Basée au Verdon-sur-Mer, l’entreprise Neo Sailing Technologies s’impose comme un acteur de l’écoconception dans le nautisme de compétition. Avec son pôle R&D NST Lab, elle développe des solutions concrètes pour réduire l’empreinte carbone des voiliers de course.
Une entreprise enracinée dans la course au large
Fondée en 2007 sous le nom de Lalou Multi, l’entreprise devenue Neo Sailing Technologies (NST) incarne l’évolution d’un chantier naval vers une structure industrielle à forte dimension technologique. Installée à la pointe du Médoc, à Le Verdon-sur-Mer, elle s’est forgée une réputation dans le monde de la course au large, en construisant des voiliers à la fois performants et innovants.
Parmi les unités sorties de ses ateliers, plusieurs ont brillé sur les principales transatlantiques :
- Ocean Fifty Arkema 4 : vainqueur de la Transat Jacques Vabre 2023.
- Class40 Captain Alternance : premier voilier de cette classe construit avec des matériaux recyclables.
- Le mini 6.50 900, à foils et étrave scow.
- Lann Aël 3 : vainqueur du Spi Ouest-France 2024 et de la Rolex Fastnet Race 2023.
- Class40 Paprec-Arkéa : vainqueur de la Route du Rhum 2022.
- L’Ocean Fifty Endred, qui vient de sortir du chantier.
L’expertise de NST se déploie à toutes les étapes :
- Design et architecture navale, en partenariat avec de grands architectes.
- Optimisation des performances, via des outils de simulation numérique.
- Construction sur mesure, selon les besoins des skippers ou des teams professionnels.
NST Lab : une cellule R&D pour décarboner la construction navale
Au sein de Neo Sailing Technologies, NST Lab joue un rôle central : celui d’explorateur des matériaux et des procédés de demain. La structure vise à intégrer des innovations environnementales dans la construction de voiliers de course, un secteur historiquement consommateur de composites non recyclables.
Innovations majeures mises en œuvre :
- Utilisation de résine Elium®, développée par Arkema, recyclable thermoplastique permettant de déconstruire les pièces composites en fin de vie.
- Procédés à faibles émissions : infusion sous vide, optimisation des cycles de cuisson, réduction des chutes de production.
- Développement de la recyclabilité en interne : retraitement des chutes de production (jusqu’à 400 kg de déchets pour 1 tonne de composites utilisés sur un Class40).
Une filière encore très dépendante des composites
Le secteur de la construction navale reste fortement dépendant des matériaux composites à base de fibres de verre ou de carbone, associés à des résines thermodurcissables, à l’image de CDK Technologie ou Multiplast, en Bretagne. Ceux-ci posent problème en fin de vie : ils sont difficiles à recycler, souvent incinérés ou enfouis.
D’après l’Agence de la transition écologique (ADEME), près de 80 000 bateaux de plaisance sont en fin de vie en France, et seulement 2 000 à 3 000 sont traités chaque année dans des filières de déconstruction. La recherche de solutions de recyclage des coques et des pièces composites constitue donc un enjeu stratégique.
Vers un modèle réplicable à d’autres segments
Neo Sailing Technologies affiche l’ambition de dépasser le cadre de la course au large. Son objectif est d’essaimer ses innovations auprès :
- Des chantiers de plaisance, via des applications concrètes des matériaux recyclables.
- Du secteur naval et parapublic, en développant des solutions de structures composites durables (navettes, bateaux de service…).
- Des partenariats industriels et territoriaux, pour mettre en place des boucles locales de valorisation des matériaux.
Partenariats clés
| Partenaire | Rôle |
|---|---|
| Arkema | Fournisseur de la résine Elium® et soutien R&D depuis 2013 |
| Architectes navals | Co-développement de plans de voiliers adaptés aux nouveaux matériaux |
| NST Lab | Développement, test et mise en œuvre des matériaux innovants |
Conclusion : performance et responsabilité en mer
À travers son positionnement, Neo Sailing Technologies illustre l’émergence d’un nouveau modèle industriel dans le nautisme, qui conjugue compétitivité sportive et responsabilité environnementale. Si la course au large reste un laboratoire d’innovation, l’enjeu réside désormais dans la transfert des bonnes pratiques vers des secteurs plus vastes comme la plaisance ou le transport maritime léger.