Feeling 960 : Un voilier d’exception entre performance et confort
Le Feeling 960 est un voilier de course-croisière de 9,60 mètres, conçu par le chantier naval Kirié et dessiné par l’architecte Philippe Harlé. Lancé en 1986, il est une évolution directe du Feeling 920, dont il reprend la coque en l’allongeant légèrement et en ajoutant une jupe arrière caractéristique, améliorant à la fois l’esthétique et la longueur de flottaison. Produit jusqu’en 1988, environ 90 exemplaires sont sortis des chantiers des Sables-d’Olonne.
Le Feeling 960 se distingue par son compromis réussi entre performance et habitabilité, ce qui en fait un bateau aussi apprécié des régatiers que des croisiéristes. Son gréement en sloop en tête, son mât plus haut que celui du 920, et son safran modifié en font un voilier vif, équilibré et précis à la barre, capable de s’adapter à toutes les conditions de mer et de vent.
À retenir
- Architecte : Philippe Harlé
- Chantier : Kirié (Les Sables-d’Olonne, France)
- Année de lancement : 1986
- Fin de production : 1988
- Nombre d’unités produites : Environ 90
- Longueur : 9,60 m
- Tirant d’eau : Variable selon la version (1,30 m à 1,92 m)
- Déplacement : 3 900 kg
- Surface de voilure : 613 pieds carrés (environ 57 m²)
- Moteur : Volvo 2002 (18 hp) ou Yanmar
- Prix à l’époque : Environ 28 450 £ (soit environ 40 000 € en 1986)
Histoire du bateau
Le Feeling 960 est né dans un contexte où les chantiers français cherchaient encore à allier performance en régate et confort en croisière. faire un bateau qui gagnait en régate, c’était s’assurer des ventes pour la croisière. Le Feeling 920, son prédécesseur, était déjà considéré comme l’un des meilleurs voiliers de 9 mètres de sa génération, avec 480 exemplaires construits entre 1982 et 1987. Le 960 en reprend les bases, mais avec des améliorations notables : une jupe arrière qui augmente la longueur de flottaison, un mât plus haut d’un mètre, et un safran redessiné pour une meilleure maniabilité.

Le Feeling 960 a été conçu pour répondre aux attentes des plaisanciers recherchant un bateau rapide, sécurisant et polyvalent. Il a été commercialisé sous le nom Elite 324 en Amérique du Nord, où il a également connu un franc succès.
À l’époque, le marché des voiliers de cette taille était très concurrentiel. Parmi ses principaux rivaux, on retrouvait des modèles comme le Gib Sea 312, l’Oceanis 320 de Bénéteau; mais surtout le First 305, ainsi que l’Attalia de Jeanneau qui était en fin de vie. Le Feeling 960 se démarquait par sa construction robuste, son aménagement intérieur soigné, et son comportement marin exceptionnel, notamment grâce à sa quille en forme de « flared fin », inspirée des keels Scheel, qui réduisait la traînée tout en conservant une bonne stabilité.
Le chantier Kirié, basé aux Sables-d’Olonne, était réputé pour son savoir-faire et son attention aux détails. La construction du Feeling 960 reposait sur une coque en stratifié verre-polyester, avec un renfort en balsa pour la superstructure, garantissant à la fois légèreté et solidité. La finition intérieure, en orme massif, lui conférait un cachet chaleureux et intemporel.
Aménagements intérieurs

L’intérieur du Feeling 960 est conçu pour offrir un confort optimal à l’équipage, que ce soit pour une navigation en famille ou entre amis. Malgré son orientation « course-croisière », le bateau ne sacrifie pas le confort au profit de la performance.
Le carré est spacieux et lumineux, grâce à de larges hublots et une ouverture de roof généreuse. La table à cartes, située à tribord, est fonctionnelle et bien éclairée, avec un éclairage flexible et des rangements pratiques pour les cartes et les instruments de navigation. Le coin cuisine (galley) est équipé de deux éviers en inox, d’un four avec grill, et d’un réservoir d’eau sous pression. Un détail pratique : un ramasse-miettes intégré au plancher, qui facilite l’entretien.
Le Feeling 960 propose six couchages répartis en une cabine avant avec un lit double en V, une cabine arrière avec un lit double, et deux couchages simples dans le carré. Les toilettes, situées à bâbord, sont équipées d’une douche et d’un lavabo, avec un placement astucieux pour optimiser l’espace.
Les matériaux utilisés pour les aménagements intérieurs sont principalement de l’orme, ce qui donne au bateau une ambiance chaude et traditionnelle, loin de l’aspect froid du teck omniprésent sur d’autres modèles de l’époque. Les sol sont en teck, et les cloisons sont recouvertes de stratifié pour une meilleure résistance à l’humidité.
Enfin, l’accès à la machine est facilité par un panneau amovible sous les marches de descente, permettant un entretien aisé du moteur et des batteries.
Qualités marines

