L’Archambault A31 est un monocoque de course-croisière de 9,55 mètres dessiné par le cabinet Joubert, Nivelt et Mercier et lancé en 2009 par le chantier Archambault. Conçu autour de la jauge IRC, il se présente comme le petit frère des A35 et A40rc qui ont fait la réputation du chantier sur les circuits européens. Revendiquant un statut de croiseur-régatier (enfin surtout régatier) assumé, il privilégie délibérément la performance et la maniabilité plutôt que le confort d’un pur bateau de croisière, tout en offrant un aménagement intérieur cohérent pour des sorties de plusieurs jours. L’UNCL (Union Nationale pour la Course au Large) l’a d’ailleurs élu bateau IRC de l’année 2012, reconnaissance rare pour une unité de cette taille.
À retenir
- Voilier de course-croisière de 9,55 m (31 pieds 4 pouces), lancé en 2009
- Architecture : Joubert, Nivelt et Mercier, optimisée sous jauge IRC
- Construction en sandwich verre-résine infusé sous vide, allégée et raide
- Déplacement d’environ 3 050 à 3 150 kg pour un lest d’environ 40 % du déplacement
- Gréement fractionné sloop, environ 50 m² de voilure, manœuvres courantes renvoyées au cockpit
- Six couchettes, deux cabines, 1,82 m de hauteur sous barrots
- Moteur Nanni diesel de 14 ch (option 20 ch en Saildrive)
- Bateau IRC de l’année 2012 selon l’UNCL
- Série limitée, production interrompue avec la liquidation du chantier en 2015
- Cote d’occasion généralement comprise entre 50 000 et 90 000 € selon les années et l’équipement
Histoire de l’A31
Le A31 s’inscrit dans la longue histoire du chantier Archambault, fondé en 1954 par Jean Archambault, charpentier de métier, puis dirigé par ses fils Emmanuel et Jean-Jacques. Le chantier s’était fait connaître du grand public grâce au Surprise, monotype de 7,65 mètres présenté au Salon Nautique de Paris de 1977 et dont plus de 1 900 exemplaires ont été vendus. À partir des années 2000, la famille Archambault engage un tournant résolument tourné vers la course-croisière avec la gamme « A » : A40rc en 2003, élu bateau de l’année par la revue Voile, puis le A35 en 2006. Le A31, présenté en 2009, vient compléter cette gamme par la base, en s’adressant aux équipages cherchant un programme IRC sérieux dans un format plus accessible et plus maniable.
Le plan est signé par le cabinet d’architecture navale Joubert, Nivelt et Mercier, déjà auteurs du M34 sélectionné pour le Tour de France à la Voile. Le cahier des charges est celui d’un croiseur-régatier IRC de pur sang : déplacement modéré, lest massif, maître-bau fortement reculé donnant un tableau arrière très large, et une carène sans bouchains, le D/L d’environ 139 privilégiant la vitesse en régime de coque plutôt que le déjaugeage permanent. La construction fait appel à l’infusion de résine sous vide pour la coque en sandwich verre-résine, avec un contre-moule structurel injecté et un pont en composite, une méthode à la fois plus légère et moins émissive que le stratification manuelle.
Sur le plan commercial, le A31 est resté une production confidentielle : rare sur le marché de l’occasion français, il fut notamment distribué en Amérique du Nord et en Australie, où les ventes demeurèrent modestes, comme le constataient avec regret les régatiers eux-mêmes sur les forums spécialisés. Le dépôt de bilan du chantier Archambault , le 3 février 2015, troisième redressement judiciaire en trois ans, a interrompu la production de la gamme. Le A31 a toutefois laissé une trace durable dans les cercles de régate IRC : en 2012, l’UNCL l’a élu bateau IRC de l’année, et il restait bien représenté sur les principales régates françaises, comme le Spi Ouest-France et la SNIM, où l’on comptait encore six A31 en IRC 3 à la fin des années 2010. Ses concurrents directs de l’époque sont le Beneteau First 31.7, le JPK 9. Aujourd’hui, ses concurrents sont plus liés au rating IRC. Et là, il faut vous tourner vers la classe et les régatiers pour comparer les rating favorisant ou pénalisant.
