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Vendée Arctique 2026: Les stars du circuit devraient commencer à se méfier

La Vendée Arctique–Les Sables d’Olonne a tenu toutes ses promesses : suspense, rebondissements et une intensité rare en course au large. Si l’épreuve ne réunissait que huit skippers, elle a surtout révélé une génération de navigateurs aguerris, capables de rivaliser avec les favoris. Ambrogio Beccaria, en remportant sa première victoire en IMOCA, a prouvé que l’expérience s’acquiert aussi sur des courses moins médiatisées. Et les « leaders présumés » feraient bien de s’en souvenir : les cinq premiers de cette édition ont tous montré une maturité et une régularité qui pourraient bien bousculer la hiérarchie dans les prochaines transatlantiques, et le Vendée Globe.

La Vendée Arctique-Les Sables d’Olonne est une course vraiment exceptionnelle. Envoyer les skippers vers le cercle polaire pour aller naviguer dans des eaux pas toujours accueillantes permet de vraiment préparer les skippers pour des courses comme le Route du Rhum et encore plus pour le Vendée Globe. Ils n’étaient que 8 au départ. Bien évidemment, la classe Imoca connait des problèmes de budget. Il est donc difficile de s’engager sur des courses sans argent. Mais commencer très rapidement permet aussi de se faire voir et de mieux connaitre son bateau. Et je pense que certains skipper se trompent de programme. En tant que passionnés et fan de sports, nous avons tous envie de suivre nos favoris sur autre chose que 2 ou 3 course en 2 ans.

Le meilleurs exemple est sans doute celui d’Arnaud Boissières. Son palmarès est loin d’être le plus impressionnant de la classe Imoca. Et pourtant, c’est lui qui fait le plus de course et qui connait le mieux la classe Imoca. Ses sponsors ne se sont jamais trompés.

Mais l’avenir permettra peut-être de clarifier cela. Car les skippers présents depuis le début de la saison ont montré du talent. Mais le talent seul n’a jamais mené à la victoire. Le travail et l’entrainement…oui. Alors je pense que ces 8 skippers prennent un avantage.

Le résumé de la course

  • Ambrogio Beccaria s’impose après avoir remonté un retard de cinq places, grâce à des choix stratégiques payants, notamment une route à l’ouest de l’Irlande, là où Goodchild avait opté pour la mer d’Irlande.
  • Sam Goodchild, leader depuis le départ, a été dépassé dans les derniers milles, dans des conditions de vent faible où Beccaria s’est montré plus performant.
  • Violette Dorange confirme sa progression avec une troisième place, après un podium sur la 1000 Race.
  • Élodie Bonafous (4e) monte en puissance et impressionne, malgré une pénalité de 12 heures après une incursion dans un dispositif de séparation du trafic maritime.
  • L’italio-américaine, Francesca Clapcich (5e) complètent un Top 5 ultra-compétitif, avec une régularité certaine, montrant un excellent état d’esprit.

Une victoire construite dans l’adversité

Ambrogio Beccaria a dû surmonter plusieurs épreuves :

  • Un casier de pêche coincé dans ses appendices, l’obligeant à plonger sous son bateau au large de l’Irlande.
  • Une panne électrique en cours de route.
  • Des choix audacieux : sa route à l’ouest de l’Irlande, moins évidente sur le papier, s’est avérée décisive.

« Je ne peux pas dire que j’ai mené cette course. C’est Sam qui l’a menée du début à la fin. Il a réalisé une course incroyable. J’ai simplement su saisir l’opportunité. » — Ambrogio Beccaria

Une course marquée par l’émotion

  • L’annonce du décès de Charlie Dalin, figure majeure de la course au large, a touché toute la flotte alors qu’elle naviguait au nord du cercle polaire arctique.
  • Sam Goodchild, quadruple vainqueur des cinq courses précédentes, a accueilli sa deuxième place avec déception, mais aussi avec la pensée pour Dalin :

« Aujourd’hui, nos pensées vont avant tout vers Charlie. »

Violette Dorange, la révélation

  • Troisième place pour la jeune navigatrice, qui estime avoir dépassé ses attentes.
  • Une course riche en enseignements : tempêtes, manœuvres constantes, adaptation permanente.
  • Un mini tour du monde en 8 jours : traversées de tempêtes, découverte des îles Féroé, franchissement du cercle polaire.

« J’ai l’impression de revenir d’un mini tour du monde. Tout cela condensé en seulement huit jours. » — Violette Dorange

Et les autres ?

  • Nico d’Estais (Café Joyeux), seul bateau à dérives, était encore à 320 milles de l’arrivée au passage des îles Scilly.
  • Arnaud Boissières (April Marine–Recherche Co-Partenaires) et Manuel Cousin (Coup de Pouce) fermaient la marche.

Analyse : Pourquoi cette course compte

Même avec seulement huit participants, la Vendée Arctique 2026 a démontré que les courses « secondaires » en IMOCA sont des laboratoires d’expérience inestimables. Beccaria, Dorange, Bonafous ou Clapcich ont tous prouvé qu’ils pouvaient rivaliser avec les favoris. Les « leaders présumés » feraient bien de ne pas sous-estimer ces skippers : leur capacité à gérer l’adversité, à prendre des risques calculés et à tirer parti des moindres opportunités pourrait bien faire la différence lors des prochaines transatlantiques.

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