Le Feeling 960 est avant tout un voilier marin, conçu pour offrir une excellente tenue à la mer dans toutes les conditions. Sa carène, inspirée des dernières innovations de l’époque, lui permet de remonter au vent avec efficacité, tout en restant stable et maniable par gros temps.
La quille en « flared fin » est l’une de ses innovations majeures. Ce type de quille, inspiré des Scheel keels, réduit la traînée en empêchant l’eau de passer de la face sous le vent à la face au vent. Résultat : une meilleure efficacité hydrodynamique, permettant au bateau de conserver une bonne vitesse même avec un tirant d’eau réduit (version PTE). Cette caractéristique en fait un bateau idéal pour naviguer dans des zones à faible tirant d’eau, sans sacrifier les performances.
À la barre, le Feeling 960 se révèle précis et réactif. Le safran, redessiné par rapport au 920, offre une bonne sensation et un contrôle optimal, même dans des conditions difficiles. Le tiller (barre franche) est cependant parfois jugé un peu lourd par certains propriétaires, un problème qui peut être résolu en allongeant la barre pour améliorer l’avantage mécanique du barreur.
En régate, le Feeling 960 se montre compétitif, notamment grâce à son gréement optimisé et sa voilure généreuse (613 pieds carrés). Il est capable de tenire des allures serrées et de remonter au vent avec une bonne vitesse, même par vent fort. En croisière, il offre un confort remarquable pour un bateau de cette taille, avec une stabilité qui inspire confiance à l’équipage.
Les performances sous voile sont impressionnantes : en vent arrière, le bateau peut atteindre 6 à 7 nœuds, tandis qu’au près, il maintient une vitesse moyenne de 5 à 6 nœuds, selon les conditions. En vent de travers, il est particulièrement rapide et stable, ce qui en fait un bateau polyvalent et agréable à manœuvrer.
Avis des propriétaires

Les retours des propriétaires du Feeling 960 sont unanimement positifs. Voici quelques témoignages représentatifs :
« C’est un super bateau… J’ai possédé un Feeling 960 pendant 4 ans, et je n’ai que des éloges à faire. Il est rapide, sécurisant, et très confortable. »
« Le 960 est un très bon voilier, effectivement rapide, mais il demande des réglages de voiles précis. Le niveau de confort est excellent. »
« Tous les témoignages de propriétaires ou d’anciens propriétaires vont dans le même sens : c’est un bon bateau, rapide et sécurisant. »
Les propriétaires soulignent également la robustesse du bateau, sa facilité d’entretien, et son comportement marin exceptionnel. Certains notent cependant que le tiller peut être lourd sous forte charge, mais cela reste un détail mineur au regard des qualités globales du voilier.
Un point souvent mentionné est la polyvalence du Feeling 960 : il est aussi à l’aise en régate qu’en croisière familiale, ce qui en fait un choix idéal pour les plaisanciers recherchant un bateau à la fois performant et confortable.
Fiche technique Feeling 960
| Catégorie | Valeur |
|---|---|
| Type | Monocoque habitable de croisière/course |
| Architecte | Philippe Harlé (Harlé-Mortain) |
| Chantier | Kirié (Les Sables-d’Olonne, France) |
| Année de lancement | 1986 |
| Fin de production | 1988 |
| Nombre d’unités | Environ 90 |
| Longueur hors tout | 9,60 m (31’6″) |
| Longueur de coque | 9,60 m |
| Longueur à la flottaison | 7,85 m (25’8″) |
| Largeur (Bau) | 3,22 m (10’7″) |
| Tirant d’eau (PTE) | 1,30 m (4’3″) |
| Tirant d’eau (GTE) | 1,92 m (6’3″) |
| Déplacement | 3 900 kg (8 600 lb) |
| Ballast | 1 360 kg (3 000 lb) |
| Ratio ballast/déplacement | 34,9 % |
| Surface de voilure | 57 m² (613 pieds carrés) |
| Grand-voile | 21,6 m² (233 pieds carrés) |
| Génois | 36,2 m² (380 pieds carrés) |
| Génois + Grand-voile | 57 m² |
| SA/D (rapport voilure/déplacement) | 24,2 (indice de puissance voilure/déplacement) |
| Moteur | Volvo 2002 (18 hp) ou Yanmar |
| Capacité carburant | 75 litres (20 gallons) |
| Capacité eau | 160 litres (42 gallons) |
| Hauteur sous barrot | 1,88 m (6’2″) |
| Nombre de couchages | 6 (2 doubles + 2 simples) |
| Matériau coque | Stratifié verre-polyester avec gelcoat isophtalique |
| Matériau superstructure | Stratifié avec âme en balsa |
| Type de quille | Quille en fonte (flared fin ou trapézoïdale selon version) |
| Gouvernail | Safran en composite, barre franche (tiller) |
| Grément | Sloop en tête, mât en aluminium anodisé, double étaiement |
| Winches | 5 winches (2 self-tailing 6″ pour les écoutes de génois, 2 3″ pour les halyards, 1 pour le réefing) |
| Vitesse max sous voile | 7 nœuds (en vent arrière) |
| Vitesse moyenne | 5-6 nœuds (selon conditions) |
| Prix à l’époque | Environ 28 450 £ (1986) |