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Les instruments de navigation de la table à cartes

Quel que soit le type de navigation, les instruments de bord sont très importants sur un bateau. Certains instruments trouveront leur place sur la table à cartes du bateau. Quels sont ces instruments suivant votre navigation ?

La table à cartes est un endroit qui a tendance à être de plus en plus discret, voire à disparaître sur les voiliers modernes. Pourtant, il s’agit d’un poste qui reste très important. En effet, que nous naviguions le temps d’une journée, en côtier, ou pour des navigations plus longues, la table à carte est généralement l’endroit ou nous rangeons l’ensemble de nos instruments et documents nautiques. Pour moi, la table à cartes à deux fonctions importantes :

  • L’endroit ou les enfants n’ont pas le droit d’aller. La navigation avec des enfants nécessite qu’ils aient un endroit à eux. Mais vous devez aussi préserver un endroit qui est réservé à la navigation.
  • L’endroit ou vous allez pouvoir prévoir, anticiper et suivre vos navigations, sereinement., quel que soit le bordel sur la table du carré, et quel que soit la météo.

C’est pour cela que j’aime beaucoup les grandes tables à cartes des bateaux des années 80, avec leurs rangements. Il s’agit d’un véritable bureau pour tout ce qui concerne la navigation, la croisière et le bateau.

Enfin, avoir une belle table à carte est une chose, l’équiper correctement en est une autre. L’idée, ici, est de vous proposer une organisation, et un équipement, adapté à votre programme. L’objectif est de rien oublier, mais de ne pas trop en avoir, non plus.

Dans tous les cas, c’est sous la table à carte que je range mon matériel de bricolage. Je range, sous celle-ci, ma boite à outil. La mienne n’est pas très grande puisque je fais de la navigation côtière. Il s’agit donc des outils qui pourront me dépanner pour l’entretien du bateau et les petites réparations d’urgence permettant de rejoindre un port, qui sera toujours proche. J’ai aussi, accrochée à cet endroit, l’extincteur et la couverture anti-feu. La table à carte se situant près du moteur et face à la cuisine, je les aurai vite sous la main.

Si vous avez une couchette cercueil, derrière la table à cartes, vous aurez de l’espace supplémentaire pour ranger l’annexe, ou autres.

Parlons maintenant de l’équipement de la table à carte.

La table à cartes en navigation côtière

La navigation côtière consiste à effectuer de petites navigations, à la journée, voire une partie de la nuit. Les ports et mouillages étant généralement proches, le but est plus de se repérer, via la côte, pour éviter les zones de haut-fonds et de connaître le plan d’eau. Pour cela, une table à carte doit comporter, selon moi, les éléments suivants :

  • Des cartes papier : Elles restent, pour moi, indispensables. Nous ne sommes jamais à l’abri de ne plus avoir de batteries. Dans le même temps, elles permettent d’avoir une vision plus large et détaillée du plan d’eau.
  • Une VHF portable : Une VHF portable permet de l’avoir à portée de main, même dans le cockpit. Ce qui est important quand on doit alerter un autre bateau rapidement.
  • Un GPS portable ou un smartphone avec application : Pour des navigations côtières, un GPS portable ou une tablette étanche sont largement suffisants pour suivre et préparer ses navigations.
  • Un anémomètre portable : l’anémomètre portable permet d’avoir la vitesse du vent sans faire un gros investissement. Il est suffisant pour de la navigation en croisière, à la journée.
  • L’almanach côtier du marin breton ou le Bloc marine : les instructions nautiques sont obligatoires à bord du bateau. Mais vous pouvez emporter des livres pour la navigation supplémentaires.
  • Compas de relèvement : le compas de relèvement est indispensable pour se situer sur une carte.
  • Une corne de brume permet de se signaler rapidement si un bateau croise votre route ou si le brouillard tombe. pensez à avoir votre corne de brume près de vous.
  • Un contrôleur de batteries pour connaître le niveau des batteries.
  • Un gîtomètre
  • Une règle Crass et compas pour faire sa navigation et se situer sur une carte papier.

