L’Océanis 300, du chantier Bénéteau, est un voilier de croisière de 9 mètres dessiné par Jean Marie Finot. Ce croiseur est un voilier confortable et, surtout, qui est proposé avec une version biquille relevable très surprenante.
Produit par le chantier Bénéteau entre 1991 et 1994, cet Oceanis 300 est un modèle emblématique, reprenant la carène du Figaro Solo 1, qui a également servi de base à d’autres succès du chantier comme le First 310 ou l’Oceanis 311. Destiné à la croisière familiale, il allie performances correctes, habitabilité importante et facilité de manœuvre, ce qui en fait un choix populaire pour les plaisanciers recherchant un voilier de croisière confortable et fiable.
Présentation de l’Oceanis 300
L’Oceanis 300 naît dans un contexte de forte innovation chez Bénéteau, qui cherche à capitaliser sur le succès de ses modèles de course-croisière. En 1990, le chantier remporte le concours pour la construction du monotype Figaro Solo 1, dessiné par Finot-Conq. La carène de ce bateau, performante et stable, est reprise pour le First 310 (bateau de l’année 1991), puis pour l’Oceanis 300. Ce dernier est lancé en 1991 comme modèle d’entrée de gamme de la série Oceanis, destinée à la croisière confortable. La carène, généreuse et volumineuse, sera utilisée pendant près de 20 ans sur divers modèles, preuve de sa réussite technique et commerciale.
L’Oceanis 300 se distingue par sa polyvalence : il est à la fois un voilier de croisière spacieux et un bateau capable de bonnes performances à la voile, héritées de son ADN de course. Il s’inscrit dans une période où Bénéteau consolide sa position de leader sur le marché des voiliers de série, en proposant des bateaux accessibles, robustes et adaptés aux programmes familiaux.
Ses principaux concurrents de l’époque sont l’Etap 32i, le Feeling 326, le Hanse 301, les modèles comparables de Jeanneau (Sun Odyssey), Dufour et Gib’Sea, mais l’Oceanis 300 se démarque par son volume intérieur et sa facilité de manœuvre, notamment grâce à son cockpit bien conçu et son gréement simple.
Aménagements intérieurs



L’Oceanis 300 offre un intérieur fonctionnel et lumineux, optimisé pour le confort en croisière. Le carré, spacieux pour un bateau de cette taille, permet de recevoir jusqu’à six personnes autour d’une table centrale. La cuisine, située à tribord, est équipée d’un évier, d’un réchaud et de rangements pratiques. Le bateau propose deux cabines doubles (avant et arrière) et un cabinet de toilette complet, avec une hauteur sous barrot correcte (jusqu’à 1,89 m).
La cabine avant, sous le roof, bénéficie d’une couchette double et de rangements latéraux. La cabine arrière, plus intimiste, est accessible par un passage depuis le carré. Les finitions en bois clair et les hublots nombreux apportent une sensation d’espace et de convivialité. La hauteur sous barrot dans le carré et les cabines permet une circulation aisée, même pour les équipages de grande taille.
Le cockpit, fermé et sécurisé, est conçu pour faciliter les manœuvres et offrir un espace de détente à l’abri des intempéries. La descente de cockpit, large et peu pentue, permet un accès facile à l’intérieur.
Qualités marines

L’Oceanis 300 est réputé pour son comportement marin équilibré. Sa carène, issue du Figaro Solo 1, lui confère une bonne stabilité et une tenue de mer rassurante, même par mer formée. Le bateau est maniable et réactif à la barre, avec une gîte progressive et un bon passage dans la vague. La version quille à ailettes (PTE) permet d’accéder à des mouillages peu profonds sans sacrifier la performance au près.
Les propriétaires soulignent sa facilité de prise en main, idéale pour les équipages réduits ou les familles. Le gréement en sloop et la grand voile enrouleur simplifient les manœuvres, tandis que le double safran assure une bonne réactivité et un contrôle précis. En navigation, l’Oceanis 300 se montre à l’aise à toutes les allures, avec une préférence pour les vents portants où sa voilure généreuse (spi symétrique de 51 m²) permet d’atteindre des vitesses satisfaisantes.
Sa vitesse critique théorique est de 7,19 nœuds, mais en pratique, les propriétaires rapportent des pointes à 8–9 nœuds par bon vent arrière. Le rapport déplacement/longueur (DLR) de 134 et le rapport de lest de 33 % en font un voilier ni trop léger ni trop lourd, adapté à la fois à la croisière côtière et à des navigations plus ambitieuses.
Avis des propriétaires

Les retours d’expérience des propriétaires sont globalement positifs. Beaucoup apprécient le compromis entre performance et confort, ainsi que la robustesse de la construction. Les points forts souvent cités sont :
- L’habitabilité : espace intérieur surprenant pour un 30 pieds, idéal pour les croisières en famille.
- La facilité de manœuvre : gréement simple, cockpit ergonomique, barre franche précise.
- La polyvalence : adapté aussi bien à la balade côtière qu’à des traversées plus longues.
- La fiabilité : construction solide, peu de problèmes structurels rapportés.
Certains propriétaires de la version biquille relevable (plus rare) soulignent sa capacité à s’échouer sans risque, mais mentionnent une légère perte de performance par petit temps et une maintenance plus exigeante pour le système hydraulique des quilles.
Les principaux reproches concernent :
- Le moteur : le 24 CV peut sembler juste pour les manœuvres de port par vent fort ou courant contraire.
- L’isolation phonique : le moteur inbord est parfois bruyant en navigation.
- L’électronique d’origine : souvent remplacée ou modernisée par les propriétaires actuels.
Sur les forums, l’Oceanis 300 est décrit comme un « honnête compromis », un voilier qui vieillit bien et conserve une bonne valeur sur le marché de l’occasion.
Fiche technique détaillée du Bénéteau Oceanis 300
| Catégorie | Valeur/Mesure |
|---|---|
| Longueur hors-tout | 9,47 m |
| Longueur de coque | 9,14 m |
| Longueur à la flottaison | 8,78 m |
| Bau (largeur) | 3,23 m |
| Tirant d’eau (PTE) | 1,35 m |
| Déplacement lège | 3 200 kg |
| Masse du lest | 1 050 kg (fonte) |
| Surface de voile au près | 45 m² |
| Surface de voile au portant | 71 m² (spi symétrique inclus) |
| Grand voile | 20 m² |
| Génois | 25 m² |
| Spi symétrique | 51 m² |
| Hauteur du mât (I) | 11,30 m |
| Type de gréement | Sloop Marconi, grand voile enrouleur |
| Moteur | 1 x 24 CV diesel |
| Capacité carburant | 65 litres |
| Capacité eau douce | 170 litres |
| Nombre de cabines | 2 |
| Nombre de couchages | 6 |
| Hauteur sous barrot max. | 1,89 m |
| Catégorie de navigation | 2 (hauturière) |
| Architecte | Finot-Conq |
| Chantier | Bénéteau (France) |
| Construction | Coque monolithique polyester, pont sandwich |
| Année de lancement | 1991 |
| Année de fin de production | 1994 |
| Nombre d’exemplaires | Environ 250 |
| Type de quille | Quille à ailettes (version PTE) |
| Barre | Franche |
| Safrans | Double, suspendus |
| Rating HN | 15,0 |
| Rapport surface/déplacement au près | 20,72 m²/T |
| Rapport surface/déplacement au portant | 32,7 m²/T |
| Rapport déplacement/longueur (DLR) | 134 |
| Rapport de lest | 33 % |
| Vitesse critique | 7,19 nœuds |