Sauvegarder le patrimoine maritime

La sauvegarde de notre patrimoine maritime est un impératif moral et historique. Quelles sont les solutions pour que ces bateaux continuent de naviguer ?

Du vieux gréement à la belle plaisance en passant par le yachting, notre patrimoine maritime nécessite une attention de plus en plus importante. Plus les décennies passent, plus les bateaux de collection sont nombreux. Si on rajoute les constructions «  à l’identique » d’anciens bateaux de travail, tout ce patrimoine nécessite un fort investissement financier, mais aussi humain.

L’état participe à l’entretien de certains bateaux via le Patrimoine Maritime et Fluvial. Cela concerne 140 bateaux, à ce jour. Cependant, ce label permet de bénéficier de mouillages gratuits et d’éventuelles subventions. Cependant, ces subventions ne paient pas l’ensemble de l’entretien du bateau.

De son côté, le label Bateau d’Intérêt patrimonial, le BIP, ne permet pas  de recevoir des subventions particulières de l’état. Pour sauvegarder ce patrimoine maritime, il faut donc trouver des solutions complémentaires.

Vieux gréements
Image par Phil59 de Pixabay

Un patrimoine maritime en danger

Les vieux gréements, les voiliers dits de « la belle plaisance » et les anciens yachts à moteur demandent un entretien très régulier. De plus cet entretien couteux, lié souvent aux structures en bois, est régulièrement majoré de travaux de gros œuvres, voire d’un refit complet.

Ces travaux entrainent donc des couts importants. Entre la reprise des œuvres vives ou du pont, souvent en bois, des moteurs et de l’éventuel gréement, tous ces postes peuvent mettre en danger l’existence même du bateau. Si la survie de certains voiliers mythiques comme les Pen Duick ou la Recouvrance sont plus ou moins assurées, nombre de bateaux historiques sont, tous les ans, en sursit pour continuer à naviguer.

On ne compte plus les déboires de certains bateaux comme le Corentin, à Quimper, ou la flotte des Etoiles, à Saint Malo, dont l’histoire aurait put se terminer se terminer en 2015, après le dépot de bilan de la société Etoile Marine. Pour préserver ce patrimoine maritime, il existe plusieurs solutions, de l’associatif à la gestion privée.

La transformation en bateau de luxe ou de réception

De plus en plus de bateaux sont maintenant gérés par des armateurs privés. Le plus célèbre est bien évidemment Yves Escoffier et son armement Etoile Marine, à Saint Malo, qu’il a revendu il y a quelques années. Dans le même temps,  d’autres armements ont opté pour des programmes bien différents. Il est, par exemple, possible de profiter d’un bateau de luxe comme un yacht à moteur ou un clipper, sur la Seine, à Paris. je pense notamment à un bateau parisien qui propose des salons de luxe pour des réceptions professionnelles ou privées. Cette activité touristique permet de faire naviguer ces bateaux tout en assurant un entretien régulier et fiable, sécurité oblige.

Un autre exemples, assez célèbre, se trouve sur le Nil. Certains bateaux naviguant sur ce fleuve, et proposant des croisières de luxe, ont plus de 150 ans. Le Steam Ship Sudan, par exemple, propose des croisières intimistes, avec 24 cabines uniquement. Le bateau possède toujours les mêmes moteurs et le même mécanisme qu’à son lancement, en 1885.

Les yachts à voiles, du type plan Fife, sont eux, souvent, la propriété de riches familles ou personnalités. Ces bateaux naviguent généralement pour des régates bien précises, comme les régates Royales de saint Tropez, et sont financés sur les fonds propres de leurs propriétaires.

bateau de luxe

Les associations et les mécènes

La deuxième solution est de créer une association. Le choix de l’association est le plus répandu en France, notamment. La grande majorité des vieux gréements est gérée par des associations de type Loi 1901. Ces associations ont pour but de trouver des financements, souvent des subventions, et de créer un programme de navigation, tout en assurant l’entretien du bateau.

Il faut bien reconnaitre que pour nombre de bateaux de travail ou voiliers de tradition, le choix de l’association est souvent la seule alternative possible. En effet, il est difficile de rentabiliser certains bateaux. Sans fonds publics et sans l’engagement des bénévoles, ces bateaux auraient disparu. C’est le cas par exemple de La belle Angele de Pont Aven ou de la Granvillaise, de Granville. Sans les bénévoles, ces bateaux dormiraient dans une vasière depuis bien longtemps.

Dans le même temps, certaines associations trouvent des mécènes qui vont s’engager, pour une durée déterminée, à assurer l’entretien du bateau et la communication de celui-ci. C’est le cas, pour les plus grands bateaux comme, par exemple, l’Hermione. De son côté, la ville de Brest a créé une société d’économie mixte pour gérer le programme et l’entretien du voilier La Recouvrance. Enfin, le Belem est la propriété d’une fondation créée par les Caisse d’Epargne.

vieux gréements

Enfin, ces bateaux peuvent naviguer grâce à l’organisation de nombreux évenements leurs permettant de naviguer et d’être présenter au public. On pense au festival des Champs Marins de Paimpol, aux fêtes maritimes de Brest ou Douarnenez ou encore au Festival de la Loire.

Pour résumer, nous sommes tous, quelque part, garant de ce patrimoine maritime. Nous pouvons tous participer à la sauvegarde de ces magnifiques bateaux.

2 réflexions au sujet de “Sauvegarder le patrimoine maritime”

  1. Un article qui soulève un vrai problème : “Quelles sont les solutions pour que ces bateaux continuent de naviguer ? ” mais qui n’apporte pas vraiment de réponse mais montre la variété de solutions trouvées par différentes structures.
    Beaucoup d’associations et de particuliers ont du mal à financer les travaux pour faire vivre leur bateaux .
    On peut aussi se poser la question , un bateau est vraiment un patrimoine, ou est il simplement un être vivant qui nait, qui vit et qui meure ! Notre devoir n’est il pas seulement d’en conserver la trace, d’en conserver une mémoire.

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