Ian Lipinski, l’OFNI de la course au large

Ian Lipinski

Ian Lipinski est un skipper qui a marqué, définitivement, le monde de la mni 6.50 et la Mini Transat.

Ian Lipinski, c’est l’homme du large qui n’a pas besoin de foils pour survoler la classe Mini6.50. Le skipper, basé à Lorient, a remporté, pour la deuxième fois, consécutivement, la Mini-Transat La Boulangère, avec cette victoire en Proto, le mardi 15 novembre 2017. Ce francilien, breton d’adoption, vainqueur de la dernière Mini en voilier de série, a décidé de s’engager une seconde fois sur le circuit de la classe Mini 6.50 en prototype.

A bord de Griffon.fr, un mini 650 très rapide à proue ronde et dessiné par David Raison, Ian Lipinski règne sans partage sur le circuit. Il a tout gagné et aura réussi à aligner 16 victoires d’affilée, en deux ans, sur le circuit. Il rentre définitivement dans l’histoire de la course au large en remportant la Mini-Transat dans les deux catégories.

Une vie tournée vers le large

Ian Lipinski a grandi à Vanves, en Ile-de-France, ou il mène une enfance heureuse. Une mère institutrice et un père chercheur au CNRS, Ian aurait put suivre une route toute tracée et enchaîner tranquillement les études jusqu’à son premier poste. Mais à 13 ans, ce garçon qui reçoit l’appel de la mer, part deux ans à l’aventure aux Antilles pour des navigations sur un vieux gréement dans le cadre d’une association. Ses parents avaient confiance.

Le bac en poche, il se consacre à la physique à l’université d’Orsay jusqu’à la licence, puis part passer sa maîtrise en Italie, dans le cadre du programme Erasmus. A son retour, il s’inscrit  à une école d’ingénieur aéronautique à Toulouse.

« Je pratiquais le vol à voile et le bateau, l’aéronautique me passionnait. J’ai alors passé deux belles années à étudier l’aérodynamisme » relate t-il. « Entre temps, j’ai découvert les Glénans, une révélation… J’ai alors assez vite encadré des jeunes sur l’archipel l’été notamment en dériveur puis en croisière. Après mes études, plutôt que de réellement me mettre à la recherche d’un job d’ingénieur, j’ai atterri à Paimpol, toujours dans le cadre des Glénans. J’ai encadré pendant trois ans puis ai passé mon brevet d’état. »

Le large étant toujours là, à l’appeler, Ian, avec sa femme et un couple d’ami, achètent un Galapagos 43, voilier en acier des années 70. Il vogue pendant un an à la découverte de l’Atlantique Nord. « Je participe aussi à un Mini Fastnet. Je commence à me dire que ces petits bolides de 6m50 sont vraiment sympas, la communauté qui l’entoure aussi. On s’installe à Lorient. »

L’appel de la mini 6.50

Basé à Lorient, Ian achète un Pogo 2 du chantier Structure. C’est le début d’une carrière dans le circuit mini 6.50. Il enchaîne deux belles années de Mini jusqu’à la Mini Transat 2013 à laquelle il prend le départ. « Les conditions sont dantesques sur cette édition. Nous partons avec un mois de retard d’Espagne plutôt que Douarnenez. Ma course s’arrête au bout de 20 heures. A la fin de la première nuit, mon bateau chavire. Je me retrouve à l’envers avec mon Mini rempli d’eau. Je suis récupéré par un cargo. En 2014, je suis contacté par le constructeur d’un nouveau Mini l’OFCET 6.50 et je deviens un peu le pilote d’essai de la première unité. Je participe à l’ensemble de la fabrication de ce bateau. Je réussis à me qualifier et je prends le départ des Sables – Les Açores. La deuxième étape se passe super bien car je suis 3ème dans la catégorie des prototypes avec un bateau de série mais pas encore homologué dans cette classe car il y en avait pas dix de construit ».

2015, Ian gagne la Transgascogne puis la Mini Transat, ce qui conclut en beauté ce projet – pari.

« Lors de la Mini Transat 2015, j’ai sept heures d’avance sur le deuxième sur la première étape. La seconde étape est plus difficile. Je suis en tête mais Julien Pulvé qui avait 12 heures de retard sur moi me double. Malgré un gros suspense à la fin puisque je perds le contact avec Julien et me fait arrêter dans une bulle sans vent, je gagne mais j’ai vécu trois jours de grosses tensions avec des classements BLU qui ne me rassuraient pas ». Comme souvent sur cette légendaire Mini Transat sans communication avec l’extérieur, Ian ne sait pas s’il a gagné en coupant la ligne d’arrivée. Les bravos le rassurent. « Je n’avais même plus l’énergie de lever les bras tellement j’avais été au bout ».

La suite, à bord du Magnum, prototype dessiné par David Raison, le père du révolution 29 s’est déroulée comme dans un comte de fée puisque Ian a gagné, en 2016 et 2017, toutes les épreuves auxquelles il a participé démontrant un véritable talent au large. La suite de la carrière de Ian Lipinski se fera sans doute sur le Solitaire du Figaro, en passant par la Transat AG2R. Avant, pourquoi pas, une route du Rhum ou un Vendée Globe?

Palmarès de Ian Lipinski

2017: Victoire sur La Mini Transat La Boulangère 2017.

2017: Victoire sur Transgascogne, Mini Fastnet, MAP, Mini En Mai, Lorient BSM, Select Pornichet

2016 : Champion de France espoir de course au large, vainqueur de la Duo Concarneau, des Sables – Les Açores – Les Sables, du Mini Fastnet, du Trophée Marie-Agnès Péron, de la Mini en Mai, de la Select 6.50, de la Lorient BSM

2015 : vainqueur de la Mini Transat dans la catégorie des voiliers de série et de la Transgacogne

2014 : 3ème du Championnat de France prototype Mini 6.50

2013 : vainqueur du Mini Fastnet, 3ème de l’open demi-clé

2012 : 3ème des Sables – Les Açores – Les Sables et du UK  Fastnet

Sources: Tanguy Blondel de TB Press



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