Réduire la toile. Prendre un ris et autres solutions

Quand le vent monte, pour garder un voilier équilibré, il arrive le moment ou réduire la voilure devient indispensable.

En navigation, quand le vent commence à bien monter et que, malgré des voiles bien réglées, le bateau n’est plus équilibré, vient le moment de réduire la toile. On réduit la toile quand les conditions ne permettent plus d’avoir un bateau équilibré, malgré des réglages optimisés.

Le but du jeu, en navigation, est de conserver un bateau équilibré, à la barre, et dont la gite n’est pas excessive. Ceci permet de conserver une bonne vitesse, un confort de navigation et de garantir la sécurité de l’équipage et du bateau. La décision de réduire la surface de voiles doit avoir été envisagée, avant de partir en mer. Ceci permet d’anticiper les manoeuvres. Il est toujours plus simple de prendre un ris avant de partir que pendant la navigation, par exemple. Enfin, le choix de réduire la surface de la grand voile ou de la voile d’avant en premier lieu, dépend du voilier, de son équilibre.

Quelles sont les possibilités pour réduire sa surface de toile ?

Réduire le génois et les voiles d’avant

Pour réduire la surface de la voile d’avant, il y a 3 possibilités.

Eurouleur de génois

La première, et la plus commune, est d’enrouler le génois. La très grande majorité des voiliers est maintenant équipée d’un enrouleur de génois, en croisière notamment. Dans ce cas, la manœuvre est très simple et ne mérite pas d’explication. Il faut toutefois garder à l’esprit que quand vous avez roulé, en partie, le génois, il est important de changer les réglages des chariots avale tout de ce dernier. En effet, l’angle de tire est modifié et il sera sans doute nécessaire d’avancer ces derniers.

Si enrouler le génois est très simple, il faut avoir à l’esprit qu’au-delà de quelques tours (4-5 tours d’enrouleur), la voile d’avant ne sera pas réglée correctement et sa forme ne sera plus optimale. L’idéal, dans ce cas, si une réduction supplémentaire s’impose, est de changer de voile d’avant.

Changer de voile d’avant

Changer de voile d’avant ? Certains diront que « ça, c’était avant… » Et pourtant, parlez en aux régatiers, ils vousenrouleur de genois diront tous que c’est la meilleure solution. Changer un génois pour un foc, un foc pour un autre numéro, voir, gréer un tourmentin, il n’y a rien de mieux. Changer de voile permet de conserver une voile qui pourra être bien réglée, qui conservera une forme adéquate. Des solutions existent pour optimiser cette manœuvre comme les étais double gorge. Ce type d’étai permet de hisser la nouvelle voile dans la foulée de l’affalage de la précédente.

Prendre un ris dans la voile d’avant

Les prises de ris sur des focs sont de plus en plus rares. Ce type de solution existait surtout sur les voiliers de voyage. Cette solution très prisée par certains navigateurs nécessite des voiles sur mousqueton.

Réduire la grand voile

Contrairement au génois, la solution la plus répandue, pour réduire la surface d’une grand voile est la prise de ris. La manœuvre consiste à réduire la toile par le bas. Des oeillets sont placés de l’avant à l’arrière de la grand voile, sur plusieurs niveaux. On appelle ces lignes d’oeillets, les bandes de ris. Les grands voiles sont, en général, équipée de 2 ou 3 bandes de ris.

Pour faciliter la manœuvre, il est possible d’installer un système de prise de ris automatique. Ce système à l’avantage d’effectuer la manœuvre sans aller en pied de mat, tout s’effectue du cockpit.

schéma-prise-de-ris-automatique
schéma prise de ris automatique

Prendre un ris dans la grand voile

La préparation

Avant de  prendre le ris, il faut préparer le gréement courant. Cela commence par étarquer la balancine. En effet, il faut sécuriser la manoeuvre, et conserver une balancine bien souquée permettra de conserver une bôme droite, donc un meilleur réglage de la voile.

Ensuite, il faut passer la bosse de ris dans la grand voile, si ce n’est pas déjà fait avant de partir. Dans tous les cas, vous devez libérer le mou de la drisse.

Dernière manoeuvre à effectuer, avant de baisser la grand voile, choquez l’écoute, le hale bas et la drisse.

La prise de ris

Tout est maintenant près pour prendre le ris. Vous allez maintenant pouvoir tirer sur le guindant. Vous devez la descendre jusqu’au niveau souhaité, premier ris, deuxième,… Quand vous avez descendu la grand voile au ris souhaité, passez l’œillet d’amure dans le croc, au niveau du point d’amure.