La table à cartes en navigation semi-hauturière

Lorsque vous commencez à faire de la navigation semi-hauturière, cela implique des navigations plus longues et de nuit. Cela nécessite donc un équipement supplémentaire. Cet équipement va surtout vous permettre de vous situer, plus au large et d’optimiser votre sécurité. Dans ce cas, il me semble judicieux d’investir dans le matériel suivant :

  • un GPS-lecteur de cartes : Ce type de GPS sera plus performant qu’un GPS portable, avec un écran plus grand et des fonctions plus avancées. Ils peuvent être connectés à d’autres instruments.
  • un répétiteur sondeur : un répétiteur du sondeur et des autres instruments permet d’avoir les informations de ces derniers sans avoir à sortir dehors, si vous naviguez de nuit et que vous êtes seul à bord, par exemple.
  • une VHF fixe devient obligatoire et indispensable d’ailleurs.
  • un AIS : Un récepteur AIS permet de situer des navires professionnels qui pourraient croiser votre route.
  • Une lampe pour les navigations de nuit

La table à cartes en navigation hauturière

Pour cette partie, j’invite les plaisanciers naviguant en hauturier, à la compléter en commentaires. Comme vous le savez, je n’ai pas d’expérience en ce domaine. Pour ma part, j’investirais dans les équipements suivants :

11 réflexions au sujet de “Les instruments de navigation de la table à cartes”

    • Non, ce n’est pas obligatoire. cela me permet de savoir si le bateau est dans sa gîte optimale, ou le bateau est le mieux. Mais cela est plus de l’optimisation qu’une nécessité.

  1. Bonjour Ronan,
    Merci pour votre blog toujours plein de bon trucs et de bon sens.
    Dans la table à carte, j’ajouterais toujours le journal de bord, que ce soit en navigation côtière semi-hauturière ou hauturière et … un chronomètre ou une horloge de marine. Connaitre l’heure un coup d’œil, c’est intéressant, surtout dans les mers à marées.

    Olivier (marin d’eau douce)

    • Bonjour Ronan,
      Comme souvent je te rejoins.
      En semi-hauturier en Méditerranée (2000 nm par an), j’ai ajouté à du vieux mais éprouvé Furuno (GPS, radar, navtex) une EPIRB et une tablette à 90€ sur laquelle j’ai téléchargé les applis qui vont bien :
      – Navionics
      – Windy
      – Navily
      – Anchor (tip top en mouillage forain)
      – BMV Victron pour surveiller l’électricité.
      Bonnes navigations

  2. Bonjour, pour les côtes belges en mer du nord, existe-t-il un ouvrage type almanach du même genre ? – sinon un grand merci pour tous ces articles très intéressants.

  3. Bonjour,

    Pour moi, le baromètre enregistreur est absolument indispensable, avant le Navtex pour sûr (c’est le truc qui me fait écrire!!).
    Ensuite, un réveil + montre! Je l’utilise quasi systématiquement en solo ou si mes équipiers sont peu expérimentés (de peur d’avoir une absence de plus de 10 min en côtier / 20min au large en général).
    Et ces équipements autonomes sur pile « à l’ancienne ».

    Quitte à laisser un commentaire, … le sujet étant la table à carte, on peut mélanger entre nav, sécu, et d’autres, mais pour moi les indispensables aujourd’hui à la table à carte pour la nav’:
    – sondeur électronique de base : pour suivre une ligne de sonde, voir très rapidement quand on est fatigué si on est cohérent sur la nav’ (si la carte vous donne 40m min et que vous lisez 15m par ex, poser vous des questions genre GPS à l’ouest, mauvaise estim’, banc de sable qui s’est déplacé depuis les relevés…, également utile pour localiser exactement les tombants, confirmer la lecture du lit d’une rivière…)
    – VHF fixe 25w avec ASN et récepteur AIS et GPS interne (basique: position, cap/vitesse, heure)
    – baromètre / réveil
    – téléphone ou tablette dédié avec gps interne / appli + de quoi les charger (on sait faire sans mais en 2023 franchement!)
    – compas de relèvement, logbook, cartes papiers + guides nautiques pour les approches, documents obligatoires, compas, matos pour faire le point, jumelles, corne de brume, miroir de sécurité, sonde à main, frontale, … (les classiques en somme et j’en oubli sûrement)
    – balise EPIRB (pas pour la nav du coup mais vu le prix comment s’en passée en cas de vrai pépin! et moi c’est à la TAC qu’elle se trouve)
    – pour le large si vous avez les moyens : moyen de communication pour téléphoner en cas d’urgence médicale et récupérer fichier grib (iridium généralement).

