Le début de saison est synonyme de préparation du bateau, mais aussi de l’équipement. Nous allons nous intéressé ici à la vérification du matériel de sécurité.
Quel que soit votre programme, d’une navigation côtière ou d’une croisière hauturière, vous devez vous assurer que votre équipement de sécurité est en bon état, conforme à la réglementation, et adapté à votre programme.
La sécurité en mer ne se limite pas au port du gilet de sauvetage. Elle repose sur un ensemble cohérent de dispositifs, prévus par la réglementation, et parfois méconnus des pratiquants occasionnels. Je vous propose ce guide des différentes étapes pour vérifier son matériel de sécurité avant de larguer les amarres.
Division 240 : le cadre réglementaire de la sécurité en mer
Depuis sa dernière réforme, la Division 240 encadre l’équipement de sécurité pour les navires de plaisance en fonction de leur distance d’éloignement d’un abri. Elle distingue trois niveaux d’équipement obligatoires :
| Zone de navigation | Distance d’un abri | Niveau d’équipement |
|---|---|---|
| Basique / Côtier | Jusqu’à 6 milles | Basique |
| Semi-hauturier | De 6 à 60 milles | Côtier |
| Hauturier | Au-delà de 60 milles | Hauturier |
Chaque niveau impose une liste de matériel spécifique, incluant les moyens de flottabilité, de signalisation, de communication, de secours et d’orientation. Ces éléments doivent être vérifiés régulièrement et renouvelés si nécessaire.
Vérifier son gilet de sauvetage : plus qu’un simple coup d’œil

Le gilet de sauvetage est l’équipement individuel de sécurité par excellence. Mais il ne sert à rien s’il est défectueux ou mal réglé.
Points à contrôler :
- Flottabilité minimale : 50 N pour les aides à la flottabilité, 100 N pour les gilets côtiers, 150 N pour les hauturiers.
- Cartouche de CO₂ (gilet automatique) : vérifier la date, l’absence de corrosion et le bon vissage.
- Témoin de déclenchement : à remplacer selon les préconisations du fabricant (généralement tous les deux ans).
- Sangle sous-cutale : indispensable pour maintenir le gilet en position lors d’une chute.
- État général : coutures, boucles, fermetures éclair, flasques réfléchissantes.
Vérifier les fusées de détresse : ne partez pas avec du matériel périmé
Les signaux pyrotechniques sont souvent négligés. Pourtant, ils restent indispensables pour alerter efficacement en cas de détresse.
Vérifications essentielles :
- Date de péremption : indiquée sur chaque fusée, en général 3 à 4 ans après fabrication.
- Type requis selon zone :
- 2 feux rouges + 1 fumigène pour la zone semi-hauturière,
- 3 feux rouges + 2 fumigènes + 1 feu à main orange pour le hauturier.
- Stockage : à l’abri de l’humidité et des fortes chaleurs, dans un compartiment étanche.
En cas de péremption, ne jetez pas les fusées à la poubelle : rapportez-les dans un magasin nautique ou lors d’une collecte spécifique.
Vérifier le radeau de survie : un contrôle indispensable pour les sorties hauturières

Obligatoire au-delà de 6 milles d’un abri, le radeau de survie est un équipement de dernier recours. Il doit être entretenu avec rigueur.
À vérifier :
- Date de révision : imposée par le fabricant, souvent tous les 3 ans.
- Système de largage : vérifiez la longe hydrostatique, l’accessibilité et l’arrimage du container.
- Certificat de conformité : à conserver à bord.
Vérifier la pharmacie de bord : anticiper les bobos et les urgences

Un équipement souvent sous-estimé, mais qui peut faire toute la différence. La pharmacie de bord est indispensable.
Contenu minimal recommandé :
- Antiseptique, pansements, compresses stériles
- Médicaments de base : antidiarrhéique, antalgique, antihistaminique
- Matériel de suture ou strips
- Ciseaux, gants, pince à échardes
- Crème solaire et lotion après-piqûres
Vérifiez :
- Les dates de péremption
- L’étanchéité de la trousse
- La présence d’une notice lisible
Vérifier la pompe de cale : ne pas attendre l’eau dans le cockpit
L’évacuation de l’eau de mer est vitale en cas de voie d’eau, d’infiltrations ou d’embruns répétés.
Contrôles à effectuer :
- Pompe manuelle : testez le débit, le clapet de retenue, l’accessibilité.
- Pompe électrique : vérifier le bon fonctionnement, l’état des connexions.
- Grille de crépine : propre et non obstruée.
Vérifier l’état général de l’équipement de sécurité
Au-delà des éléments réglementaires, un contrôle visuel global s’impose avant chaque sortie.
Points de vigilance :
- Lampe étanche et en état de marche
- Ligne de vie et harnais : usure, mousquetons, accastillage
- Moteur annexe : démarrage à froid, carburant
- VHF : test d’appel, charge, étanchéité
- Feux de navigation : ampoules et connexions
Bon réflexe : établir une check-list personnalisée adaptée à votre bateau et à votre navigation.
Vérifier son matériel de sécurité, c’est avant tout prendre soin de son équipage et de soi-même. Une démarche simple, méthodique, qui évite bien des mauvaises surprises.
Adoptez ce réflexe avant chaque navigation, comme on attache sa ceinture en voiture. Cela fait partie intégrante de la culture maritime.
Et souvenez-vous : la meilleure des sécurités, c’est d’abord la préparation et la vigilance.
Heu…sur le tableau : le semi-hauturier, ce ne serait pas jusqu’à 60 milles, et non 6 ?
Ben si, complètement…. je viens de faire la modification.
merci de la remontée
Concernant les gilets gonflables, tous les 2 ou 3 ans il est indispensable de les gonfler avec une pompe à main, ils doivent rester gonflés 48h. C’est le seul moyen de vérifier leur étanchéité….
Oui, tu as ene ffet complètement raison Vincent.
Merci pour ces conseils