Aménagements intérieurs

L’intérieur du A31 assume pleinement sa vocation de bateau de régate habitable : moulé, épuré, sans contre-moule surprenant, avec des bois clairs, des finitions blanches et des selleries en microfibre moderne. La hauteur sous barrots atteint 1,82 m, ce qui place le bateau au niveau des meilleurs 31 pieds de sa génération pour le volume intérieur. Le plan offre six couchettes : une cabine avant en V, deux salles à manger face à face, une couchette double de quart à bâbord arrière et une suite propriétaire fermée à l’arrière, tandis que les WC se trouvent à tribord, à l’arrière, dans un cabinet de toilette spacieux combinant espace de lavabo et de rangement, jouxtant une table à cartes correctement dimensionnée.

La cuisine est en L à bâbord ; elle est compacte, avec la glacière implantée de l’autre côté, à tribord contre la table à cartes, une disposition classique des bateaux de course qui mutualise l’espace. On notera qu’il n’existe qu’un seul coffre à suspendre, ce qui limite le confort en croisière longue. Les propriétaires soulignent un détail intéressant : l’absence de cloison avant dans la cabine en V permet de stocker les voiles à plat sans les plier, un choix typiquement régatier. Toutes les portes intérieures sont en tissu à fermeture éclair, solution légère qui fait l’économie des cloisons pleines. Le cockpit, très grand pour le format, est complété par un coffre arrière surdimensionné capable d’accueillir le radeau de survie, les défenses et les gilets, un puits dédié étant prévu pour le radeau.
Qualités marines

En mer, le A31 délivre l’essentiel de sa promesse. Le gréement fractionné, à barres de flèche doubles poussantes, mât et bôme en aluminium et dormant en Dyform, porte environ 50 m² de voilure, soit un ratio surface de voile sur déplacement d’environ 24, garantissons de puissance dans la brise légère. Le rouf étroit à l’avant permet un angle d’écoute de foc de 11 degrés, favorisant la remontée au vent ; le foc à 105 % est réglé par des winches Harken autovireurs de 46.2, et des barber haulers intégrés permettent de déporter l’écoute sans toucher au chariot. La grand-voile, sheetée par l’arrière du barreur sur un chariot Ronstan avec accroche 9:1 et pataras 8:1, est d’un réglage précis. Toutes les manœuvres courantes sont renvoyées au cockpit, ce qui autorise un équipage réduit à bien tenir le bateau.
La barre, avec un safran suspendu d’environ 1,90 m, est fréquemment citée comme l’une des grandes réussites du bateau : le toucher de barre est vif et informatif, et les jambes de force moulées aident l’équipage à conserver son appui dans la gîte. Le lest, environ 40 % du déplacement, associé au tableau arrière large, donne une plateforme stable qui pardonne les erreurs de réglage. Mais le bateau reste assez sensible à l’équilibre des poids. Les essais de presse comme les retours d’équipage convergent : le bateau est « facile à mener et très récompensant d’une navigation bien menée ». La contrepartie est le prix du confort : l’habitabilité est spartiate pour une croisière familiale au long cours, et le moteur Nanni de 14 ch, accessible par ses quatre côtés, reste une motorisation de servitude.
Avis des propriétaires
Les retours de propriétaires, recueillis sur les forums de régatiers et dans les essais de presse, sont largement positifs sur le plan marin. Un propriétaire australien résume : « personne ne sera déçu par un A31 », estimant que le bateau est « un ensemble facile à gérer qui déplace très vite », tout en reconnaissant que son unité comportait plusieurs équipements personnalisés, dont un mât carbone, pour progresser au près dans la brise. Ce même navigateur déplore toutefois la discrétion commerciale du modèle : à peine trois exemplaires vendus en trois ans sur le marché australien, faute de réseau de distribution structuré. Mais bon, ici, en France, vous en trouverez plus.
