Les différents systèmes de déclenchement des gilets de sauvetage : manuel, UML ou hydrostatique ?

Nous sommes maintenant tous équipés d’un gilet gonflable, que nous portons, tous,… en permanence. Bon, j’avoue, je ne le fais pas non plus, sauf en annexe. Ce qui n’est pas bien. Mais la question n’est pas là. Aujourd’hui, nous allons voir ensemble les différents types de gonflage, entre le gilet manuel et les différents types de systèmes pour le gilet automatique. Car, en effet, il existe trois grands types de systèmes de déclenchement ? Manuel, automatique UML ou hydrostatique (Hammar) : chacun présente des spécificités, des avantages et des inconvénients qu’il est essentiel de connaître pour faire le bon choix.

Dans cet article, nous passons en revue le fonctionnement, les points forts et les limites de chaque système, ainsi que les cas d’usage les plus adaptés.

À retenir

  • Manuel : Déclenchement par tirette, fiable et sans risque de gonflage intempestif, mais nécessite une action consciente.
  • UML : Déclenchement automatique au contact de l’eau, rapide et économique, mais sensible à l’humidité et aux embruns.
  • Hydrostatique (Hammar) : Déclenchement par pression d’eau, très fiable et sans risque de gonflage accidentel, mais plus coûteux et nécessitant un entretien rigoureux.

Le système manuel : contrôle total, mais dépendant de l’utilisateur

Fonctionnement

Le déclenchement manuel repose sur une tirette située sur le gilet de sauvetage. En cas de chute à l’eau, l’utilisateur doit tirer sur cette languette pour libérer le percuteur de la cartouche de CO₂, ce qui provoque le gonflage instantané du gilet. Tous les gilets gonflables, même automatiques, sont équipés d’un système manuel de secours, souvent complété par un dispositif de gonflage buccal en cas de défaillance du mécanisme principal.

Avantages

  • Fiabilité : Aucun risque de déclenchement intempestif dû à l’humidité, aux embruns ou à une mauvaise manipulation.
  • Contrôle : L’utilisateur décide du moment du gonflage, ce qui peut être utile dans des situations où un gonflage automatique serait gênant (remontée sur un bateau, passage sous un filet, etc.).
  • Réutilisation : Après usage, il est possible de réarmer le gilet en remplaçant la cartouche de CO₂.

Inconvénients

  • Dépendance à l’utilisateur : En cas de perte de connaissance, de choc ou de tétanie due au froid, le gilet ne se déclenchera pas.
  • Moins adapté aux situations d’urgence : Nécessite une action consciente, ce qui peut être un handicap en cas de chute inattendue.

Cas d’usage

  • Activités sportives (kayak, planche à voile, jet-ski) où les projections d’eau sont fréquentes et où un gonflage intempestif serait gênant.
  • Navigation côtière ou en eaux calmes, où le risque de chute à l’eau inconsciente est faible.
  • Utilisateurs expérimentés capables de réagir rapidement en cas d’immersion.

Le système automatique UML : rapidité et simplicité, mais sensible à l’humidité

Fonctionnement

Le système UML (Unique Marine Life) se déclenche au contact de l’eau. Une pastille en cellulose ou en papier, située dans le mécanisme, se désagrège dès qu’elle est immergée, libérant un ressort qui perce la cartouche de CO₂. Le gilet se gonfle alors en 4 à 5 secondes. Certains modèles récents intègrent des témoins visuels pour vérifier l’état du système, lorsque vous vérifiez votre équipement de sécurité.

Avantages

  • Rapidité : Gonflage quasi instantané, idéal en cas de chute inattendue ou de perte de conscience.
  • Prix abordable : Coût d’achat et d’entretien généralement inférieur à celui des systèmes hydrostatiques.
  • Léger et peu encombrant : Confortable pour une utilisation prolongée.

Inconvénients

  • Risque de déclenchement intempestif : Sensible à l’humidité, aux embruns ou à une mauvaise manipulation (stockage dans un endroit humide, nettoyage, etc.).
  • Entretien régulier : La pastille doit être remplacée périodiquement (tous les 3 ans en moyenne), et le gilet doit être stocké au sec.

Cas d’usage

  • Navigation de plaisance (voile légère, croisière côtière) où le risque de chute à l’eau est modéré.
  • Utilisateurs recherchant un bon rapport qualité-prix et prêts à accepter un entretien régulier.
  • Activités où la rapidité de gonflage est cruciale (navigation en solitaire, conditions météo changeantes).

Le système hydrostatique (Hammar) : fiabilité maximale, pour les navigateurs exigeants

Fonctionnement

Le système hydrostatique, souvent appelé Hammar (du nom de son fabricant emblématique), se déclenche sous l’effet de la pression de l’eau. Une soupape hydrostatique s’ouvre lorsque le mécanisme est immergé à plus de 10 cm de profondeur, permettant à l’eau d’activer un élément sensible qui libère le gaz. Le gonflage est alors immédiat et fiable, même dans des conditions extrêmes.

Avantages

  • Fiabilité absolue : Aucun risque de déclenchement intempestif dû aux embruns, à la pluie ou à l’humidité ambiante.
  • Adapté aux conditions difficiles : Idéal pour la navigation hauturière, offshore ou par mauvais temps.
  • Durabilité : Mécanisme robuste, souvent plébiscité par les professionnels.

Inconvénients

  • Coût élevé : Prix d’achat et de réarmement supérieur aux autres systèmes.
  • Entretien rigoureux : Nécessite un contrôle annuel et un remplacement périodique des éléments sensibles.

Cas d’usage

  • Navigation hauturière ou offshore où les conditions peuvent être extrêmes.
  • Professionnels de la mer (pêcheurs, marins, moniteurs de voile) pour qui la fiabilité est non négociable.
  • Utilisateurs prêts à investir dans un équipement haut de gamme et à en assurer l’entretien.

Tableau récapitulatif

Comparatif des systèmes de déclenchement

CritèreManuelUML (automatique)Hydrostatique (Hammar)
DéclenchementAction manuelleContact avec l’eauPression d’eau (>10 cm)
RapiditéImmédiat4-5 secondesImmédiat
Risque intempestifAucunOui (humidité, embruns)Non
CoûtFaibleModéréÉlevé
EntretienSimpleRégulierRigoureux
Cas d’usageSports nautiquesPlaisance côtièreHauturière, professionnelle

Conclusion : Quel système choisir ?

Le choix du système de déclenchement dépend avant tout de votre pratique, de votre budget et de votre niveau d’exigence en matière de sécurité :

  • Pour les sports nautiques ou la navigation côtière, un système manuel ou UML sera souvent suffisant, à condition d’accepter un entretien régulier.
  • Pour la navigation hauturière ou professionnelle, le système hydrostatique Hammar est le plus fiable, malgré son coût et son entretien plus exigeants.

N’oubliez pas : un gilet de sauvetage, quel que soit son système, doit être porté en permanence à bord et entretenu selon les recommandations du fabricant. Votre sécurité en dépend !

2 réflexions au sujet de “Les différents systèmes de déclenchement des gilets de sauvetage : manuel, UML ou hydrostatique ?”

  1. A signaler :
    – le nouveau système Hammar impose de changer la cartouche avec le déclencheur
    – la société de sauvetage en mer a proscrit le nouveau système Hammar compte tenu de son nouveau coût, au profit du système UML qui a été bien fiabilisé ces dernières années…
    Sur le voilier, nos derniers achats de gilet sont maintenant en UML.

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