Les 5 erreurs à éviter lorsque l’on achète un voilier d’occasion

Acheter un bateau est une question de rêve et de passion. L’achat d’un voilier demande une certaine connaissance de la voile et du bateau. Mais pour autant, même avec un minimum d’expérience, nous pouvons toujours nous tromper. Voici 5 erreurs à éviter lorsque l’on achète un voilier d’occasion.

J’ai acheté mon premier voilier avec mon père, il y a 30 ans, environ… Il s’agissait d’un baroudeur, du chantier Bénéteau. Ce bateau ne nous a jamais trahi et m’a offert mes premiers souvenirs et mes premières sensations d’aventure. Par la suite, nous avons eu deux autres bateaux avant que je prenne mon envol, ou plutôt le large…, avec mon propre voilier, puis un second, puis un enfin le troisième. Je pourrais penser que depuis ces années, je connais très bien les voiliers et pourrais même être de bon conseils pour acheter un voilier d’occasion.

Mais non, car lors de chaque achat, j’ai fait des erreurs. Même lors de l’achat de mon dernier voilier, il y a deux ans. Ces erreurs ne sont pas des erreurs ayant de graves conséquences. Il ne s’agit même pas d’erreurs techniques. Il s’agit juste d’erreurs qui vont augmenter les frais ou nous empêcher de naviguer autant que nous le souhaitons. Je n’ai juste pas respecté une règle de 5, que je me suis pourtant donné.

Je vais donc vous donner ces 5 erreurs, que j’ai déjà commis, à éviter lorsque l’on achète un voilier d’occasion.

Acheter un voilier qui ne répond pas au programme de navigation

La première erreur à éviter est d’acheter un voilier qui ne répond pas à son programme de navigation. Pour le coup, celle-ci, il me semble l’avoir produite qu’une seule fois, mais sans grande conséquence, au contraire. Il s’agit d’un Jeanneau Rush qui m’a fait découvrir la navigation sur un half-tonner.

Avant d’acheter un voilier, vous devez vous poser la question de votre programme de navigation. En effet, il existe de nombreux bateaux sur le marché de l’occasion. Ces bateaux peuvent avoir des comportements en mer très différents, être plus ou moins techniques et adaptés à un type de navigation. Ce programme passe, généralement, par 5 critères, à mon avis :

  • Vous souhaitez régater, faire de la croisière ou naviguer les week-ends ?
  • Vous naviguerez seul, en famille ou avec des amis ?
  • Vous avez besoin d’un lest mobile pour échouer plus facilement ou transporter le bateau ?
  • Vous recherchez un dayboat ou un voilier habitable, plus confortable ?

Ces questions sont importantes, car elles vont conditionner votre recherche de bateau et votre choix. J’ai déjà vu des nouveaux plaisanciers acheter, par exemple, un Melody de Jeanneau, pour naviguer les week-ends. Il s’agit d’un excellent voilier, très bien construit, mais plus adapté la croisière hauturière. Par conséquence, ce voilier nécessite plus d’efforts en navigation et, surtout, un coût d’entretien important pour quelques navigations à l’année.

Il en serait de même pour quelqu’un qui achète un voilier de régate pour se balader à la journée, en famille. Je ne suis pas sûr que le conjoint et les enfants suivront très longtemps. Le voilier idéal n’existe pas. Vous devez trouver celui qui réponde à vos besoins.

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Dépasser son budget

La deuxième erreur est très fréquente. Cette erreur est directement liée à notre passion pour la voile et les bateaux. Il s’agit du budget d’achat. Et ce budget est encore plus important aujourd’hui, nous en conviendrons tous. Vous ne devez donc pas dépasser le budget que vous vous êtes donné. Ce budget passe par 3 étapes :

  • L’achat du bateau : Estimez concrètement le montant que vous pouvez investir dans un bateau. Je rappelle qu’un voilier est un loisir et ne doit pas amputer d’autres budgets comme le quotidien, les études des enfants,… Quand vous avez votre budget, ne le dépassez pas.
  • L’équipement du bateau : Quand vous recherchez un voilier d’occasion, prenez en compte, dans ce budget, les frais à venir à court terme. Ces frais sont ceux liés aux équipements à remplacer ou à ajouter, les frais de remises en état et de mise à l’eau.
  • Les frais d’entretien : Enfin, vous devez budgétiser le coût d’entretien du bateau, ce que vous êtes capable de dépenser, mensuellement ou à l’année, dans l’entretien de votre bateau.

Cette question du budget est importante. En effet, certains plaisanciers peuvent être attirés par un bateau affichant un prix en dessous du marché, laissant penser que nous pouvons acheter un voilier de 10 mètres au lieu de 8 mètres. Malheureusement, non seulement ce bateau ne répondra pas à notre programme de navigation, mais en plus il risque d’augmenter le montant de notre investissement en demandant une remise à niveau et des frais d’entretien plus importants que prévu.

Acheter un bateau sans demander conseil

Le troisième conseil est très important, et s’adresse à tous les plaisanciers, quel que soit notre niveau d’expertise et de pratique de la voile. N’achetez jamais un voilier sans demander conseil, ou l’avis à une tierce personne.

