête) et ketch (2 mâts). Son cockpit central, spacieux et ergonomique, en fait un bateau particulièrement adapté aux mers chaudes, où la vie à l’extérieur prime sur celle dans le carré. Sa cabine arrière indépendante offre un confort appréciable pour l’équipage, tandis que son volume intérieur supérieur à la moyenne pour l’époque en fait un voilier très habitable.
À retenir
- Bateau mythique : Symbole de la voile hauturière et de l’esprit de liberté, le Gin Fizz a marqué l’histoire du nautisme par sa polyvalence et son accessibilité.
- Robustesse : Coque en polyester monolithique, surdimensionnée, et structure renforcée (double épaisseur jusqu’au-dessus de la flottaison, haubanage à 4 bas-haubans, pont sandwich rigide).
- Plan de pont pratique : Cockpit central spacieux, jupe arrière pour la baignade, et aménagement intérieur optimisé pour la vie en mer.
- Volume intérieur généreux : Cabine arrière indépendante, carré fonctionnel, et couchettes adaptées à la navigation hauturière.
- Prix abordable : Sur le marché de l’occasion, un Gin Fizz se trouve entre 20 000 € (Antilles, Canaries) et 40 000 € pour une unité prête à naviguer en Europe.
- Finition à revoir : Les finitions d’origine, typiques des Jeanneau des années 1970-80, sont souvent jugées « cheap » et nécessitent un rafraîchissement (peinture, menuiserie, électricité, plomberie).
Histoire du Gin Fizz de Jeanneau

Le Gin Fizz est né dans un contexte où la plaisance hauturière commence à se démocratiser. Conçu par Michel Joubert, alors jeune architecte naval, il est lancé en 1974 par le chantier Jeanneau, en Vendée. Sa production s’achève en 1981, après 494 exemplaires sortis des chantiers. Le Gin Fizz est aussi construit sous licence par Gibert Marine sous le nom de Gib’Sea 37, avec quelques différences mineures d’aménagement et de plan de pont, sous gréement Ketch.
À l’époque, le Gin Fizz se positionne comme une alternative plus abordable au Romanée, autre voilier hauturier réputé, mais bien plus cher. Son programme est clair : offrir un bateau costaud, marin, et polyvalent, capable de s’adapter à la croisière familiale et aux grandes traversées. Son nom, inspiré du célèbre cocktail, reflète l’esprit festif et décontracté de ses concepteurs, tout en soulignant son côté accessible et convivial.
Le Gin Fizz est conçu pour être peu coûteux à produire, grâce à une construction en grande série. Cela explique certains compromis, comme l’utilisation d’un mât lourd et surdimensionné (le même pour les versions sloop et ketch), ou des finitions intérieures moins soignées que sur des modèles plus haut de gamme. Pourtant, sa structure ultra-robuste (coque en double épaisseur, lest en fonte à grande surface d’assise) en fait un bateau extrêmement sûr, capable d’affronter les pires conditions météo sans broncher.
Concurrents de l’époque : Romanée (plus cher et plus prestigieux), Sun Fizz (successeur direct, plus moderne), et certains modèles Bénéteau ou Westerly de taille similaire.
Aménagements intérieurs
Le Gin Fizz se distingue par un volume intérieur exceptionnel pour un voilier de 11,40 m. Son aménagement est pensé pour la vie à bord, avec une cuisine en L (ou parfois en U selon les versions) située à la descente, un carré spacieux avec table à cartes, et une cabine arrière indépendante qui préserve l’intimité de l’équipage. La hauteur sous barrot (jusqu’à 1,90 m) est généreuse pour l’époque, et les couchettes de mer (dont la célèbre « couchette cercueil » du navigateur) sont bien conçues pour les longues traversées.

L’agencement intérieur, bien que fonctionnel, peut paraître sombre en raison des petits hublots et des cloisons en acajou contreplaqué, souvent repeintes en blanc par les propriétaires pour gagner en luminosité. Les toilettes sont généralement situées à tribord, près de la descente, et la cabine avant offre un espace de couchage supplémentaire. Certains propriétaires ont modifié l’aménagement d’origine pour gagner en confort, notamment en ouvrant le carré ou en ajoutant des ouvertures pour plus de lumière.

