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Glénan : 3 tonnes de mouillages illégaux retirées pour sauver les herbiers de zostère

L’archipel des Glénan, surnommé les « Caraïbes bretonnes » pour ses eaux turquoise et ses plages de sable blanc, est un joyau écologique à 15 km au large de Fouesnant. Classé en Zone Natura 2000, il abrite des espèces végétales endémiques (comme le Narcisse des Glénan) et des herbiers de zostère, véritables « prairies sous-marines » qui :

  • Servent de nurserie pour de nombreuses espèces marines (poissons, crustacés, mollusques).
  • Stabilisent les sédiments et protègent le trait de côte contre l’érosion.
  • Capturent du CO₂, contribuant à la lutte contre le réchauffement climatique.

Or, la multiplication des mouillages sauvages (blocs béton, chaînes, ancres) dégrade ces habitats fragiles. Le ripage répété des chaînes arrache les zostères et perturbe la faune. En Bretagne, la réglementation interdit déjà la pêche à pied dans ces zones, mais les mouillages illégaux restaient un fléau difficile à endiguer.

À retenir

  • 16 mouillages non autorisés (blocs béton, chaînes, ancres) ont été retirés le 26 mai 2026 dans l’archipel des Glénan, soit 3 tonnes de matériaux.
  • Objectif : protéger les herbiers de zostère, habitats clés pour la biodiversité marine, menacés par le ripage des chaînes et le piétinement.
  • Acteurs : État (Préfecture du Finistère, Préfecture maritime de l’Atlantique, DIRM, Gendarmerie maritime), commune de Fouesnant et Communauté de communes du Pays Fouesnantais.
  • Contexte : L’archipel, classé Natura 2000, subit une fréquentation record (plusieurs dizaines de milliers de visiteurs par an), avec des impacts irréversibles sur ses écosystèmes.

Une intervention coordonnée et symbolique

Le déroulement

  • Date : 26 mai 2026.
  • Moyens : 18 agents (plongeurs, gendarmes maritimes, personnels des Phares et Balises), partis de Concarneau et Port-La-Forêt.
  • Zones ciblées : Saint-Nicolas, Loc’h, Drénec, Cigogne.
  • Bilan :
    • 16 mouillages retirés.
    • 3 tonnes de matériaux extraits (blocs béton, 37 m de chaîne lourde, 40 m de chaîne légère, ancres).
    • Recyclage : Les chaînes et le béton seront réutilisés par la Division Phares et Balises pour ses travaux de balisage.

Les défis

  • Malveillance : Certains plaisanciers avaient sectionné les bouts de leurs bouées, laissant volontairement les blocs au fond pour entraver l’opération.
  • Message clair : L’État et les collectivités rappellent que le domaine public maritime ne peut être approprié sans titre d’occupation. Une responsabilité collective est attendue de la part des usagers.

Un projet de préservation ambitieux

Cette opération s’inscrit dans un plan global lancé en 2025, après l’abandon du projet d’extension de la Réserve Naturelle Nationale (RNN) de Saint-Nicolas. Les acteurs locaux (État, Fouesnant, CCPF) ont choisi une approche coconstruite, avec :

  • Un arrêté interpréfectoral pour harmoniser la réglementation et protéger les sites à forts enjeux écologiques.
  • Une étude de faisabilité pour instaurer une jauge globale de fréquentation de l’archipel.
  • Des mesures expérimentales en 2026 :
    • Régulation de l’accès à certains îlots.
    • Adaptation du balisage.
    • Renforcement de la surveillance.
    • Déploiement de mouillages écologiques (déjà installés dans les zones principales).

Et après ?
Un retour d’expérience sera organisé prochainement, et d’autres actions suivront pour faire des Glénan un archipel vivant, accueillant et préservé. La question reste : les plaisanciers et touristes joueront-ils le jeu ?

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