En effet, comme je le disais dès le début de cet article, l’achat d’un voilier est un achat passion. Et cette passion a tendance à prendre le dessus sur la raison. Cela nous empêche d’avoir un œil objectif sur un bateau. Nous avons un coup de cœur sur un voilier et ne voulons pas voir les points négatifs de celui-ci. Il est donc important de se faire accompagner.

Faites appel à un ami. Il n’y a rien de déshonorant à se faire accompagner par un ami plaisancier pour vous donner un avis sur un bateau. Cette personne saura regarder ou vous ne mettez pas les yeux. Ce regard objectif vous permettra de mieux anticiper les frais à venir, de négocier le prix ou tout simplement de ne pas acheter le bateau.

Si le budget d’achat le nécessite, faites appel à un expert. Cet expert vous permettra de connaître, plus concrètement l’état du bateau. Si le bateau nécessite des frais de remise en état, cela ne signifiera pas que vous ne devez pas acheter le bateau, mais vous donnera un aperçu des frais à prévoir et de priorités d’entretien.

Choisir la mauvaise taille de bateau

Nous arrivons à la quatrième erreur à éviter lorsque l’on achète un voilier. Cette erreur est très liée aux trois précédentes. Il s’agit de la taille du voilier. Bien évidemment, la taille idéale d’un voilier est très subjective. Cette taille dépend :

  • Du budget
  • Du programme de navigation
  • De la place de port
  • Du certaine philosophie de la voile

On retrouve deux situations :

  • Si nous achetons un voilier trop petit, les navigations vont vite devenir désagréables par manque de place, d’intimité pour les membres de la famille. Mais les navigations peuvent aussi devenir plus physiques si vous naviguez souvent, et par tous les temps.
  • A l’inverse, si vous achetez un bateau trop grand, c’est votre budget qui peut prendre un coup, ou un coût;). Dans le même temps, si votre voilier est trop grand, vous allez vite hésiter à partir en mer seul, ou le temps de quelques heures.

La taille d’un voilier est donc une question de programme et de compromis. Avec le temps, je trouve qu’un voilier de 8 ou 9 mètres est un compromis qui permet de faire beaucoup de choses, d’en profiter sans exploser le budget.

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Acheter un bateau sans avoir de place de port

Enfin, le dernier conseil est lié à la place de port. Pour le moment, encore, la problématique de la place de port est réelle. Il est très difficile d’obtenir une place sur ponton. Les listes d’attente peuvent dépasser les deux ans. Je déconseille donc d’acheter un voilier si vous n’avez pas de place. Bien évidemment, vous arriverez toujours à vous débrouiller, entre les places visiteurs, les places disponibles en hiver et les ports à sec. Mais votre budget va exploser.

Donc : Pas de place, pas de bateau. Et la problématique est encore plus importante pour les multicoques. En Bretagne, par exemple, il est très difficile de trouver une place de port.

Il existe, cependant, ds solutions :

  • Les mouillages réglementés : ces mouillages associatifs ou communaux permettent de bénéficier d’une bouée à faible coût. Il existe encore des places. Si votre mouillage est à sec à marée basse, vous n’aurez d’autres choix que d’acheter un dériveur ou un biquille.
  • Les voiliers transportables : Le voilier transportable permet de faire face à la problématique de la place de port. Dans le même temps, vous pourrez hiverner votre bateau chez vous et multiplier les zones de navigation.
  • Les ports à sec : cette solution est de plus en plus présente. Je vous invite à comparer les forfaits de mise à l’eau.

Voilà, je vous invite à avoir ces 5 points en tête lorsque vous souhaitez acheter un voilier d’occasion. Si votre expérience vous fait ajouter d’autres risques d’erreur, n’hésitez pas à les mettre en commentaire.

5 réflexions au sujet de “Les 5 erreurs à éviter lorsque l’on achète un voilier d’occasion”

  1. Il me parait important de parler de cout de remise en état acceptable. c’est souvent le double du prix d’achat car chaque bateau est unique et chaque propriétaires souhaitent son degrés de confort…

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  2. Bonjour Ronan,
    Je viens de m’inscrire à votre site.
    Je lis vos articles depuis assez longtemps. Je trouve les thèmes de ceux-ci bien choisis et je ne dois pas être le seul.
    Ils sont courts mais l’essentiel est dit et bien exposé. Ils sont modérés, synthétiques et exposent les différents points de vue quand il faut les évoquer.
    Vos lecteurs vous ressemblent, je crois, et leurs commentaires ne sombrent pas dans la polémique.
    Ce dernier article est dans la lignée des autres… Plein de bon sens.
    Rien à ajouter.
    Continuez.

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  3. Articles toujours inintéressants, faire appel à un expert peut éviter des gros déboires, parti voir un bateau avec demande d’expertise, cela m’a évité l’achat un bateau inapte à naviguer, la faille était cachée sans que le vendeur le sache (bateau de son père décédé), réparation trop coûteuse en perspective. Chemin du retour, je croise le même bateau sortant de l’eau à Arzal, il était à vendre et encore dans son jus, examen approfondi le lendemain en bénéficiant d’avoir vu l’expert opérer la veille, ce qui m’a permis des vérifications que je n’aurais pas faites de moi-même, affaire sans mauvaise surprise avec maintenant 5 ans et plus de 4000 miles de navigation. le prix de l’expertise a été mon meilleur investissement, alors que j’aurais pu m’estimer capable de voir beaucoup de chose, mais au final, pas ce qu’il fallait débusquer.

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