Carénage des bateaux de plaisance : réglementation et solutions

Le carénage est une étape incontournable de l’entretien de nos bateaux de plaisance. Il permet de maintenir une coque propre, d’améliorer les performances et de prolonger la durée de vie du bateau. Petit problème, l’impact environnemental des antifouling et autres résidus marins est important. C’est pour cela que vous ne pouvez pas nettoyer votre coque, et changer l’antifouling comme vous voulez. En effet, le carénage est strictement encadré par la réglementation pour limiter la pollution.

Les journées commencent à se rallonger et les températures remontent. Les derniers coups de vent vont vite passer. Il est donc temps d’envisager la reprise de la saison sur l’eau. Si certains d’entre nous ont hiverner leur voilier au sec sur terre-plein, voire dans leur garage si leur bateau est transportable, les autres vont devoir sortir leur bateau pour un bon carénage. Mais dans tous les cas, le carénage ne peut pas se faire n’importe ou. Nos antifouling ont un impact sur l’environnement. Il existe bien des alternatives aux antifoulings, mais ce n’est pas encore accessible et/ou très efficace. Alors voyons ou et comment caréner nos bateaux, dans le respect de la réglementation

Qu’est-ce que le carénage et pourquoi est-il indispensable ?

Le carénage consiste à nettoyer, décrasser et traiter la coque d’un bateau afin d’éviter l’accumulation de salissures marines (algues, coquillages, dépôts de vase, etc.). Un bateau non entretenu voit sa vitesse réduite, sa consommation de carburant augmentée et sa maniabilité altérée.

Il comprend plusieurs étapes :

  • Le nettoyage à haute pression pour éliminer les dépôts.
  • Le grattage et le ponçage pour enlever l’ancien antifouling.
  • L’application d’une nouvelle peinture antifouling ou d’un revêtement protecteur.

Ces 3 étapes vont donc avoir un impact direct sur l’environnement, si elles sont effectuées en pleine nature. Un entretien régulier préserve aussi l’environnement en limitant la dispersion de substances toxiques dans l’eau.

La réglementation du carénage en France

Le carénage est régi par des règles strictes pour éviter la pollution des milieux aquatiques. En France, le carénage sauvage est interdit (article L.216-6 du Code de l’environnement). Il est obligatoire de réaliser ces opérations dans des aires de carénage équipées de systèmes de récupération et de traitement des eaux polluées.

Les principales obligations sont :

  • Utilisation de zones de carénage agréées avec bassins de récupération.
  • Interdiction de rejeter les résidus de peinture et d’antifouling dans l’eau.
  • Sanctions en cas d’infraction : amendes allant jusqu’à 75 000 € et deux ans d’emprisonnement en cas de pollution.

Les aires de carénage et cales disponibles

Il existe plusieurs solutions pour effectuer un carénage conforme :

Les aires de carénage

Certains ports de plaisance proposent des aires de carénage avec systèmes de traitement des eaux usées. Ces espaces de carénage sont accessibles à marée basse, permettant un nettoyage sans sortie d’eau complète.

Avantages :

  • Conformes à la réglementation.
  • Équipées de grilles de filtration et de bassins de décantation.
  • Disponibles dans de nombreux ports de plaisance.
  • Pas de frais de grutage.

Mais attention à bien choisir votre fenêtre météo. Dès que la marée remonte, le bateau sera à flot.

Les cales nécessitant une sortie d’eau

Les cales avec sortie d’eau sont plus répandues. Pour un nettoyage plus approfondi et poser une couche d‘antifouling de façon minutieuse, une sortie d’eau est souvent nécessaire. Plusieurs options existent :

  • Grues ou élévateurs permettant de hisser le bateau sur un terre-plein.
  • Supports ou bers pour stabiliser le bateau le temps des travaux.
  • Cales de halage aménagées avec systèmes de récupération des effluents.

Coûts : Variables selon la taille du bateau et les prestations du port (de 50 à 500 €).

Tous les ports de plaisance proposent ce type d’infrastructure, ainsi que de nombreux chantiers navals.

Les alternatives au carénage classique

Plusieurs solutions permettent de limiter la fréquence et l’impact environnemental du carénage :

Le carénage à flot

  • Brosses flottantes disponibles dans certains ports pour nettoyer la coque sans sortir le bateau.
  • Plongée avec raclette ou éponge pour un nettoyage manuel.
  • Robot sous-marin automatisé, qui réalise un nettoyage efficace sans pollution.

Les antifouling alternatifs

Il existe, aujourd’hui, des alternatives aux antifoulings pour nos bateaux.

  • Films adhésifs antifouling à base de polymères lisses.
  • Revêtement en silicone ou céramique limitant l’adhérence des organismes marins.
  • Systèmes électrostatiques perturbant la fixation des algues et coquillages.

Le stockage hors d’eau

  • Pontons élévateurs permettant de garder le bateau au sec.
  • Bers mobiles ou remorques pour stationner le bateau à terre après chaque sortie.

Le carénage est une opération essentielle pour le bon entretien des bateaux de plaisance, mais il doit être réalisé en respectant la réglementation environnementale. Les plaisanciers ont aujourd’hui plusieurs solutions, des aires de carénage équipées aux alternatives innovantes, pour minimiser leur impact sur l’environnement tout en conservant une coque propre et performante.

Pour un carénage réussi, mieux vaut anticiper et se renseigner sur les infrastructures disponibles dans son port d’attache !

2 réflexions au sujet de “Carénage des bateaux de plaisance : réglementation et solutions”

  1. le carènage est une corvée ? Mais cette corvée peut être moins compliquée , si vous faites 2 carénages par an . Maintenant comme vous n’avez pas sorti votre bateau de l’eau pendant un an environ LA GALERE . Une bonne journée pour redonner à la carène un aspect suffisamment correct pour ne pas gâcher l’antifouling que vous allez poser , donc bien gratter et poncer ( grain 200) 1 ere antifouling matrice dure , séchage 24 heures, 2eme antifouling auto érodable qui va durer pendant votre période de navigation , pour hiverner à flot plongez avec un scotch-brit pour raviver l’antifouling matrice dure qui protégera la coque en hivernage , l’Odet n’est pas pire que le golfe du Morbihan pour les algues et autres cravants ; je l’ai fait avec succès pendant 50 ans . l’année suivante un petit ponçage et une couche autoérodable et c’est parti COURAGE

  2. Autre option : le coppercoat, traitement antifouling époxy/cuivre, le plus durable du marché qui protège la carène pendant une dizaine d’années.
    C’est du moins la promesse du fabricant !
    La coque, la dérive et les safrans de mon voilier en sont habillés depuis 2018 et sont toujours nickels. Je navigue toute l’année, ce qui permet sans doute de le maintenir actif et d’éviter que les algues et coquillages s’installent. Pour améliorer son efficacité, je plonge tous les trois mois environ (moins souvent l’hiver) pour le gratter à l’éponge et je passe un léger coup de Karcher une fois par an.
    Attention, c’est onéreux (un seul distributeur en France, le chantier des Vénètes), et délicat à poser. Mais franchement, je ne suis pas déçu. J’ai longtemps renouvelé l’antifouling annuellement et ça ne me manque absolument pas !

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