Le plan de pont est l’un des atouts majeurs du Gin Fizz : cockpit central très abaissé, passages latéraux sécurisés, et jupe arrière (ou plateforme) pour faciliter les baignades. La barre à roue est bien positionnée, et les winchs (souvent des ST40 ou H48) sont accessibles depuis le cockpit, ce qui facilite les manœuvres en solo ou à deux.
Qualités marines
Le Gin Fizz est avant tout un bateau marin, conçu pour tenir la mer dans toutes les conditions. Sa coque large (3,76 m) et son lest généreux (2,7 à 2,9 tonnes selon les versions) lui confèrent une stabilité remarquable, même par gros temps. Les propriétaires s’accordent à dire qu’il ne tape pas dans le clapot et qu’il tient bien le cap, même avec un vent apparent élevé.
En navigation, le Gin Fizz se comporte très bien au près (jusqu’à 15 nœuds de vent apparent avec une configuration GV + génois), mais il est paresseux par petit temps, en raison de son poids et de sa voilure importante (jusqu’à 82 m² selon les versions). La version sloop est généralement préférée à la version ketch, jugée moins performante et plus complexe à régler. Cependant, certains défenseurs de la version ketch soulignent son équilibre parfait et sa facilité de manœuvre en réduisant la voilure sur l’artimon plutôt que sur la grand-voile.
Sa vitesse critique est d’environ 7,34 nœuds, ce qui en fait un voilier rapide pour son époque, mais pas un foudre de guerre. En revanche, sa tenue en mer et sa capacité à encaisser les vagues en font un bateau idéal pour les grands voyages, comme en témoignent les nombreux tours du monde et traversées de l’Atlantique réalisés à son bord.
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Avis des propriétaires
Les retours des propriétaires sont unanimement positifs sur la robustesse et la fiabilité du Gin Fizz. Voici quelques témoignages marquants :
- « C’est un bateau marin, robuste, simple et fiable. J’ai eu jusqu’à 55 nœuds de vent avec lui, et à aucun moment il n’a eu un comportement dangereux. » (Propriétaire d’un Gib’Sea 37, version ketch du Gin Fizz)stw.fr.
- « Le Gin Fizz est un excellent choix pour les candidats au grand voyage. Beaucoup d’unités sont déjà équipées pour la croisière, ce qui représente une économie conséquente. » (Bateaux.com)bateaux.com.
- « La coque et le lest sont exceptionnellement solides. Tout ce qui concerne le matériel rapporté (électricité, plomberie, accastillage) prend son âge, mais la structure, elle, tient le coup. » (Propriétaire et expert maritime)mata-i-nautisme.fr.
- « Paresseux par petit temps, mais incroyablement sûr et confortable par gros temps. La version sloop est plus performante et plus facile à mener. » (Avis partagé par plusieurs propriétaires)bateaux.com.
- « Les finitions d’origine sont à revoir : pont en sandwich à surveiller (humidité), hublots à remplacer, électricité à refaire. Mais une fois rénové, c’est un bateau qui peut partir pour un tour du monde sans problème. » (Retour d’expérience de rénovation complète)hisse-et-oh.com.
Les points faibles les plus souvent cités :
- Finitions intérieures et extérieures : Pont en sandwich sensible à l’humidité, hublots fuyards, électricité et plomberie vieillissantes.
- Mât d’origine trop lourd : Un remplacement par un mât moderne (type Sparcraft) améliore considérablement les performances.
- Version ketch moins performante : Le mât avant trop avancé et le poids du gréement déséquilibrent le bateau, sauf à prévoir des ajustements (réduction de la grand-voile, optimisation de l’artimon).
- Intérieur sombre : Les petits hublots et les cloisons en acajou foncé rendent l’espace moins lumineux que sur des modèles plus récents.
Fiche technique Gin Fizz
| Catégorie | Valeur |
|---|---|
| Chantier | Jeanneau (France) / Gibert Marine (Gib’Sea 37) |
| Architecte | Michel Joubert |
| Année de lancement | 1974 |
| Année de fin de production | 1981 |
| Nombre d’exemplaires | 494 (Jeanneau) + Gib’Sea 37 |
| Longueur hors tout | 11,70 m |
| Longueur de coque | 11,40 m |
| Longueur à la flottaison | 9,15 m |
| Largeur (Bau) | 3,76 m |
| Tirant d’eau | 1,90 m (standard) / 2,05 m (selon sources) |
| Tirant d’air | 20,6 m |
| Déplacement lège | 7 000 kg (6 940 kg selon certaines sources) |
| Lest | 2 700 kg (fonte) / 2 890 kg (selon versions) |
| Rapport lest/déplacement | 39 % / 0,37 |
| Jauge | 13,63 Tx |
| Catégorie de navigation | 1 (Hauturière) |
| Type de coque | Monocoque en polyester monolithique (double épaisseur à la flottaison) |
| Type d’appendices | Quille fixe à bulbe |
| Barre | Barre à roue |
| Safran | Simple, semi-suspendu |
| Gréement | Sloop Marconi en tête (ou Ketch) |
| Mât | Aluminium (d’origine lourd, souvent remplacé par un mât moderne) |
| Surface de voilure | 77,5 m² (au près) / 137 m² (au portant) |
| Grand-voile | 27 m² (jusqu’à 30 m² selon les versions) |
| Génois | 41,5 m² à 50,5 m² |
| Spi symétrique | 110 m² |
| Tourmentin | 9 m² |
| Trinquette | 27 m² |
| Moteur | 1 x 30 CV (Diesel, souvent Perkins 4108) |
| Capacité carburant | 150 litres |
| Capacité eau douce | 200 à 300 litres |
| Capacité glacière/frigo | 110 litres |
| Hauteur sous barrot | 1,85 m (carré) / 1,40 m (cabine arrière) |
| Nombre de cabines | 2 à 3 (selon aménagements) |
| Nombre de couchages | 5 à 10 (selon configuration) |
| Nombre de toilettes | 1 |
| Prix occasion (2026) | 20 000 € (Antilles/Canaries) à 40 000 € (Europe, prêt à naviguer) |
Observation finale : Le Gin Fizz reste, près de 50 ans après son lancement, un voilier intemporel, alliant robustesse, volume intérieur, et accessibilité financière. Son esprit de liberté et sa capacité à affronter les océans en font un classique indémodable pour les amateurs de grande croisière. Si les finitions d’origine sont à prévoir dans le budget, sa structure et son comportement en mer en font un investissement sûr pour ceux qui rêvent de grand large sans se ruiner.