    Tous le reste est dispensable (selon & pour moi bien-sûr) ou pas toujours réalisable (ex: le radar, il faut le payer, le trainer, savoir l’utiliser, avoir l’énergie nécessaire et qu’il soit efficace même par forte houle + gîte + tangage … pro mise à part, je prendrai d’abord l’émetteur AIS voir une caméra thermique FLIR pour le brouillard). A l’heure du GPS le loch est dispensable. Anémomètre & girouette sont également dispensable, d’ailleurs, je ne crois pas qu’un petit anémo portable soit pertinent car le vent est perturbé en bas! Je ne pense pas que l’on puisse avoir une précision supérieure à la simple observation (savoir estimer sa vitesse selon le sillage et le vent selon l’état de la mer me semble être des compétences absolument indispensable pour être chef de bord). Pour sûr, on est à des années lumières d’un aérien haut de gamme bien calibré et assisté de tous les capteurs modernes (oh maître NKE ou d’autres mais c’est mon préféré).

    Après, si on a les moyens, je vote pour l’intégral de chez NKE (je suis fan mais pas payé pour la pub!, le seul concurrent comparable est B&G à ma connaissance) + radar + émetteur AIS + internet à bord + de quoi avoir de l’énergie non stop, double VHF, double pilote, gestionnaire de batterie, pourquoi pas selon le programme et les appendices sondeurs graphique vers l’avant!, caméra thermique! … Mais il y aura toujours une limite de coût, encombrement, poids, énergie nécessaire… Et comme une caisse à outils, le mieux est de bien connaitre son matériel et d’optimiser son utilisation car la collection intégrale n’est pas toujours envisageable.

    Je suis pas un gourou mais j’insiste sur l’anémo portable. D’après mon expérience pro, pour beaucoup, les instruments sont dangereux dans le sens où il faut bien comprendre le fonctionnement pour donner une valeur à une donnée chiffrée (précision / résolution / calibration / capteur primaire ou data calculée / perturbations dues aux conditions, à la plage de mesure, aux EMC, …). Je le souviens d’un client qui m’affirmait que son lourd croiseur à dérive avec GV sur enrouleur et chute convexe fatiguée + petit foc fatigué + bimini/radar + tripale fixe et j’en passe virais de 70° lof pour lof 😉 Même remarque pour j’étais dans + de 50nds sous 1 seul ris / trinquette.
    Avant de travailler sur les bateaux pros, j’ai passé 15 ans à la plaisance comme préparateur voiliers spécialisé élec & gréement. Et j’assure ne pas exagérer…

    Bon vent !

  4. A la marge du sujet : l’éclairage; des leds rouges permettent la nuit de moins déranger les équipiers hors quart; de plus lorsque vous passez de la table à carte au cockpit ou à la barre la période d’acclimatation visuelle s’en trouve notablement diminué.

    NB: je trouve aussi que les tables à carte sont réduites à portion congrue et souvent très éloignées du barreur. Je suis très technophile mais méfiant, je reporte systématiquement la position GPS sur ma carte papier, les grands routiers sont souvent en A0 ( approx 87×120) alors sur une table de 47×80 ça devient vite énervant.

  5. Ce n’est pas à proprement parler un instrument de navigation mais il est en permanence près de ma table à carte ou à l’extérieur dans le cockpit. C’est un sifflet à roulette (sans roulette de chez Décathlon) destiné à prévenir les distraits qu’une situation de proximité est proche, nécessitant une manoeuvre de leur part. 5 coups de sifflet brefs et stridents (mieux qu’une corne de brume aphone) en ont réveillé plus d’un; ils ont notamment attiré l’attention de patrons de bateaux-bus manoeuvrant en arrière sans regarder autour d’eux et manqaunt de m’aborder durant ma propre manoeuvre de port à Toulon. A la voile, dans des rades encombrées, ce sifflet m’est un auxiliaire précieux.

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