La voile, tenue par l’oeillet, vous allez pouvoir étarquer la drisse de grand voile, dans un premier temps, puis, ensuite, la bosse de ris. La voile doit être bien réglée de suite.

Réglages

La prise de ris étant effectuée, il ne vous reste plus qu’à bien régler la voile. Avant toute chose, si le temps vous le permet, rangez le surplus de toile, le long de la bôme, avec des garcettes.  La voile réglée, vous pourrez choquer la balancine et reprendre votre navigation. Il restera sans doute quelques ajustements afin de régler, au mieux, cette grand voile.

L’enrouleur de grand voile

 enrouleur de grand voileLes enrouleurs de grand voile sont de plus en plus présents sur les voiliers, surtout les plus grosses unités. Si ce système n’a pas convaincu tous les propriétaires de voiliers, il faut leur reconnaitre une certaine fiabilité. Deux systèmes existent/

  • L’enrouleur classique. Avec un enrouleur classique, la grand voile est enroulée le long du mat, par le guindant. Le point d’écoute de circule, lui, sur un chariot, le long de la bôme. Si la manœuvre est facile, l’inconvénient de ce système est que la grand voile ne peut pas être lattée et que sa surface est réduite.

  • L’enrouleur de bôme. L’enrouleur de bôme est une alternative qui semblait intéressante. La grand voile est enroulée dans un enrouleur située dans la bôme, ou alors, c’est la bôme qui roule sur elle-même. L’avantage de ce système est la possibilité d’avoir une voile lattée et une surface plus importante. Ce système ne semble pas avoir trouvé son public. Pourtant Facnor proposait un enrouleur, situé dans la bôme, qui m’avait semblé efficace, il y a quelques années, pour l’avoir testé deux ans sur un bateau.

Au près. Régler les voiles de son voilier avant de réduire la toile

Le près est, sans doute, l’allure la plus grisante sous voile. Quand le vent monte, avant de prendre un ris, quelques réglages permettent de conserver cap et vitesse.

voilier avec un ris

Que ce soit en régate ou en croisière, le près est une allure qui demande réglage et concentration. Mais quel plaisir de remonter au vent avec cette sensation de vitesse. Quel plaisir de couper les vagues. Quel plaisir de sentir le vent sur le visage et de tenir la barre avec douceur jusqu’au moment ou…le bateau gite de trop, la barre devient dure, le bateau part au lofe….

Quand le vent monte et que le bateau commence à passer sur sa barre et part trop à la gite, la navigation devient vite désagréable, surtout en croisière. Le premier réflexe est de réduire la toile, de prendre un ris dans la grand voile ou de rouler la voile d’avant. Mais avant d’en arriver là, certains réglages vont permettre de conserver toute la toile en rendant la navigation plus facile et en conservant toutes les capacités du bateau. Alors pourquoi se priver de puissance et de cap?

Nous resterons ici sur les bases du réglage en imaginant une mer peu formée. En effet, nous allons voir ci dessous, que le but est de réduire la puissance des voiles pour que le bateau garde un certain équilibre. Si la mer est formée, nous serons dans l’obligation de conserver de la puissance pour passer les vagues. On jouera donc avec le creux de la grand voile, entre autre. mais on verra cela plus tard.

Aplatir les voiles

voiles réglées pour le près

Les premiers réglages à effectuer vont consister à aplatir les voiles pour réduire la puissance de celles-ci. Pour cela, la manœuvre consiste à reprendre les tensions des drisses de grand voile et de génois ainsi que la tension de la bordure de grand voile. Il sera aussi nécessaire de reculer le point de tire du génois.

Réduire la puissance

Pour réduire encore la puissance, il restera encore d’autres possibilités. Cela sera possible en choquant le chariot de grand voile, voir les écoutes, tout en reprenant du hale bas. Un autre réglage consiste à larguer le hale bas de bôme. Cela va libérer l’air dans les hauteurs et réduire la puissance.

Enfin, quand c’est possible, il faudra reprendre, autant que possible, le pataras, afin de cintrer le mât.

Pour conclure, ceci est la base du réglage des voiles. Pour aller plus loin, rien de mieux que la pratique. Naviguez dans toutes les situations avec votre bateau, pratiquez la régate, la meilleure école…et quitter votre écran pour échanger sur les pontons… Et vous quel réglage faites vous?

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