Sur les forums français, l’analyse est plus nuancée et très honnête : un A31 ne sera jamais aussi confortable en croisière qu’un Océanis 31, et n’ira jamais aussi vite en régate qu’un Melges 32. Le bateau assume ce positionnement intermédiaire, et c’est précisément ce que lui reprochent les amateurs de confort comme ce que lui apprécient les régatiers. Les points de vigilance régulièrement relevés concernent la cuisinette réduite, le coffre à suspendre unique, les portes en tissu à fermeture éclair au lieu de portes pleines, et l’absence de préavisibilité d’un bout-dehors pour le spi asymétrique, le bateau étant conçu d’origine pour un spinnaker en tête avec tangon. La robustesse de la construction infusée et la réactivité du chantier pour les pièces détachées sont en revanche systématiquement saluées, même si la liquidation de 2015 complique aujourd’hui l’après-vente, la communauté des propriétaires organisant la circulation des plans et des pièces.
En régate, les résultats parlent d’eux-mêmes : six A31 encore alignés en IRC 3 au Spi Ouest-France à la fin des années 2010, une densité honorable pour une série restreinte, et la consécration de bateau IRC de l’année 2012 par l’UNCL. Les propriétaires louent l’équilibre du bateau dans toutes les allures et la facilité avec laquelle un équipage de régate familial peut l’exploiter, ce qui en fait, au bout du compte, un excellent bateau de club pour celui qui veut courir en IRC sans l’infrastructure d’un grand monotype.
Fiche technique Archambault A31
| Caractéristique | Valeur |
|---|---|
| Chantier | Archambault, Dangé-Saint-Romain (Vienne, France) |
| Architectes | Joubert, Nivelt et Mercier |
| Année de lancement | 2009 |
| Fin de production | 2015 (liquidation du chantier) |
| Programme | Course-croisière IRC |
| Longueur hors-tout (LOA) | 9,55 m (31’4″) |
| Longueur à la flottaison (LWL) | environ 8,50 m (27’10 ») |
| Largeur au maître-bau | 3,23 m (10’7″) |
| Tirant d’eau | 1,90 m (6’3″) |
| Déplacement lège | environ 3 050 à 3 150 kg |
| Lest | environ 1 220 à 1 350 kg (environ 40 % du déplacement) |
| Type de quille | Quille fixe en aileron avec bulbe |
| Construction | Sandwich verre-résine infusé sous vide, pont composite |
| Gréement | Sloop fractionné, barres de flèche doubles poussantes |
| Matériau du mât et de la bôme | Aluminium (mât carbone en option) |
| Hauteur sous barrots | 1,82 m |
| Nombre de couchages | 6 |
| Nombre de cabines | 2 (cabine avant en V, suite propriétaire arrière) |
| WC | Cabinet de toilette à l’arrière, tribord |
| Surface de voilure | environ 50 m² (538 à 548 sq ft) |
| Ratio surface de voile / déplacement | environ 23,4 à 24 |
| Ratio déplacement / longueur (D/L) | environ 139 |
| Ratio lest / déplacement | environ 40 % |
| Moteur | Diesel Nanni 14 ch (option 20 ch Saildrive) |
| Carburant | environ 40 litres |
| Eau douce | environ 100 litres |
| Accastillage de pont | Winches Harken 46.2 autovireurs (foc), 40.2 (spi) |
| Safran | Safran suspendu d’environ 1,90 m, barre à deux |
| Cockpit | Grand cockpit ouvert, puits radeau, coffre arrière XL |
| Distinction | Bateau IRC de l’année 2012 (UNCL) |
| Concurrents de l’époque | Beneteau First 31.7, Nacira 9.50, Bonin 31, Este 31, MC31 OD, Cape 31 |
